Serge Préfontaine et Denis La France, les chargés du projet du CETAB+.
Un CETAB+ pour donner un nouvel élan à l’agriculture bio
Au cours de l’année 2009 devrait naître le Centre d’expertise et de transfert technologique en agriculture biologique, le CETAB auquel on ajoute un + pour symboliser la valeur ajoutée.
Les deux chargés de projet, profs en agriculture biologique au cégep de Victoriaville, Serge Préfontaine et Denis La France, ont déjà entamé une tournée de consultation pour faire connaître la mission de ce centre dont ils espèrent, ultimement, qu’il contribuera à développer l’agriculture biologique au Québec.
Ils ont déjà organisé près d’une trentaine de rencontres avec des partenaires potentiels, des producteurs bien sûr, des regroupements d’agriculteurs, des gens de différents ministères, de la Fédération d’agriculture biologique, de l’UPA, etc. Une dizaine d’autres rencontres de consultation sont prévues à leur calendrier des prochaines semaines.
«Et, partout, le projet suscite de l’intérêt», affirme Denis La France.
Pour démarrer le projet, les profs ont le soutien du directeur général du Cégep, Vincent Guay, ainsi qu’un montant de 110 000 $ par année – pour trois ans – provenant de ces nouveaux fonds fédéraux dont a bénéficié l’institution collégiale.
Par ses activités, des conférences techniques, des démonstrations sur la ferme, des projets de recherche sur le terrain, le CETAB+, comme ils l’appellent, pourrait être tout aussi utile aux producteurs qu’aux conseillers agricoles et même à l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement du Québec. «On a présenté un projet de recherche appliquée à l’Institut», révèlent MM. Lafrance et Préfontaine, sans toutefois en dévoiler les détails.
Le Centre axerait ses activités sur l’innovation, le transfert technologique, les processus de gestion et de production, l’organisation du travail, la différenciation des produits et la création d’une chaîne de valeur (valeur ajoutée). «Dans un Cégep, on est payés pour donner des cours, dit Denis La France. Tous les projets que l’on initie (formation continue, conférences, voyages) doivent s’autofinancer.»
Car la quête de différentes sources de financement se trouve au cœur de la création du Centre. «Deux projets ont été présentés à des partenaires.»
Le projet de CETAB+ a délogé l’autre projet de centre spécialisé (CADDERA) que le cégep de Victoriaville a présenté à deux reprises au ministère de l’Éducation. Sa mission était très large, abordant le vaste thème du développement durable.
Dès que le gouvernement du Québec relancera un autre appel d’offres pour la création de nouveaux centres collégiaux de transfert de technologie (CCTT), le cégep de Victoriaville présentera son CETAB+. «Ce serait intéressant de le faire reconnaître parce que le financement des CCTT est récurrent, 300 000 $ par année», note Denis La France.
Mais, reconnu ou pas, le CETAB+ naîtra, soutiennent les instigateurs.
Le cégep de Victoriaville est le seul au Québec à offrir une formation collégiale en agriculture biologique. Il le fait depuis 22 ans. «On a l’expertise, les capacités, les connaissances et puis, déjà, on a des demandes», spécifie M. La France.
Depuis peu, le Cégep forme 18 jeunes agronomes et conseillers agricoles à la production biologique, avec la collaboration des clubs conseil en agroenvironnement et avec l’aide financière du ministère de l’Agriculture.
Auteur d’un ouvrage phare au Québec, somme de ses 45 ans de pratique et d'enseignement, livre lancé l’an dernier (La culture biologique des légumes), Denis La France a lui-même mené plusieurs recherches dans le champ, notamment à la ferme-école du cégep (les Jardins de Pierrot que gère maintenant la Ferme Tourmaline à Victoriaville). Sa recherche sur les engrais verts en culture maraîchère aurait tout aussi bien pu se dérouler sous les auspices du CETAB+, explique-t-il.
Les idées de projets ne manquent pas. Les deux enseignants évoquent, par exemple, le sujet des pâturages, une pratique essentielle à la production laitière biologique. «Aujourd'hui, à peu près toutes les vaches laitières sont à l'intérieur!» Ils poursuivent en disant encore que, trop souvent, c’est d’Europe qu’il faut faire venir les experts en agriculture bio. Or, la terre, le climat, les techniques, les pratiques, outils ne peuvent être «importés» tels quels.
Sous certains aspects, ce CETAB+ s’apparente au Centre de développement d’agriculture biologique campé à Sainte-Élizabeth-de-Warwick, mais disparu depuis plusieurs années. Denis La France y avait d’ailleurs travaillé.
Serge Préfontaine croit que la présence d’un CETAB+ pourrait accentuer le rayonnement du Cégep au Québec, dynamiserait le milieu, favoriserait le développement des compétences.
Il y aurait beaucoup de bénéfices à retirer d’un rapprochement entre des étudiants, des enseignants et des chercheurs, conclut Denis La France.
nadine samba
Commentaire mis en ligne le 21 janvier 2009merci beaucoup pour tout ce que vous faites. je voudrais participer à l'une de vos conférences.