André Bellavance
«La balle est dans le camp de Harper»
«L’échec des négociations à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a de quoi réjouir la classe agricole québécoise, mais ne doit pas faire oublier l’incohérence du gouvernement Harper dans la défense des intérêts des producteurs agricoles sous gestion de l’offre», a déclaré le député André Bellavance, porte-parole du Bloc Québécois en matière d’Agriculture et Agroalimentaire.
Quotidiennement en contact avec des représentants des secteurs sous gestion de l’offre qui se trouvaient à Genève pour ces négociations, le député de Richmond-Arthabaska se dit inquiet du double langage employé par le gouvernement conservateur cette semaine.
«Alors que le ministre Michaël Fortier se dit déçu de l’échec des négociations, le Secrétaire d’État Christian Paradis prétend que le Canada était là avant tout pour défendre la gestion de l’offre. Comment expliquer alors le silence de Fortier et du ministre de l’Agriculture Gerry Ritz quand sept pays ont pris en main les pourparlers, mettant ainsi en péril 70 000 emplois et plus de 40 pourcent des recettes agricoles du Québec?» a poursuivi André Bellavance.
«Outre les producteurs à Genève, je me suis entretenu au cours de ces journées cruciales pour l’avenir de l’agriculture québécoise avec de nombreux producteurs de ma circonscription dont le gagne-pain dépend de la survie du système de la gestion de l’offre. Ils en ont assez d’être sur le qui-vive à chaque négociation internationale puisque le Canda ne parle pas en leur nom d’une voix forte et cohérente. À preuve, tandis que l’UPA s’est réjouie de l’échec des négociations, les ministres Fortier et Ritz l’ont déploré», a-t-il ajouté.
Le député du Bloc Québécois estime qu’il est plus que temps que le Québec parle en son nom à ces forums internationaux, ce que seule permettra l’indépendance.
D’ici là, il est impératif que le premier ministre lui-même déclare publiquement que le Canada ne signera aucune entente qui affaiblirait de quelque façon que ce soit le système de la gestion de l’offre.
«La balle est dans le camp de Steven Harper. Seul un engagement clair de sa part, à la face de ses partenaires commerciaux, permettra de mettre un terme à l’incohérence qui caractérise ce gouvernement pour qui les exportateurs de l’Ouest canadien, passeront toujours avant les producteurs de lait, de volailles et d’œufs du Québec, Heureusement, le Bloc Québécois a été vigilant en 2005 en faisant adopter une motion exigeant la protection de la gestion de l’offre», a conclu André Bellavance.