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Productions animales: perspectives et défis

Article mis en ligne le 1 novembre 2006 à 16:47
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 Productions animales: perspectives et défis
Productions animales: perspectives et défis
Michel Lemelin, agronome, M.G.P.

Conseiller en productions animales

MAPAQ – Direction régionale du Centre-du-Québec

Michel.Lemelin@mapaq.gouv.qc.ca

Les producteurs et intervenants se posent plusieurs questions sur les perspectives d’avenir et les défis des productions animales. Leurs interrogations sont très fondées puisque 76,5 % des entreprises agricoles du Centre-du-Québec ont comme source principale de revenus, le lait, la viande ou les œufs. Pour répondre aux besoins du marché, les entreprises agricoles doivent constamment s’adapter aux changements. Leur véritable défi n’est pas de s’ajuster uniquement à l’offre et la demande, ainsi qu’aux coûts de production et de transport. Elles doivent considérer les autres facteurs qui influencent l’ensemble des productions animales.
Selon l’étude « L’avenir de la production animale en Amérique du Nord », publiée en avril dernier par la Farm Foundation, l’industrie nord-américaine des productions animales est confrontée à des défis et débouchés qui se regroupent dans les sept axes suivants :

1. Aspects économiques de la production, de la transformation et de la commercialisation

2. Demande des consommateurs

3. Commerce international et la compétitivité sur les marchés mondiaux

4. Salubrité des aliments et santé des animaux

5. Environnement

6. Collectivités et main-d’œuvre

7. Bien-être des animaux.
Aspects économiques de la production, de la transformation et de la commercialisation

D’après cette étude, les entreprises de productions animales devraient continuer à grossir et deviendraient de moins en moins nombreuses afin de réaliser des économies d’échelle.

Dans ce contexte, elles doivent contrôler leurs coûts, augmenter leur efficience et accroître la qualité et la salubrité de leurs produits. La survie des petites et moyennes entreprises dépend de leur capacité à bien s’intégrer à la structure de la chaîne d’approvisionnement. Il leur est peut-être possible d’augmenter leurs revenus dans les marchés de créneaux à valeur ajoutée. Elles pourront également, avec une bonne collaboration, créer des réseaux de commercialisation qui leur permettront de réduire leurs coûts de production et de commercialisation.

Demande des consommateurs

Les changements démographiques ont contribué à l’augmentation de la consommation de produits d’origine animale et d’aliments préparés. Ils ont également provoqué la multiplication des repas pris à l’extérieur du foyer. De plus, les problèmes reliés à l’obésité et la façon d’intégrer les recommandations nutritionnelles et les récents résultats de recherche dans l’alimentation humaine deviennent des préoccupations croissantes qui ont un impact direct sur la demande des consommateurs.

Les caractéristiques des produits animaux et des techniques de production revêtent une importance particulière aux yeux des consommateurs. Ils connaissent peut-être mal les techniques de production utilisées. Cependant, certains consommateurs veulent choisir des produits répondant à des caractéristiques liées à leur méthode de production, par exemple les produits naturels ou biologiques, les produits élevés sur des fermes familiales et en respect du bien-être des animaux, associant ainsi la qualité des produits à leur méthode de production.

Un défi qui interpelle les intervenants

Le défi du milieu est donc de s’ajuster à ces nouveaux besoins des consommateurs. Le rôle des intervenants est de stimuler les producteurs dans cette direction. C’est ce à quoi tend l’équipe de productions animales de la direction du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation. Restructurée tout récemment, cette équipe de conseillers fournit des informations sur les techniques de pointe permettant d’améliorer la productivité des élevages, notamment par l’entremise de conférences, d’études, de journées d’information et de réseaux d’essai. Elle vise également à implanter des techniques permettant aux producteurs ou aux regroupements de producteurs de satisfaire les exigences des créneaux à valeur ajoutée. Afin d’améliorer la productivité des élevages, l’équipe initie et participe à des projets d’innovation et de transfert technologique tel que le projet de sélénium chez les bovins de boucherie. De plus, elle travaille à maximiser les chances de démarrage ou de diversification des entreprises de productions animales

Des producteurs saisissent les opportunités

Déjà, des projets forts intéressants sont en branle. Quinze entreprises vache-veau participent à un projet permettant d’améliorer la qualité de la viande selon les besoins des consommateurs. Le projet vise entre autres à augmenter naturellement dans la viande la teneur en acides linoléiques conjugués (ALC), lesquels ont la propriété de diminuer les risques de cancer. Des producteurs laitiers s’impliquent également dans différents projets d’innovation visant à accroître les propriétés nutritionnelles du lait de vache et de chèvre en ALC et en oméga-3. Des essais sont aussi effectués pour vérifier les propriétés nutritionnelles du lait biologique.

En abordant seulement les aspects économiques de la production, de la transformation et de la consommation, ainsi que la demande des consommateurs, on s’aperçoit que les productions animales ont le défi de s’ajuster à différentes tendances. Qu’en est-il de l’impact du commerce international et la compétitivité sur les marchés mondiaux, de la salubrité des aliments et santé des animaux, de l’environnement, des collectivités, de la main-d’œuvre et du bien-être des animaux? Ces éléments viennent certainement influencer le développement des productions animales en Amérique du Nord. C’est ce dont il sera question dans un prochain article.

D’ici là, bonne réflexion!

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