Des solutions à la crise énergétique
Alexandre Abella, agr.
Traitement fumier et lisier
COGENOR
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Le développement des bioénergies est-il réellement bon pour la société? Quels sont leurs coûts et leurs impacts sur la société et l’environnement? Peuvent-elles devenir une source de revenus pour les producteurs agricoles? Est-ce que cela va ajouter de la vitalité aux régions du Québec? Y a-t-il un intérêt réel à produire des biocarburants et quels sont les biocarburants à privilégier?
Le colloque Biocarburants ou Bioénergie? De l’énergie par et pour notre monde!, tenu à la fin novembre 2008 et organisé par la COOP fédérée et l’organisme Nature Québec, avait pour but de démystifier les bioénergies et les biocarburants et répondre à toutes ces questions. Les deux jours de conférence devaient aboutir au développement d’outils décisionnels en matière de bioénergie.
Lors de ce colloque, la COOP fédérée a fait valoir son intérêt face aux bioénergies. Elle désire d’ailleurs développer ce secteur et permettre à ses membres ainsi qu’aux communautés locales d’en tirer profit. La coopérative possède une des positions les plus enviables au Québec (réseau régional de distribution, nombreux points de vente, besoin propre en énergie important) pour développer et rentabiliser le secteur des bioénergies. On doit donc s’attendre à ce que la COOP fédérée emboîte le pas et serve de catalyseur pour ce secteur.
Qu’est-ce que les bioénergies?
Les bioénergies proviennent de la transformation de la biomasse, par des technologies, en différents produits énergétiques. La biomasse provient des milieux agricoles, forestiers et marins ainsi que de certains secteurs d’activités (résidus domestiques, municipaux et industriels).
Les formes de bioénergie
A- Les cultures énergétiques (panic, sorgho, triticale, miscanthus) sont granulées ou pressées en bûches pour être brûlées.
B- L’éthanol-maïs produit par fermentation ou par procédé enzymatique ainsi que le biodiesel produit à partir d’huile végétale peuvent être utilisés comme additif ou déplacer complètement les produits pétroliers (essence, mazout, diesel) dans l’alimentation du moteur.
C- Le méthane et le syngaz produit à partir de fumiers et de lisiers, de boues municipales et de certains résidus organiques (ex : déchets agroalimentaires, déchets de tables et de restaurants), par la digestion anaérobie et par combustion contrôlée, peuvent être utilisés pour alimenter des chaudières, des flottes de transports captives et des systèmes de production d’électricité (turbine, unité de cogénération).
BIOMASSE TECHNOLOGIES BIOÉNERGIE
Les deux côtés de la médaille
La production de biocarburant est loin de faire l’unanimité. Certains y voient la relance et la consolidation des économies et l’optimisation des ressources. D’autres considèrent que les biocarburants ouvrent la voie à l’appauvrissement des terres agricoles et à l’augmentation de l’utilisation des pesticides et au déplacement des cultures alimentaires vers des cultures énergétiques.
Facteurs de réussite
Les projets intégrés régionaux ont la plus grande chance de succès. Ces projets doivent transformer localement la biomasse et combler des besoins énergétiques locaux afin d’en maximiser les gains économique et social et d’en minimiser les impacts environnementaux. Il va sans dire que tout cela ne peut être fait adéquatement sans un bon partenariat entre producteurs-transformateurs-utilisateurs d’énergie, le législateur et les gestionnaires de programmes gouvernementaux.
L’importance des agriculteurs
Les agriculteurs sont au premier plan dans le développement des bioénergies. La plupart sont déjà des producteurs importants de biomasse donc de bioénergie. Cette biomasse peut être dédiée ou résiduelle. Dans le cas de la biomasse dédiée, on retrouve la production de plantes énergétiques pour produire du biodiesel ou de l’éthanol. En ce qui concerne la biomasse résiduelle (les fumiers et les lisiers, les résidus de cultures), elle peut servir à produire du méthane.
L’avenir des bioénergies au Québec
Le Québec regorge de biomasse pouvant servir à la production de bioénergies. Nous utilisons tout de même encore beaucoup de pétrole, une ressource non renouvelable importée, pour nous transporter et nous chauffer. Des secteurs d’activités où des bioénergies pourraient facilement s’implanter et augmenter notre autonomie énergétique.
Compte tenu de l’impact des énergies fossiles sur notre économie et sur l’environnement, le Québec devra bientôt se positionner face aux bioénergies. Quel sera notre niveau de dépendance aux énergies fossiles? Quel type de bioénergie doit-être encouragé au Québec : l’éthanol, le biodiesel ou les cultures énergétiques? Et dans quelle mesure? Voici des questions qui devront être posées.