Au Québec, les milieux humides représentent 9 % de sa superficie. Le territoire centricois renferme 7,3 % de sa superficie en milieux humides.
Les milieux humides, une ressource essentielle
Andréanne Blais,
Biologiste
Conseil régional de l’environnement du Centre-du-Québec
Plus de 70% des milieux humides du Canada ont été perdus ou détruits, et ce, bien malgré le fait qu’ils représentent l’un des écosystèmes les plus productifs du monde. Au Québec, les milieux humides représentent 9 % de sa superficie. Le territoire centricois renferme 7,3 % de sa superficie en milieux humides. Il s’agit essentiellement de tourbières (75%) et de marécages (47%) en terres privées. Cette combinaison de milieux humides que l’on retrouve en région ainsi que leurs caractéristiques propres procurent des avantages considérables pour tous.
Ces écosystèmes sont des habitats privilégiés pour la faune et la flore, car ils répondent aux besoins vitaux de plusieurs espèces en possédant une grande diversité de niches écologiques. Ces écosystèmes peuvent aussi abriter plusieurs espèces insectivores pouvant s’alimenter d’insectes nuisibles présents dans les champs. Ce n’est donc pas étonnant d’y retrouver une grande variété d’espèces. Ils abritent d’ailleurs 50 % des espèces menacées et vulnérables du Québec.
Bien que ces milieux soient essentiels pour le maintien de la biodiversité, ils le sont tout autant pour les humains. Les milieux humides agissent comme les reins de la terre. Ils permettent de filtrer l’eau en éliminant la pollution diffuse. Ils ont aussi un rôle important dans le maintien de l’équilibre du cycle de carbone contribuant ainsi à réduire les gaz à effets de serre produits par les humains. De plus, un peu comme une éponge, ils ont cette capacité de retenir et d’emmagasiner de grandes quantités d’eau et de la libérer lentement pendant des périodes plus sèches. Cette régularisation des débits prévient les inondations, la sécheresse et l’érosion des rives des cours d’eau. Ces milieux sont donc très dynamiques. Les bassins hydrologiques contenant de 5 à 10% de milieux humides peuvent assurer une réduction de 50% de l’intensité des crues.
Malgré les rôles importants que peuvent remplir les milieux humides, leur valeur environnementale et économique n’est que rarement évaluée et plus souvent qu’autrement ignorée. On estimerait la valeur d’un hectare de milieu humide à une somme pouvant varier de 5 792$ et 24 330$ par année calculée en fonction des biens et services perdus lors de destruction d’un milieu humide (Olewiler, 2004). Effectivement, la perte d’un milieu humide entraîne des pertes économiques faramineuses à la société qui se traduisent par des coûts accrus du traitement des eaux, des soins de santé, des assurances, du contrôle des inondations et une baisse du tourisme. En détruisant un milieu humide, c’est donc une dette à la société que nous créons.
De plus en plus de gens de tous les milieux s’éveillent à l’importance de préserver les milieux humides pour une meilleure qualité de vie. Les municipalités s’investissent davantage dans une planification attentive du territoire afin de prévenir ou d’atténuer le stress sur les milieux humides. Plusieurs organismes mettent sur pied des projets de sensibilisation et d’intendance privée auprès des propriétaires. L’intérêt envers ces milieux humides augmente le niveau d’implication des citoyens afin de concilier les usages et la protection des milieux naturels.
Références
Canard illimitée, 2006. Portrait des milieux humides, Région administrative du Centre-du-Québec.
Atlas des terres humides d’Environnement Canada :
www.ec.qc.caSite internet de Canard Illimitée :
www.ducks.caOlewiler, N. 2004. La valeur du capital naturel dans les régions peuplées du Canada. Publié par Canards Illimités Canada et Conservation de la nature Canada, 36 p.