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La production bio, pour contrer les changements climatiques

Hélène Ruel par Hélène Ruel
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Article mis en ligne le 2 février 2009 à 12:15
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La production bio, pour contrer les changements climatiques
Le professeur Claude Villeneuve
La production bio, pour contrer les changements climatiques
«Vous êtes en avance!», a déclaré le professeur Claude Villeneuve, un spécialiste des changements climatiques, aux producteurs de lait biologique réunis à Victoriaville.
Une centaine de personnes, des producteurs, des agronomes, des techniciens, des conseillers financiers de tous les coins du Québec se sont réunis vendredi pour une Journée INPACQ lait bio, un colloque provincial organisé par le ministère de l’Agriculture en collaboration avec le Club lait bio.

Dernier à prendre la parole au terme de cette journée, le professeur de sciences fondamentales et détenteur de la Chaire Éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi a conclu, par un rassurant message, sa conférence intitulée Les changements climatiques, comment s’adapter à l’inévitable?.

Il croit qu’en pratiquant l’agriculture biologique, les producteurs pourront contribuer de façon significative à lutter contre les changements climatiques. Deux grandes actions s’offrent à eux : réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et travailler le sol de telle sorte qu’ils puissent y séquestrer le carbone.

Comme il l’avait fait devant les élus du forum international Sésame tenu à Victoriaville en 2007, Claude Villeneuve avait, auparavant, tracé un portrait plutôt alarmant de la situation planétaire. Le réchauffement climatique s’est accéléré au cours des dernières années, a-t-il dit.

Mais ce n’est pas tant le réchauffement qui constituera un problème pour les agriculteurs. C’est bien davantage le problème incident des précipitations plus abondantes, a-t-il précisé. Un chapelet sur la corde à linge ne suffira pas à protéger l’orge et les ponceaux d’une pluie qui s’abat en trombes!, a-t-il dit.

Il prédit que l’agriculture sera soumise à de fortes pressions au cours des prochaines décennies. L'incapacité de certaines régions du monde (le nord de l’Afrique, le sud-est de l’Asie) à nourrir leurs gens, l’augmentation de la population sur la planète, des sécheresses répétées, le déficit en eau, la disparition de terres et des forêts, une demande plus forte pour les biocarburants, tout cela exigera beaucoup de l’agriculture.

Actuellement, l’agriculture est responsable de 12% des émissions de gaz à effet de serre, a noté le prof. Ces gaz (carbone, méthane, protoxyde d’azote) agissent sur la terre comme une série de couvertures empilées sur un lit. Et elles sont là pour des centaines d'années, a expliqué M. Villeneuve. «Vous avez à vivre avec le climat. Comme les changements sont là pour rester, que leurs effets sont déjà observables, vous devrez vous adapter. Mais j’ai confiance, l’agriculture s’est toujours adaptée!», a ajouté le conférencier.

Il a donné quelques solutions à la portée des agriculteurs, leur parlant de réduction de l’utilisation d’engrais minéraux, de gestion serrée de la fertilisation azotée, de diminution du travail du sol, d’augmentation de leur recours aux biocarburants à la ferme, de compostage des fumiers.

Il faut dire que, tout au long de ce colloque, les producteurs ont reçu une flopée de propositions.
Des bilans à faire
La conférencière française Françoise Roger, de la Chambre d’agriculture de Bretagne, a aussi offert plusieurs solutions, à la suite de deux études menées dans des fermes biologiques. Elle a vraisemblablement «allumé» les producteurs en parlant de ces outils, Planète et Eden, qui permettent de dresser le bilan bioénergétique des activités de leur entreprise. On a ainsi pu calculer les émissions de gaz à effet de serre produites par des fermes laitières ainsi que l’impact de leurs activités sur la qualité de l’eau, de l’air et des sols.
Ces méthodes, Claude Villeneuve a noté qu’elles pourraient être importées au Québec, à la condition bien sûr qu’elles soient adaptées.

L’agronome Nelson Paradis, conseiller au groupe Piekouagan (Saguenay-Lac Saint-Jean) a, pour sa part, présenté les résultats technico-économiques de la production laitière biologique, démontrant qu’elle était rentable, mais qu’elle pouvait continuer de s’améliorer. M. Paradis avait invité André Lemay de la ferme Polrèse à Leclercville à témoigner de son expérience.

Quant à Martin Valiquette, directeur général de Liberté (yogourts de lait bio), il a parlé de cette approche «cycle de vie» adoptée par l’entreprise, afin de rendre ses activités «écodurables ». Il a surpris son auditoire en disant, par exemple, qu’en modifiant les boîtes de carton dans lesquelles on transporte les pots de yaourt l’entreprise avait réduit ses coûts de 40%. Une série de mesures visent à réduire l’«empreinte» écologique de l’entreprise. Elle s’est, par exemple, dotée d’un logiciel pour réduire le kilométrage. Des cours d’«écoconduite » ont aussi été offerts aux chauffeurs de camion. Liberté mène aussi des recherches sur les éco-emballages.

À l’occasion d’un atelier de discussions, les producteurs ont énuméré les nombreuses actions à poser chez eux pour réduire les gaz à effet de serre. Ils ont pondu toute une panoplie de mesures «vertes», des solutions parfois bien coûteuses comme celle d’«appeler les vaches à l’étable plutôt que d’aller les chercher en quatre roues»!

Au www.mapaq.gouv.qc.ca on trouvera toutes les présentations de la journée, de même que les idées vertes soumises par les participants.

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oncle sam

Commentaire mis en ligne le 9 février 2009
à quand du porc bio?Pensez vous que nous allons avaler ça.
(humour)

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