La conseillère à la financière agricole du Québec, Véronique Morin
Un appui financier adapté à la relève
Julie Stanton,
Journaliste indépendante
Conseillère à La Financière agricole du Québec (FADQ), dans la région du Centre-du-Québec, Véronique Morin parle avec enthousiasme du Programme d’appui financier à la relève agricole, qui, depuis 2004, facilite l’établissement d’un plus grand nombre de jeunes dans le domaine, que ce soit à temps plein ou à temps partagé.
Ce programme constitue un levier important pour ceux et celles qui acquièrent une formation, puisqu’ils peuvent obtenir des subventions atteignant jusqu’à 40 000 $. Nous offrons un appui financier aux jeunes, bien sûr, mais aussi des conseils, un accompagnement ainsi qu’un suivi visant à les encourager dans le développement de leur entreprise. Nous croyons également qu’en période de démarrage et d’établissement, l’appui de spécialistes en gestion et l’acquisition d’une formation de pointe favorisent une meilleure exploitation des ressources et une planification plus adéquate du développement des entreprises. Nous travaillons donc à leur offrir le maximum d’aide financière. Ce faisant, nous visons à leur donner l’élan nécessaire pour concrétiser leur rêve, tout en contribuant à ce qu’ils acquièrent des connaissances qui leur serviront leur vie durant pour mener à bien leur exploitation agricole ou agroalimentaire. Aujourd’hui, gérer ce type d’entreprises est complexe, car aussi passionnante qu’elle soit, la pratique de l’agriculture est parsemée de défis de plus en plus exigeants. »
Pour bien illustrer ce propos, elle évoque ici le cas de Marie, une jeune agricultrice désireuse de se qualifier pour l’obtention de la subvention à l’établissement de 20 000 $ octroyée par la FADQ en vertu du Programme d’appui financier à la relève agricole.
« Il s’agit d’une jeune femme d’une vingtaine d’années dont les parents exploitent une ferme laitière de 40 kilos de quota, avec une partie céréalière de 80 hectares. J’ai rencontré la famille pour la première fois en 2004, soit au début de la phase de coexploitation de la ferme. L’avoir était alors réparti en parts égales entre le père et la mère. Marie, leur fille aînée, travaillait au sein de l’entreprise depuis la fin de son secondaire. Elle s’était montrée très polyvalente, que ce soit pour le travail aux champs ou en production laitière. Cependant, n’étant pas encore actionnaire de l’entreprise, elle ne participait pas à la gestion ni aux décisions de la ferme. » En 2004, les parents de Marie entament donc la première partie du transfert de l’entreprise. Ils conservent chacun 25 % des parts et en donnent 50 % à Marie.
Lors de sa rencontre avec la famille, la conseillère en financement dresse d’abord un portrait de l’entreprise faisant état de son efficacité, de sa rentabilité, de son état d’endettement, de sa structure financière et de ses besoins futurs. Marie, en tant que relève confirmée, se qualifie alors au Programme d’appui financier à la relève agricole. Selon les modalités du programme, même sans avoir de formation reconnue, elle a droit de toucher la subvention à l’encadrement de 1 500 $, somme que la famille a utilisée pour payer les services-conseils d’un expert en gestion de la région. Conformément à ces modalités, la FADQ lui offre également des frais d’emprunt minimums ainsi qu’un plafonnement des taux d’intérêt à 7 % pour les premiers 500 000 $ empruntés par la ferme. Par contre, le fait que Marie n’ait pas de formation reconnue l’empêche d’être admissible à la subvention à l’établissement, dont le montant varie entre 20 000 $ et 40 000 $, en fonction du niveau de formation.
Conjointement avec la répondante en formation de la région, Véronique accompagne Marie dans sa recherche d’une formation lui permettant d’acquérir de nouvelles connaissances, notamment en matière de gestion financière, de comptabilité agricole et de gestion technico-économique. Convaincue de la nécessité d’acquérir un tel bagage, la jeune agricultrice consacre deux années à des études à temps partiel. En 2006, elle obtient une attestation d’études collégiales (AEC) en gestion de l’entreprise agricole. « J’étais vraiment heureuse que Marie ait en poche le diplôme lui donnant droit à la subvention de 20 000 $. » Aussi, en plus de la subvention à l’établissement, la ferme a maintenant la possibilité de protéger ses financements non pas à du 7 %, mais à du 6 %, et ce, tout au long de la période restante d’établissement de la relève. Enfin, l’entreprise est devenue admissible aux 25 % de rabais de cotisation à l’assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA) pour une période de deux ans, ce qui vient bonifier le secteur des grandes cultures. Bien sûr, Marie a dû faire des sacrifices pour arriver à ses fins, en combinant études et travail à la ferme. Par contre, elle ne regrette en rien le cheminement parcouru, puisqu’en plus de profiter d’un soutien financier de La Financière agricole du Québec, elle s’est enrichie de connaissances qui l’aideront dans l’exploitation et la gestion de son entreprise.
L’histoire de Marie est un exemple qui démontre l’appui de La Financière agricole aux jeunes de la relève. Le Programme d’appui financier de la relève agricole est là pour soutenir les jeunes dans leur établissement ou leur démarrage en agriculture. « Nous favorisons l’acquisition d’une formation reconnue afin de maximiser les avantages financiers et d’améliorer les chances de réussite. Le programme offre également certains avantages à ceux et celles n’ayant pas de formation. Les conseillers en financement sont là pour accompagner les producteurs et productrices dans le développement de leur entreprise. La relève agricole, nous y croyons, l’avenir de notre agriculture passe par elle… »