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Vers un marché équilibré

Article mis en ligne le 12 octobre 2008 à 15:41
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Vers un marché équilibré
Stéphane Gagnon, agr.,

secrétaire du Syndicat des producteurs de porcs du Centre-du-Québec
L’industrie porcine a connu une crise majeure ces dernières années en partie causée par un déséquilibre entre la production de porcs et les achats des abattoirs. Voyant cet état de fait, le ministre de l’Agriculture nomma un conciliateur du nom de M. Guy Coulombe, qui a essayé d’amener une concertation dans le secteur afin de faire émerger des idées porteuses.

Malgré le fait que lors du dépôt du rapport en mars dernier, la Commission Coulombe n’ait pas réussi à faire un consensus au sein de la filière, la Fédération des producteurs de porcs du Québec a engagé un homme d’expérience dans le domaine des négociations, M. Marcel Ostiguy, ex-président des Aliments Carrière, pour poursuivre les rapprochements effectués par le conciliateur entre les producteurs et les transformateurs.

À la suite de plusieurs rencontres avec les acheteurs et la fédération, M. Ostiguy a permis d’amener un projet rassembleur parmi les partenaires de la filière porcine québécoise. Ce nouveau projet a été présenté lors de l’assemblée générale annuelle de la fédération tenue en juin dernier. Les producteurs de porcs du Québec ont accepté le principe d’un nouveau modèle de mise en marché en production porcine. En gros, ce modèle est basé sur l’équilibre de l’offre des porcs et les besoins des transformateurs.

Avec ce nouveau modèle, les acheteurs ont obtenu une sécurité d’approvisionnement régulier, un prix équivalent pour un porc comparable à leurs concurrents américains. Pour d’autres acheteurs qui sont aussi propriétaires de porcs, un approvisionnement direct de leurs propres porcs, ce qu’ils revendiquaient depuis déjà plusieurs années.

Quant à eux, les producteurs de porcs ont maintenu la mise en marché collective qui continuera d’être gérée par leur fédération. Cette dernière maintiendra la paie aux producteurs ainsi que la planification des abattages et l’assignation des porcs aux abattoirs. De plus, ils obtiennent une sécurité d’abattage, et ce, tout au long de l’année ainsi qu’un prix équivalant au prix américain pour un porc comparable, ce qui représente un gain important. Car au cours des deux dernières années, ces deux points venaient rendre la vie difficile aux producteurs avec des porcs qui étaient mis en attente pendant les semaines de Fête où les abattoirs étaient ouverts seulement quatre jours. Ces porcs en attente faisaient chuter le prix, au grand désarroi des producteurs.

Ces changements importants demandent des ajustements de part et d’autre. Pour les producteurs, par exemple, de produire des porcs plus lourds (97 kilogrammes au lieu de 92 kilogrammes); pour les acheteurs, d’annoncer des mois d’avance des augmentations ou diminutions de la capacité d’abattage. Il ne faut pas oublier que ces ajustements sont devenus nécessaires afin de maintenir nos marchés locaux et internationaux, et ainsi assurer une pérennité de la production au Québec.

Cette modification à la mise en marché des porcs démontre à la société et aux différents paliers du gouvernement que la production porcine se prend en main et qu’elle désire gérer de façon ordonnée et efficace son produit. Ceci permettra enfin d’obtenir l’équilibre de l’offre et la demande des abattoirs, ce qui sera bénéfique pour tous.

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