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Soupir de soulagement à l'abattoir Levinoff-Colbex

Les producteurs de bovins du Québec acceptent à 80 % de le recapitaliser

Lise Tremblay par Lise Tremblay
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Article mis en ligne le 3 avril 2008 à 11:58
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Soupir de soulagement à l'abattoir Levinoff-Colbex
La fermeture du principal concurrent de Colbex engendrera nécessairement des retombées majeures pour l'entreprise.
Soupir de soulagement à l'abattoir Levinoff-Colbex
Les producteurs de bovins du Québec acceptent à 80 % de le recapitaliser
Mercredi soir, l'ensemble des producteurs de bovins du Québec a accepté de recapitaliser à hauteur de 30 millions $ l'abattoir Levinoff-Colbex de Saint-Cyrille-de-Wendover. L'entreprise poursuivra donc ses activités normalement et pourrait même voir son volume d'abattage augmenter, car son principal compétiteur ontarien vient de fermer boutique.
En entrevue, le président de la Fédération des producteurs de bovins du Québec, Michel Dessureault, s'est dit satisfait de la décision des producteurs de conserver vivant l'abattoir Colbex, eux qui sont présentement réunis à Québec pour l'assemblée générale annuelle de la Fédération.

«Les producteurs ont fortement adhéré au projet de recapitalisation de l'abattoir, a résumé M. Dessureault. Plus de 80 % des délégués présents ont accepté notre proposition à la suite de notre tournée provinciale. Leur message est clair : ils veulent investir dans l'abattoir et ils nous demandent de trouver un moyen d'assurer que tous les producteurs concernés contribuent au refinancement.»

Selon lui, la tournée provinciale, qui a attiré 2000 producteurs d'un peu partout au Québec, a permis de démontrer qu'un effort additionnel de 53,86 $ par bovin de réforme mis en marché leur permettra de soutirer un important retour sur l'investissement.

Cette contribution s'avérait l'unique solution pour redresser l'entreprise, endettée d'environ 40 millions $.

«Nous avons fait la démonstration aux producteurs qu'avec un faible investissement de 6 millions $ (mise de fonds initiale), le projet de l'abattoir a rapporté jusqu'à maintenant 61,7 millions $ en argent net sur les fermes des investisseurs. Ils sont donc très conscients des résultats et, évidemment, ils s'attendent à un résultat net aussi intéressant pour le futur», a ajouté le président.

La chose n'est certainement pas impossible puisque le principal concurrent de Colbex, Gencore Foods (Ontario), a cessé ses activités le 28 mars dernier et s'est placé sous la loi de la protection de la faillite.

«Colbex est maintenant le seul abattoir de bovins de réforme de l'est du Canada et cela lui apportera des retombées majeures», a commenté Michel Dessureault.

Questionné à savoir si cette fermeture est venue lui donner un argument supplémentaire lors de la tournée, M. Dessureault a révélé qu'il n'en a pas eu grand-occasion.

«Cette fermeture a été annoncée vers la fin de notre tournée, a-t-il expliqué. Donc, je ne crois pas que ça a influencé nos producteurs, mais c'est sûr que cela vient aujourd'hui renforcer leur décision de recapitaliser l'abattoir.»

D'ailleurs, la direction de l'entreprise s'attend à voir son volume d'abattage augmenter d'ici peu en raison de cette fermeture.

«C'est sûr que ça va nous aider à retrouver un volume plus normal, ce qui a été difficile depuis l'embargo américain», a exprimé Jean-Guy Dubé, directeur général de l'abattoir.

Parallèlement, ce dernier a confié qu'il a toujours gardé confiance en les producteurs, et ce, tout au long de la tournée.

«Je n'avais aucun doute quant à l'avenir de l'abattoir. Les producteurs ont toujours eu une vision d'avenir, de même que la direction de l'établissement», a-t-il précisé, en ajoutant que les employés ont été rassurés tout au long du processus.

«Les employés étaient très confiants et il n'y a eu aucun mouvement négatif à l'interne», a-t-il fait savoir.

Évidemment, ce «sauvetage» a soulagé la Municipalité de Saint-Cyrille-de-Wendover puisque cette entreprise y constitue un employeur important.

«C'est une excellente nouvelle. Plusieurs de nos citoyens travaillent chez Colbex et je sais que la direction y met quotidiennement tout son cœur, parfois même sa santé», a exprimé le maire Éric Cardinal.

Enfin, en recapitalisant l'abattoir Colbex, la Fédération des producteurs de bovins espère maintenant qu'elle se sera plus victime de mauvaises nouvelles, comme une autre fermeture de la fontière en lien avec la maladie de la vache folle.

«D'être propriétaires de l'abattoir ne règle pas les crises, mais je crois que les producteurs ont en main un outil qui va leur permettre d'affronter de nouvelles tempêtes… mais nous n'en souhaitons plus», a conclu Michel Dessureault.

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