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Une usine dans les montagnes de Sainte-Sophie

Multi-Délices présente dans les 17 Costco du Québec

Hélène Ruel par Hélène Ruel
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Article mis en ligne le 1 février 2007 à 10:31
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Une usine dans les montagnes de Sainte-Sophie
Sonia Létourneau et Daniel Marcoux
Une usine dans les montagnes de Sainte-Sophie
Multi-Délices présente dans les 17 Costco du Québec
Hélène Ruel

Difficile de l’imaginer, mais c’est pourtant la réalité. Érablière Multi-Délices, une petite entreprise sertie dans les rondes montagnes de Sainte-Sophie-d’Halifax, approvisionne en tire et en beurre d'érable les 17 entrepôts Costco du Québec.
Daniel Marcoux et Sonia Létourneau ont, depuis 2000, donné un tel essor à leur entreprise, qu’ils osent même envisager d'explorer les marchés extérieurs.

Pourquoi pas Vancouver? Ou même le Chili?, se demande le couple.

Sonia Letourneau l'admet. Cette idée d'exporter leur a été suggérée, à la suite de l’inauguration, en novembre dernier, de leur nouvelle usine de transformation, inauguration soulignée à grands traits par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation et la Conférence régionale des élus.

Annualiser la production... et le marché:

L’événement a eu des échos jusqu’à Vancouver, où un exportateur, en quête d'un nouveau fournisseur, veut continuer de garnir de produits d'érable les rayons des boutiques des aérogares.

Le projet est à l'étude, comme celui de tisser des liens avec le Chili.

La coordonnatrice de la mission commerciale des HEC, Claudia Michaud, une jeune femme originaire de Plessisville, s'est montrée fort intéressée par le potentiel de Multi-Délices.

Ce dont le couple rêve, c'est d’annualiser la production pour rentabiliser l'usine construite et aménagée en 2005 au coût de 300 000 $.

Les Letourneau-Marcoux veulent transformer toute l'année leur sirop et celui d'autres acériculteurs, en tire, beurre d'érable, caramel, bonbons, cornets, sucre granulé.

Mais il faudra, pour cela, secouer les habitudes des consommateurs, disent-ils.

Au Québec, par tradition, le marché des produits de l'érable n'est effervescent qu’au printemps, lors de la saison des sucres, alors que les produits pourraient être disponibles toute l'année.

Adapter la production

Là-dessus d'ailleurs, non seulement faut-il soigner la mise en marché, mais aussi adapter la production. Dans les supermarchés, on ne trouve, par exemple, le beurre d'érable que dans les frigos. Il faudrait viser la tablette et la recette pour que le beurre d'érable puisse s'y maintenir.

Actuellement, 80% de la production de Multi-Délices est acheminée aux entrepôts Costco entre janvier et avril.

L’entreprise transforme près de 50 000 livres de sirop en produits de toutes sortes, dont 30 000 proviennent de son érablière de 10 000 entailles.

L’entreprise achète aussi sa «matière première» de sept ou huit autres acériculteurs de la région environnante. Daniel Marcoux souhaiterait bien acquérir d'autres érablières, même si la sienne peut encore miser sur 3 000 nouvelles entailles, potentiel que l’acériculteur souhaiterait exploiter d'ici trois à cinq ans.

D'une cabane à une usine

L’Érablière Multi-Délices est née un peu par accident, dans le sens littéral du terme.

En 2000, Daniel Marcoux, émergeant d'une longue convalescence à la suite d'un accident à la ferme laitière familiale, a dû abandonner son travail auprès des vaches.

L’entreprise familiale des Marcoux a été scindée, le père et le frère gardant la ferme laitière, Daniel acquérant l’érablière de 325 acres avec son épouse Sonia.

Il faut dire que chez les Marcoux, on a toujours transformé le sirop et que Raymond, le père de Daniel, possédait déjà son réseau de distribution.

Jusqu’en 2006, Multi-Délices transformait le sirop dans la cabane à sucre familiales de 650 pieds carrés. La production s’accroissant, on s'est retrouvé à l'étroit.

En octobre 2005, on entreprenait la construction d'une usine de 5 000 pieds carrés, où, enfin, les Letourneau-Marcoux ont pu séparer les entrepôts des aires de transformation. Le personnel ¬ sept employés au plus fort de la saison ¬ même les quatre enfants du couple peuvent travailler plus à l'aise.

Multi-Délices a également acquis de nouveaux équipements, notamment un bain-marie, un brasseur pour le beurre d'érable.

Sonia Létourneau qualifie de «semi-industrielle» la machinerie dont l’entreprise s'est dotée. Certes, on a amélioré la productivité, parce qu'on n'a plus besoin de longues heures pour refroidir le produit et qu'on peut transformer en continu.

Mais il y aurait encore des améliorations à apporter, note-t-elle, pour faciliter le passage du brasseur à cette autre machine pour la mise en contenants.

Difficile, conclut-elle, de dénicher sur le marché des équipements adaptés.

Les lois du marché

Plusieurs des produits de l’Érablière Multi-Délices affichent déjà leur valeur nutritionnelle, une obligation à laquelle toutes les entreprises de transformation Québec devront se conformer au 31 décembre 2007.

Chacun des produits, jusqu’aux cornets et bonbons, devra fournir aux clients des marchés d’alimentation ces informations sur leur teneur en calories, lipides, glucides, etc.

«On s'y est pris à l'avance pour se conformer à la nouvelle réglementation, parce qu’on avait des contenants à changer», précise Mme Létourneau.

M. Marcoux ajoute que tous les produits afficheront leur étiquette nutritionnelle pour la nouvelle saison. Reste toutefois à mener les analyses pour les bonbons, les cornets et le caramel.

L’Érablière Multi-Délices a pris les moyens d’accroître ses marchés. Parce que le couple ne mise pas que sur l’exportation pour annualiser la production.

À la conquête des marchés

Pour l'instant, on ne trouve les produits Multi-Délices qu’à la Coop IGA de Plessisville. Les grandes chaînes d’alimentation et les circuits agrotouristiques sont aussi dans la mire de l’entreprise de Sainte-Sophie.

Un jour, pas si lointain, des touristes pourront débarquer à peu près n'importe quand dans l'année chez Multi-Délices pour visiter l'usine odoriférante.

«Qu'on soit ici dans un rang ou sur le bord de la route, pour nous, le résultat est le même», répond Sonia Letourneau, quand on lui demande si une entreprise peut se développer en milieu rural.

Le couple n'y voit d'ailleurs que des avantages. Tout est proche :

l'érablière où travaille surtout Daniel, l'usine que gère Sonia et la maison familiale. «Et puis, on possédait le terrain», remarquent-ils.

La «vitrine» de l’Érablière Multi-Délices sera faite de cette multitude de fenêtres que l’entreprise travaille à s'ouvrir au Québec, au Canada et à l’étranger. «C'est nous qui devons créer les contacts et aller à leur rencontre.» De l'ardeur, de l’imagination, de la productivité, il en faut pour sortir le sirop de sa cabane.

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