Dans plusieurs troupeaux, la composition génétique des brebis doit être révisée.
La brebis hybride prolifique (F1), d'actualités que jamais!
Michel Lemelin,
agronome, conseiller en productions ovine et caprine
MAPAQ
Collaboration : Table sectorielle ovine
Les ajustements récents au Programme d'assurance stabilisation des revenus agricoles de La Financière agricole du Québec amènent les producteurs ovins vers une amélioration de la productivité de leur élevage.
En effet, le passage graduel de la compensation financière basée sur le comptage des brebis vers un régime où seuls les kilogrammes d'agneaux vendus seront considérés exige que plusieurs entreprises revoient leur système de production, et ce, dès maintenant.
À court terme, on doit rechercher à la fois plus d'agnelage par brebis par année et un nombre plus élevé d'agneaux nés et réchappés par agnelage. C’est pourquoi, dans plusieurs troupeaux, la composition génétique des brebis doit être révisée.
Pourquoi opter pour la brebis hybride prolifique et le croisement triple terminal?
La brebis issue du croisement entre un sujet de race prolifique et un de race maternelle est ce qu'on appelle une brebis hybride prolifique (F1). Pour produire des agneaux de bonne qualité, elle sera accouplée à un bélier de race à croissance rapide telle que le Suffolk, l’Hampshire ou l’Arcott-Canadien. L’ensemble des agneaux produits sera destiné exclusivement vers le marché de la consommation. Il s'agit de l'application du croisement triple, largement utilisé en production porcine ou bovine.
Pour obtenir de bons résultats, il est recommandé de croiser une race maternelle (ex. : Dorset) et une race prolifique (ex. : Romanov). Ce premier croisement introduit une valeur ajoutée qu’on appelle la vigueur hybride. Il améliore plusieurs caractères. Chez l’agneau, on observe une augmentation de 6 % des performances de croissance et une diminution de 10 % du taux de mortalité. Chez la brebis, on estime une amélioration de la fertilité de 9 %, une hausse de la prolificité de 3 % et une augmentation de la capacité de la brebis à élever ses agneaux de 6 %.
La rentabilité en production ovine
Publiée en janvier 2009 par le Centre d'études sur les coûts de production en agriculture, l’analyse des coûts de production de 32 entreprises ovines 2006 est fort éloquente. Elle démontre hors de tout doute que le taux d'agnelage, la vente d'agneaux (quantité et prix) ainsi que le nombre d'agneaux réchappés par brebis et agnelles en inventaire par année expliquent la marge par brebis avant la rémunération du travail et du capital.
Les résultats tendent à démontrer un impact positif sur la marge lorsque la femelle hybride prolifique est intégrée au sein de l’élevage.
Tant qu'à élever des agnelles, pourquoi ne pas produire ou utiliser les plus productives?
La brebis hybride prolifique fait partie des choix d'affaires intéressants pour répondre aux besoins de régularité et d'homogénéité du marché de l'agneau québécois. Ce choix peut mener une entreprise ovine à améliorer sa rentabilité et répondre aux attentes de ses propriétaires. Récemment, un enregistrement vidéo présentant les commentaires d’intervenants et de producteurs d’expérience sur la production et l’utilisation de la brebis hybride prolifique a été réalisé par le MAPAQ. Il est maintenant disponible gratuitement dans les centres de services du MAPAQ. Il peut également être visionné en ligne sur le site Industrie Ovine d’Agri-Réseau à l’adresse suivante :
www.agrireseau.qc.ca