Développement régional
Le plan quinquennal de l’agroalimentaire :un outil, une vision
Luc Couture, directeur régional
MAPAQ, Direction régionale du Centre-du-Québec
Quelles productions présentent les meilleurs opportunités de développement dans une perspective de valeur ajoutée, en tenant compte des productions actuelles, des sols de la région, des principes de développement durable et des besoins émergeant des consommateurs d’ici et d’ailleurs? Voilà ce que tenteront d’identifier les acteurs réunis autour de la Corporation de développement agroalimentaire du Centre-du-Québec, en appui avec la Conférence des élus et le MAPAQ, dans l’élaboration du plan quinquennal dont la démarche s’amorce cet automne.
Un plan quinquennal?
Le Centre-du-Québec n’en est pas à sa première expérience en matière de plan stratégique. En 2001, un premier exercice a amené les partenaires du milieu agroalimentaire à identifier six priorités qui, dans une perspective de valeur ajoutée, présentaient les meilleures opportunités de développement, soit :
- les petits fruits
- la canneberge
- la production ovine
- la production caprine
- le secteur des fromages et lait de spécialités
- l’agriculture biologique.
Une démarche qui porte fruits
Nous sommes à l’heure des bilans et il appert que l’exercice de priorisation de 2001 fut porteur. Chacun des cinq secteurs ciblés a enregistré des résultats forts intéressants.
Le secteur de la canneberge, véritable dynamo, a amené la création de près de 500 emplois en production et transformation dans les dix dernières années et des investissements annuels dépassant les 10 millions. Les produits transformés accèdent au marché local et sont exportés partout dans le monde. Bravo aux acteurs du secteur!
La production caprine continue sa croissance au rythme annuel de 20 %. L’année 2005-2006 a été l’une des plus excitantes, avec l’arrivée de deux nouveaux transformateurs, l’un industriel et l’autre fermier, et l’arrivée d’une belle relève avec le démarrage de près de 15 nouvelles entreprises agricoles.
La production ovine, avec une croissance annuelle qui dépasse les 5 %, a connu de bons moments grâce à des démarrages d’entreprises réussis et un projet d’abattoir « Viande les 2 rives » qui s’avère porteur pour l’avenir des productions animales spécialisées et différenciées.
Le secteur des fromages et lait de spécialités n’est pas en reste. Le premier lait enrichi naturellement en ALC et oméga-3 origine d’un beau partenariat du MAPAQ, de l’Université Laval, de la Laiterie Lamothe et d’un groupe de producteurs innovateurs. L’Ancêtre, spécialisée en fromages biologiques, poursuit sa lancée. Un fromage au lait de pâturage voit le jour. De nouvelles fromageries de lait de vache, de chèvre et de brebis ont aussi émergé ici et là. À travers cet essor de nos fromages centricois, Warwick se confirme de plus en plus comme La Mecque des fromages fins Québécois.
Le dynamisme se remarque aussi dans le bio où plusieurs fermes entreprennent une transition. Le secteur laitier continue sur sa lancée et le marché des produits transformés présente de belles opportunités.
D’autres productions présentent sûrement des avenues intéressantes permettant l’essor de l’agroalimentaire centricois. C’est ce que la région va tenter de préciser cet automne. Par la même occasion, la démarche du milieu agroalimentaire aura à s’arrimer avec celle de la Conférence régionale des élus. Le défi : positionner l’agroalimentaire parmi tous les autres secteurs d’activité de la région comme un moteur économique de première importance et faire en sorte que le Centre-du-Québec se dote de tous les outils nécessaires pour stimuler les entreprises.