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Ça brasse dans le bois

Article mis en ligne le 1 novembre 2006 à 17:01
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Ça brasse dans le bois
Ghislain LeBlond, ing.f.

Directeur du Syndicat des producteurs de bois du Centre-du-Québec

Depuis plusieurs mois, ça brasse dans le bois…..et ce n’est pas le vent qui en est le principal responsable! Le milieu forestier et tout particulièrement l’industrie forestière, vivent présentement de grands changements. Certains diront que c’est plutôt positif et d’autres, beaucoup plus nombreux, voient la situation d’une façon plutôt négative. Mais qu’en est-il vraiment au niveau des impacts pour les producteurs forestiers du Centre-du-Québec!
La situation est assez complexe. Tout a commencé au début des années 2000 par le conflit du bois d’œuvre avec nos voisins états-uniens. Son règlement, le 12 octobre dernier, ne fut pas totalement à l’avantage de l’industrie Québécoise. Par la suite, nous avons eu le Rapport Coulombe qui a fait parler de lui en émettant diverses recommandations qui touchaient principalement la gestion des terres du domaine public. Il a entraîné un grand questionnement sur la possibilité forestière en l’affectant d’une baisse de 20 %. Cette baisse, de par son application, pouvait être appliquée sur trois ans, ce qui n’a pas affecté l’industrie immédiatement.

Pour en ajouter encore un peu plus, la valeur du dollar canadien par rapport au dollar américain, est en augmentation depuis plusieurs mois ce qui affecte grandement nos échanges commerciaux avec les États-Unis. Il est le principal acquéreur de nos produits forestiers. Les hausses des coûts de l’énergie subies par les producteurs depuis les dernières années ont également entraîné une augmentation des coûts de production pour l’industrie. D’autres facteurs nous affectent aussi tels que le développement de l’industrie forestière et ce principalement dans les pays asiatiques et en ex-URSS ce qui a entraîné une augmentation de la production mondiale et la baisse des prix des produits ayant subit au moins une première transformation.

C’est l’ensemble de tous ces principaux facteurs qui a installé l’industrie forestière dans une aire de morosité telle qu’on la connaît aujourd’hui. Par exemple, le prix composé Pribec (indice des prix du bois scié au Québec) se situait à 324 $ canadien vers la fin du mois de septembre 2006 en comparaison à 442 $ canadien à pareille date en 2005.

Au Centre-du-Québec

Mais pour les producteurs, l’effet est-il aussi important? Dans la réalité de tous les jours, les producteurs du Centre-du-Québec ont pu écouler leur bois assez facilement au cours des dernières années avec des prix relativement bons selon la période et les marchés. Toutefois, depuis quelques mois, la situation s’est modifiée par un resserrement des marchés. Plusieurs usines sont fermées définitivement ou temporairement créant ainsi un transfert du bois vers d’autres usines qui ont été inondées de livraison. Certains produits ont alors connu des baisses de prix plus importantes.

Il est donc très important, pour le producteur forestier, et ce avant de couper son bois, de faire une analyse des différents marchés qui s’offrent à lui afin de déterminer celui ou ceux qui sont favorables à sa situation. Plusieurs facteurs sont à prendre en considération comme par exemple l’essence du bois à couper, son volume, la grosseur et la longueur du bois, le défilement des arbres, les équipements utilisés pour le couper et le débarder et bien sûr, le prix du bois, les coûts de transport pour le livrer et les spécifications générales de l’usine.

Le tableau ci-dessous fait le comparatif des prix du sapin et de l’épinette pour les marchés des pâtes et papiers ainsi que du sciage par rapport à une même unité de mesure. Les conversions de prix ont été faites à partir de facteurs moyens qui varient selon la grosseur, l’essence et le défilement du bois.

N.B. :Le prix au producteur représente le prix réel de revient pour le producteur une fois les frais de transport et de prélevés soustraient.

Le prix usine représente le prix total payé par l’usine, au producteur, pour le bois incluant les frais de transport et de prélevés.

Les prix inclus dans le tableau ci haut proviennent des meilleurs prix offerts pour le territoire du Syndicat.

L’on peut donc constater, avec une analyse simple des marchés, que le produit le plus rentable, pour des coûts d’exploitation semblables, est le 12 pieds. Le producteur peut alors maximiser la production de 12 pieds et faire le reste de son bois en longueur de 4 pieds pour le marché des pâtes et papiers. Le marché de 8 pieds est présentement à éviter car c’est le moins rentable pour les producteurs.

Il est donc fort important, pour chaque producteur, de faire une bonne analyse avant de couper du bois. Une différence d’un simple 10 $ par corde pour un marché versus un autre représente un bénéfice net pour votre exploitation. Si vous avez besoin d’aide pour prendre votre décision, vous pouvez communiquer avec le Syndicat des producteurs de bois du Centre-du-Québec au 819-293-5838. C’est à vous d’y voir!

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