Quand vient le temps de passer au suivant
Madeleine Bouffard, agronome
MAPAQ, Centre de services agricoles de Drummondville
On dit que l’argent, c’est le nerf de la guerre, mais il faut se rappeler que la première cause d’échec du transfert de ferme est le manque de communication entre les personnes concernées. Les intervenants des centres régionaux d’établissement en agriculture (CRÉA) conseillent et accompagnent les entreprises agricoles et facilitent les démarches de transfert.
Le transfert de la ferme d’une génération à l’autre est une étape cruciale dans la vie d’une entreprise. Étant donné que le facteur humain est important, il faut d’abord s’assurer que chaque personne impliquée dans le transfert connaisse et exprime ses besoins en relation avec la ferme, la famille, son couple, ses loisirs. Ensuite, il faut dégager des objectifs communs et réalisables ainsi que l’échéancier de réalisation du projet de transfert. Par des rencontres individuelles et familiales, le CRÉA favorise l’expression des besoins des personnes concernées et le cheminement du dossier. La conseillère du CRÉA propose aussi une démarche multidisciplinaire et réunit, selon le besoin, des conseillers techniques, le conseiller en gestion, le conseiller en financement, le comptable-fiscaliste, le notaire. Ces rencontres visent à vérifier la faisabilité du transfert et à identifier la formule la plus intéressante à utiliser, tout en recherchant la satisfaction des parents et de la relève.
Le processus de transfert comprend généralement une phase de co-exploitation durant laquelle se transfère une portion des avoirs, le savoir, sans oublier les pouvoirs. C’est aussi pendant la co-exploitation que s’affrontent les façons de faire personnelles, les besoins en loisirs différents, la soif de modernisme de la relève et la sagesse des parents et ainsi de suite. Cette étape peut être sans contredit, une source de conflit entre les deux parties. Elle peut être aussi une belle période dans la vie des parents et de leur relève si elle est bien planifiée et que chacun accepte de faire des compromis. Dans le cadre de la journée INPACQ Bovins laitiers, qui aura lieu le 19 février 2009 à Victoriaville, vous aurez l’opportunité d’entendre le témoignage d’une relève féminine en pleine période de co-exploitation avec ses parents. Elle parlera de la participation du CRÉA de Chaudière-Appalaches dans leurs démarches de transfert et de son expérience d’acquisition graduelle de la ferme familiale. Une journée à inscrire à votre agenda.