L’achat local : un choix écologique
Isabelle Bonsant
Directrice générale
CRECQ
Plus que jamais, les tablettes de nos supermarchés débordent d’aliments provenant du monde entier. Le système actuel encourage ainsi le déplacement de millions de tonnes de nourriture partout sur le globe et allonge les circuits de mise en marché.
Selon une étude du Worldwatch Institute, le trajet moyen parcouru par un aliment, du champ à la table, est de 2500 km à 4000 km , ce qui équivaut à la distance qui sépare Montréal d’Orlando en Floride (Halweil, Dans Waridel, 2003).
Près du tiers des camions qui sillonnent les routes contiennent des aliments, et ce trafic routier ne cesse d’augmenter (Waridel, Laure. Op. Cit. Page 37).
Le commerce international des aliments a quadruplé en tonnage depuis le début des années 1960 (Organisme des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), FAOSTAT, dans Waridel, 2003).
Au Québec, l’industrie alimentaire a augmenté ses exportations au cours des dernières années, passant de 9,2 % en 1989 à 15,5 % en 1999. Ainsi, l’exportation explique à elle seule tout près de 40 % de la croissance des ventes de cette industrie au cours de la décennie.( Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation. 2000. Les entreprises de transformation alimentaire du Québec qui exportent : un profil sommaire. Bulletin numéro 1, 25 octobre).
Les combustibles fossiles dont dépendent la plupart de nos modes de transport polluent l’air par l’émission de différents gaz, dont le monoxyde de carbone (CO), le dioxyde de carbone (CO2), l’oxyde d’azote (Nox) et des hydrocarbures. Certains des gaz émis par les véhicules ont des impacts directs sur la santé humaine : jusqu’à 16 000 décès prématurés par année sont causés par la pollution atmosphérique au Canada. Parallèlement, certains de ces composés, notamment le CO2, sont des gaz à effet de serre (que l’on s’est engagé à réduire dans le cadre du Protocole de Kyoto) et peuvent contribuer au réchauffement de la planète. L’achat local constitue donc une approche intéressante écologiquement parlant, en réduisant les pressions sur l’environnement et les risques pour la santé. (Fondation David Suzuki. 1999, dans Waridel. 2003)
Solutions
Depuis maintenant plusieurs années, Équiterre offre l’approche de « l’agriculture soutenue par la communauté » (ASC). L’ASC, très fréquemment appelée « paniers bio », est un concept qui relie des citoyens et des citoyennes à des fermes biologiques locales via un partenariat de récolte.
On devient « partenaire » d’une ferme en achetant une part de récolte à l’avance. Les fermes maraîchères participantes livrent les paniers de légumes variés à un point de chute dans votre quartier, et ce, chaque semaine. Les fermes d’élevage vous offrent leurs différentes découpes moyennant un dépôt initial. Les livraisons ont lieu à fréquence variable d’une ferme à l’autre. Tout en favorisant l’achat local, l’approche permet de soutenir l’agriculture biologique. Il existe plus d’une centaine de fermes participantes au Québec, dont plusieurs au Centre-du-Québec. Pour plus d’information sur l’ASC, visitez
www.equiterre.org.Dans un autre ordre d’idée, le gouvernement vient tout juste de dévoiler sa stratégie d'accroissement des achats de produits alimentaires québécois. Cette stratégie encourageante fait suite au rapport sur la commission de l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois.
D’ores et déjà, le consommateur n’a plus de raisons d’ignorer que ses choix alimentaires influencent non seulement sa santé, mais son environnement.
Le Conseil régional de l'environnement du Centre-du-Québec (CRECQ), organisme à but non lucratif créé en avril 1997, regroupe de nombreux intervenants de la région (organismes environnementaux, institutions, entreprises, individus, etc.) intéressés à la protection de l’environnement et au développement durable. Pour plus d’informations sur le CRECQ, n’hésitez pas à consulter le
www.crecq.qc.ca.