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Des vignobles au Centre-du-Québec

Article mis en ligne le 8 avril 2009 à 14:23
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Des vignobles au Centre-du-Québec
Le Centre-du-Québec compte 13 vignobles qui occupent une superficie de 12,7 hectares au total.
Des vignobles au Centre-du-Québec
Louis Bergeron, agronome

MAPAQ, Centre de services agricoles de Victoriaville

louis.bergeron@mapaq.gouv.qc.ca
La viticulture, soit la culture du raisin, est en développement au Centre-du-Québec comme presque partout au Québec. Le climat québécois caractérisé par un hiver très froid et une saison courte constitue un défi en regard de la survie des plants de vigne et de l’atteinte de la maturité des fruits. La viniculture, quant à elle, qui est la transformation du raisin en vin, est une science ou un art qu’il faut aussi apprendre à maîtriser. L’engouement actuel pour les produits du terroir offre une opportunité intéressante pour la production de vin artisanal.
13 vignobles au Centre-du-Québec
On compte au Québec 239 vignobles pour un total de 628 hectares de vigne. Le Centre-du-Québec, quant à lui, en compte 13 qui occupent une superficie de 12,7 hectares au total. Ce sont pour l’instant des vignobles de petite dimension soit de 3 hectares et moins. Quatre d’entre eux seulement dépassent 1 hectare. De ces 13 vignobles, 5 détiennent un permis de production artisanale de vin émis par la Régie des alcools, des courses et des jeux. Ils peuvent, par conséquent, mettre leur vin en marché. Les autres exploitants ne souhaitent pas vinifier leur récolte ou encore n’ont pas le nombre minimal de 2 500 plants (environ 0,7 hectare), requis pour le permis. Ils vendent leur raisin à des vignobles qui le transforment ou le vinifient en attendant l’obtention du permis, ou encore en écoulent en raisin de table.
Des cépages adaptés au Québec
La production viticole moderne a été initiée dans le sud du Québec il y a plus de vingt ans à partir de cépages européens peu rustiques. Pour permettre la survie hivernale de ces vignes, on doit les conduire très près du sol et les butter, c’est-à-dire les enterrer complètement avec de la terre avant l’hiver. Cette pratique existe toujours et a l’avantage d’avoir accès à une infinité de cépages.
Depuis une dizaine d’années cependant, la très grande majorité des vignobles sont plantés à partir de nouveaux cépages rustiques qui n’ont pas besoin de buttage puisque les ceps, ou plants de vigne, survivent à des températures de 33 à -38 degrés Celsius. Ils sont habituellement issus de croisements entre des cépages européens (Vitis vinifera) et des vignes indigènes très rustiques présentes en territoire nordique (Vitis riparia). Un de ces cépages présents sur plusieurs de nos vignobles, le Vandal-Cliche, a été développé par deux chercheurs de l’Université Laval. Cependant, la très grande majorité des autres cépages que l’on cultive provient de sélections faites à l’Université du Minnesota. Pour pouvoir mieux connaître et comparer ces cépages, un réseau d’essais vient de démarrer avec la mise en place d’un site à l’Abbaye d’Oka où une trentaine de cépages rustiques ont été plantés en 2008. Le réseau nous permettra d’évaluer les caractéristiques agronomiques et vinicoles de ces cépages.
La conduite de la vigne
Le développement de bons cépages n’est pas le seul élément qui contribue à obtenir des fruits de qualité, de même que de bons vins. Le terroir, qui est la combinaison du sol et du climat, constitue également un autre facteur important. Par ailleurs, la conduite de la vigne ou sa culture proprement dite demeure l’élément sur lequel le producteur détient le plus de contrôle. Les méthodes de conduite et de taille ont comme principal objectif d’obtenir des fruits matures, riches en sucre, en tannins dans le cas des rouges, d’acidité modérée, et par-dessus tout, riches en arômes. Pour y arriver, le vigneron doit intervenir à différents niveaux. Il tentera de contrôler la vigueur végétative excessive des plants pour favoriser les fruits. Il limitera dans plusieurs situations le rendement en faveur de la qualité. Il éliminera en cours de saison les grappes ou grains qui ne mûriront pas et mettra en place des pratiques qui favorisent l’accumulation maximale de chaleur au niveau des grappes restantes.
Quel avenir ?
La culture moderne de la vigne est très jeune au Québec comparée à d’autres régions parfois multi-centenaires sur la planète. Mais avec le développement des nouveaux cépages, un peu de « réchauffement de la planète » et beaucoup de savoir-faire, il est possible de fabriquer de bons vins au Québec avec un goût « bien de chez-nous ! ».

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