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Fourrage ou pâturage : une décision d’affaires !

Article mis en ligne le 29 mars 2007 à 10:14
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Pâturages
Fourrage ou pâturage : une décision d’affaires !
Le consommateur est très réceptif aux produits « santé ». Un bon nombre est à la recherche de bénéfices apportés par les végétaux. Ainsi, les produits restant proches de leur état d’origine et authentiques, incorporant des ingrédients végétaux peuvent être un gage d’une promesse santé pour le consommateur : c’est en quelque sorte le pari que font les producteurs qui offrent des viandes de ruminants élevés au fourrage ou au pâturage. Voici 7 règles à considérer pour vous aider à réfléchir sur le bien-fondé de cette pratique d’élevage sous l’angle du marché.
Règle 1 : soyez motivé!

Pour réussir un projet, il faut être suffisamment motivé pour y consacrer les efforts voulus. Pour cela, il faut se convaincre que le jeu en vaut la chandelle!

Animaux nourris à l’herbe, finis au fourrage, finis au pâturage, nourris naturellement, sans hormone, sans antibiotique, biologique aux omégas-3, aux acides linoléiques conjugués (ALC)… ces termes vous inspirent-ils l’ouverture de créneaux de marché, le bien-être animal, une diminution de vos coûts, une rentabilité nouvelle ou d’autres types de motivations? Si oui, vous voilà bien parti, d’autant plus si vous êtes en mesure de chiffrer ces objectifs!

Règle 2 : définissez les besoins du marché

Nous avons vu précédemment que le consommateur tend de plus en plus à choisir ses aliments en fonction des bénéfices qu’il en retire notamment pour sa santé. Ainsi, certains consommateurs que l’on peut qualifier de puristes rechercheront des animaux nourris à 100 % au fourrage dont la finition s’est faite au pâturage. Dans le cas de la viande bovine entre autres, il est reconnu que le taux d’oméga-3 et d’ALC augmente sensiblement dans la viande d’animaux finis au pâturage. Cependant, à moins de congeler cette viande, celle-ci ne sera disponible que pendant la période où les animaux ont accès au pâturage. Une alternative est de compléter l’alimentation au fourrage avec des graines de lin le reste de l’année afin d’augmenter le taux d’oméga-3 dans la viande lorsque les animaux doivent être maintenus à l’intérieur des bâtiments. Ce produit peut alors plaire à une clientèle sensible à l’argument santé et désireuse de s’approvisionner en viandes fraîches durant toute l’année.

Enfin, il ne faut pas négliger que le consommateur va privilégier la viande qui rencontrera ses critères en matière de goût. Faut-il compléter la ration fourragère de l’animal avec un apport de grains pour satisfaire le consommateur? Certains appliqueront ce principe pour répondre aux attentes de leur clientèle en matière de persillage.

Règle 3 : pouvez-vous démarquer votre produit?

Actuellement, il n’existe pas de définition précise au Canada sur la façon d’élever un animal que l’on veut qualifier de nourri à l’herbe, fini au pâturage ou au fourrage.

En pratique, dans le secteur bovin, il arrive souvent que les animaux issus de l’élevage au fourrage ou pâturage et vendus comme tels aient été exemptés d’antibiotiques et d’hormones de croissance. La viande des animaux finis au pâturage contient aussi des taux d’oméga-3 et d’ALC plus élevés. On sait aussi que le consommateur apprécie les plats faciles et rapides à préparer. Ces caractéristiques peuvent servir à distinguer cette viande des autres types que l’on retrouve sur le marché.

Règle 4 : soyez concret et orienté marché

Il faut pouvoir signaler concrètement les avantages du produit au marché ciblé. Ainsi en est-il du fromage français « Comté le Pic » que décrit la fromagerie Hamel sur son site Internet en ces termes : « Les meilleurs sont ceux produits durant les mois d’été alors que les vaches se nourrissent d’herbe et de fleurs sauvages en montagne ». Concrètement, ces pratiques confèrent au produit des avantages qui s’énoncent ainsi : « Cela donne des Comtés à la pâte jaune tendre qui promet de riches arômes et des notes florales ». Dans cet exemple, le fait de nourrir ses animaux au pâturage se traduit par un avantage concret du produit qui est communiqué au consommateur. Dans le cas des viandes, certaines entreprises se doteront d’un site Internet pour expliquer le bénéfice des omégas-3 et des ALC et faire des liens avec leurs méthodes d’élevage.

Règle 5 : vérifiez la potentialité

Aux États-Unis, les ventes au détail de bœuf fini au fourrage ou à l’herbe s’élèvent à 50 millions de dollars par année soit environ 20 % du marché du bœuf dit « naturel », dont la valeur avoisine les 250 millions de dollars.

Dans ce pays, il a été estimé qu’il se produit 80 bœufs finis à l’herbe par million d’habitants et 200 au Manitoba. Sur cette base de calcul, peut-on avancer qu’il pourrait potentiellement se produire au Québec entre 600 à 1500 têtes de bœuf par année? Quoiqu’il en soit, ces données révèlent que le créneau des viandes d’animaux alimentés au pâturage et au fourrage est en émergence et qu’il faudra en suivre l’évolution pour en apprécier davantage le potentiel à long terme. Cependant, il semble qu’il s’agit d’un créneau significatif qui aurait tendance à progresser assez rapidement.



Règle 6 : la compétitivité par la chaîne de valeur

Les chaînes de valeur sont des alliances verticales d’entreprises collaborant ensemble pour occuper une meilleure position concurrentielle sur les marchés (selon Agriculture and Food Council, Alberta).

Dans les faits, les entreprises ont intérêt à se regrouper pour identifier et exploiter ensemble des sources de différenciation des viandes et produits laitiers et ce, de leur production jusqu’à la vente au consommateur. Par exemple, en entretenant des liens de confiance étroits entre eux, un regroupement de producteurs et de fromagers peuvent en arriver à produire des fromages au goût particulier tel que décrit précédemment. La chaîne de valeur mise sur le partage de l’information et la coordination des stratégies et des actions des différentes entreprises qui la composent.

Règle 7 : le marketing mix : essentiel!

Enfin, un agencement harmonieux et équilibré des quatre variables du marketing est essentiel pour la réussite d’un projet d’élevage et de mise en valeur des produits dérivés d’animaux élevés au pâturage ou au fourrage. Ces quatre variables sont le produit, le prix, la distribution ainsi que la communication marketing.

Il faut toujours se rappeler qu’un produit, aussi excellent soit-il, ne se vendra que si sa mise en marché est réussie!

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