Gérer l’intrépide processus de recyclage de la nature
Des légions d’organismes minuscules s’attaquent aux restes de table. Ils s’activent en tous sens, festoyant à même la matière organique, la réduisant en bioxyde de carbone, en eau et en biomasse.
Remuez le tas de compost et l’apport d’oxygène frais sèmera la frénésie chez les zélés organismes. L’activité intense et viscérale élève la température à un degré suffisant pour détruire les agents pathogènes.
Pendant ce temps, les odeurs des déchets sont éliminées et il ne reste plus qu’un tas de conditionneur de sol, parfait pour amender la pelouse ou le jardin.
Les minuscules organismes qui circulent dans un compost sain sont parmi les agents les plus utiles de la Terre. Ils travaillent gratuitement, prospèrent dans les déchets et, s’ils sont gérés adéquatement, peuvent recycler les déchets organiques en un engrais riche en éléments nutritifs appelé terreau ou humus.
Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) explore de nouvelles frontières en matière de compostage, dans le cadre d’initiatives qui vont bien au-delà des méthodes de base appliquées dans votre cour arrière. Les chercheurs mènent des recherches sur le compostage afin de développer ce qu’on appelle des «amendements organiques des sols» permettant d’améliorer la production agricole.
Sur la côte Est, par exemple, des milliers de tonnes de résidus de pâte sont produites chaque année par une grande usine de papier. Le chercheur Sherif Fahmy, du Centre de recherche sur la pomme de terre d’AAC à Fredericton, travaille à convertir ces résidus en matériau d’amendement fertile des sols afin d’aider à produire des rotations de cultures qui incluent la pomme de terre, le maïs et les légumes.
Un peu plus à l’ouest, au Québec, Noura Ziadi, Ph. D., a entrepris un projet à long terme qui utilise les biosolides (boues de papeterie et autres sous-produits industriels organiques) pour amender et fertiliser les sols.
Les sols épuisés du sud de l’Ontario bénéficient d’une deuxième vie grâce aux déchets de table. Dan Reynolds, Ph. D., et son équipe de Harrow incorporent jusqu’à 300 tonnes de déchets de table par hectare de terres agricoles – et obtiennent des résultats positifs.
Selon Statistique Canada, le Canadien moyen a envoyé 51 kg de déchets organiques pour le compostage en 2004.
Au Manitoba, Katherine Buckley, Ph. D., et son équipe effectuent des essais de compostage de fumier provenant de parcs d’engraissement du bétail et de porcs élevés sur la paille. Son bureau du Centre de recherches de Brandon effectue un travail de sensibilisation sur le potentiel de réduction de l’utilisation des engrais synthétiques et des pesticides dans les collectivités rurales et urbaines.
Dans la principale région productrice de bœuf au pays, Frank Larney, Ph. D., examine différentes façons de traiter le fumier produit en abondance par les parcs d’engraissement environnants. Du compost est produit toute l’année dans une installation spécialisée de Lethbridge, en Alberta, où les chercheurs contrôlent les émissions de gaz à effet de serre du compost. Ils examinent également de quelle façon les agents pathogènes comme le E. coli peuvent être détruits par l’application de bonnes pratiques de compostage.
En Colombie-Britannique, Tom Forge et Gerry Neilsen, des Centres de recherches d’Agassiz et de Summerland se penchent sur l’utilisation efficace du compost dans les productions horticoles de grande valeur comme le raisin cultivé pour la production de vin et le bleuet. Les principales régions de culture fruitière de la C.-B. sont situées près de grandes zones urbaines et de plusieurs installations de production intensive de volaille. Les travaux de messieurs Forge et Neilsen portent sur les composts municipaux et le compostage des fumiers animaux.
En quoi le compost est-il avantageux pour vous?
La production de compost est peu coûteuse et permet de réduire les achats d’engrais synthétiques.
L’incorporation de compost de bonne qualité dons votre jardin améliore le sol. La présence de compost aide les plantes à développer un système radiculaire plus fort, ce qui leur permet de capter davantage d’éléments nutritifs et d’être plus productives. Un sol de qualité résiste aussi mieux à l’érosion.
Le compost améliore la capacité de rétention d’eau du sol et réduit son besoin en engrais, ce qui se traduit par un potager plus productif.
S’il est fait de façon adéquate, le compostage tue les germes tout en éliminant les odeurs et les mouches.
Le compostage aide à retourner à la terre une bonne partie de ce que nous consommons tout en empêchant que des matières organiques se retrouvent sans nécessité dans les sites d’enfouissement.