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Les circuits courts de commercialisation pour aller droit au consommateur !

Article mis en ligne le 23 septembre 2008 à 15:17
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Les circuits courts de commercialisation pour aller droit au consommateur !
Mario Roy, agronome, M.Sc.

Conseiller en transformation alimentaire

MAPAQ – Direction régionale du Centre-du-Québec

mario.roy@mapaq.gouv.qc.ca
En juin dernier, le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, M. Laurent Lessard, annonçait qu’il destinera une enveloppe de quelques millions de dollars au soutien du développement des circuits courts de commercialisation au Québec.

Cette initiative vise à encourager les artisans, producteurs et transformateurs à favoriser les méthodes de mise en marché qui les mèneront plus directement aux consommateurs. Qu’on se le tienne pour dit ! Les consommateurs seront de plus en plus courtisés par les entreprises agroalimentaires québécoises désireuses de leur offrir leurs produits locaux et régionaux !
Favoriser l’achat local
Rappelons qu’à la suite du rapport Pronovost, le gouvernement s’est donné une vision d’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire. L’un des principaux axes de sa stratégie est de rapprocher le secteur agricole et agroalimentaire des consommateurs en appuyant notamment le développement de circuits courts de commercialisation afin de privilégier l’achat local. Ainsi, quand un consommateur achète des fruits et légumes directement d’une ferme de son voisinage, il est en mode d’achat en circuit court : la raison en est bien simple puisque dans ce cas, il n’y a aucun intermédiaire entre lui et les exploitants de la ferme.
Vous aurez donc compris que c’est justement l’absence ou le nombre réduit de ces intermédiaires entre l’entreprise et le consommateur (tout au plus un intermédiaire selon certains spécialistes) qui caractérise les circuits courts de commercialisation.
Différentes formes de circuits courts
La commercialisation par les circuits courts peut revêtir diverses formes dont certaines sont plus répandues. Ainsi, les marchés publics sont au nombre de 67 établissements au Québec. Dans la seule région du Centre-du-Québec, nous comptons six de ces marchés (dont un marché privé) qui sont saisonniers ou permanents. Qui n’a pas entendu parler du marché public Godefroy ou du marché public de Drummondville ? Selon certains, les marchés publics compteraient pour 1 % à 2 % des ventes au détail de fruits et légumes frais au Canada. De façon approximative, ceci pourrait représenter des ventes de plus d’un million de dollars, seulement en fruits et légumes frais pour l’ensemble des marchés publics du Centre-du-Québec, en supposant que les six marchés existants couvrent bien l’ensemble de la région.
Les kiosques de ferme et l’autocueillette sont d’autres alternatives parmi les circuits courts qui sont aussi très populaires au Québec. Entre le quart et la moitié de la production domestique de fraises serait vendue dans ces réseaux de commercialisation. Quelques milliers de fermes québécoises (certains avancent jusqu’à 6 000 fermes) y auraient recours pour écouler une partie de leur production. Au Centre-du-Québec, ce sont quelques centaines de milliers de dollars de fruits et légumes frais qui seraient vendus selon cette formule.

Par ailleurs, on trouve au Québec quelque 534 producteurs agrotouristiques (en 2005) dont 37 au Centre-du-Québec selon une étude menée en 2006 . Les entreprises agrotouristiques du Centre-du-Québec sont moins présentes dans les produits transformés, confitures, fromages, charcuterie, etc., ce qui laisse entrevoir de nouvelles opportunités pour la région à cet égard. De même, seulement un peu plus de la moitié d’entre elles effectuent de la vente de produits alors qu’au Québec, ce sont 85 % des entreprises qui intègrent cette activité à leur offre agrotouristique. Chez l’ensemble des entreprises québécoises ayant participé à ce sondage en 2006, celles qui ont répondu aux questions financières ont déclaré qu’elles retiraient en moyenne de leur activité agrotouristique des revenus de plus de 100 000 $ chacune.

Et ce n’est pas tout ! Parmi les types de circuits courts qui gagnent en notoriété au Québec, mentionnons également la commercialisation par la vente de paniers et le commerce électronique en alimentation hors de la grande distribution. Selon une étude réalisée par Équiterre , 10 fermes du Centre-du-Québec sont accréditées pour approvisionner en paniers le réseau régional de l’agriculture soutenu par la communauté (ASC) qui est coordonné par cet organisme. Deux autres fermes offriraient ce service à l’extérieur du réseau ASC au Centre-du-Québec. En 2006, quelque 577 parts de récolte avaient été vendues dans la région. Une seconde étude toujours réalisée par Équiterre chez 10 fermes de son réseau ASC au Québec, lui a permis d’établir sommairement à 452 $, le revenu moyen obtenu par panier pour ce petit groupe restreint d’exploitations agricoles ayant participé au sondage .

Quant au commerce électronique, une démarche est en cours au Centre-du-Québec afin de mettre au point une approche collective de vente directe au consommateur par l’intermédiaire d’un site Internet.
Bénéfique pour le consommateur… et le producteur
La commercialisation par les circuits courts fournit une alternative de choix au consommateur qui cherche à combler ses attentes en termes de fraîcheur de produit, de goût, de traçabilité, d’ambiance, de sentiment d’appartenance à la communauté, de produits parfois non disponibles en épicerie, etc.
Du côté de la ferme, la vente directe au consommateur peut procurer aux exploitants agricoles la garantie d’un revenu tôt en saison (paniers ASC), le maintien d’un marché viable malgré la petite taille de la ferme, une marge de profit supérieure à celle obtenue dans les canaux de distribution traditionnels, etc.

En bref, tout le monde peut y trouver son compte dans les circuits courts de commercialisation, que l’on soit consommateur ou exploitant agricole ou transformateur agroalimentaire ! Alors, si vous opérez une entreprise agroalimentaire, peut-être voudrez-vous éviter les détours jusqu’aux consommateurs en empruntant les circuits courts de commercialisation !

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