Important ralentissement chez Canneberges Atoka
La crise économique mondiale, l’abondance des récoltes et la baisse du prix de la canneberge frappent de plein fouet Canneberges Atoka, à Manseau. Il y a plusieurs semaines déjà, l’entreprise a dû fermer une de ses deux lignes de production, ce qui a entraîné des mises à pied temporaires.
Refusant de préciser combien d’employés sont touchés par cette mesure, Jean-François Bieler, directeur général, souligne toutefois qu’ils seront rappelés dès que la situation se redressera. Il explique que les prix de la canneberge ont chuté de façon drastique depuis décembre, entraînant de lourdes conséquences.
«En fait, je n’ai jamais vu les prix descendre aussi rapidement», dit-il, ajoutant que cette chute a incité les acheteurs et transformateurs de canneberges à réduire leur stock en attendant que les prix atteignent un plancher. À ce moment, ils recommenceront à se réapprovisionner.
«Avec la crise économique qui sévit, ils veulent garder un minimum de stock en attendant le meilleur prix possible. On n’a donc pas le choix de ralentir notre cadence puisqu’au cours des trois premiers mois de l’année, les demandes ont fortement baissé», poursuit M. Bieler.
Selon lui, la récolte exceptionnelle de 2008, de 15% à 20% plus abondante qu’à la normale, joue contre les producteurs maintenant. Il faut rappeler, en effet, qu’une offre abondante entraîne presque toujours une baisse des prix…
Un cycle habituel
Évidemment, la question qui se pose, c’est pourquoi les transformateurs attendent-ils un prix encore plus bas? Selon Jean-François Bieler, cela leur permettra, éventuellement, de «reformuler et améliorer» leurs produits.
«Quand les prix sont trop élevés, les embouteilleurs utilisent moins de jus de canneberge dans leurs recettes de cocktails, qu’ils doivent alors reformuler, explique-t-il. Quand les prix redescendent, ils les réajustent de nouveau et rajoutent du jus de canneberge. Les premiers transformateurs à effectuer cette démarche peuvent alors lancer une campagne de marketing afin de se distinguer de leurs concurrents…»
Dès lors, les autres transformateurs emboîtent rapidement le pas, et la demande pour la canneberge recommence à croître. «Habituellement, c’est un cycle qui se répète aux dix ans, environ.»
Rappelons en terminant que Canneberges Atoka transforme plus de 40 millions de livres par année de fruits. Elle réalise la majeure partie de ses ventes aux États-Unis.
Marie-Ève Veillette
marie-eve.veillette@transcontinental.ca