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Les producteurs d'ici acceptent de sauver Levinoff-Colbex (photos)

Malgré les lourdes dettes de l'abattoir

Lise Tremblay par Lise Tremblay
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Article mis en ligne le 21 mars 2008 à 14:30
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Les producteurs d'ici acceptent de sauver Levinoff-Colbex (photos)
Après une période de question de deux heures, les producteurs de bovins de réforme du Centre-du-Québec ont accepté de participer à la recapitalisation de l'abattoir Levinoff Colbex, situé à Saint-Cyrille-de-Wendover.
Les producteurs d'ici acceptent de sauver Levinoff-Colbex (photos)
Malgré les lourdes dettes de l'abattoir
Jeudi soir, au moins 250 producteurs de bovins de réforme ont assisté à l'assemblée spéciale organisée par la Fédération des producteurs de bovins du Québec en vue de sauver l'abattoir Levinoff-Colbex, qu'elle a acquis en décembre 2004. Pour éviter la faillite, l'entreprise doit être recapitalisée à hauteur de 30 millions $, une somme qui devra inévitablement être perçue à même les poches des agriculteurs.
En raison du marché actuel, la décision n'a pas été facile à prendre pour les producteurs, d'autant plus que jusqu'ici, ils n'avaient aucunement été mis au courant de la précarité de l'entreprise. D'ailleurs, ils ont été nombreux, jeudi, à déplorer le manque de communication – et de transparence- de la Fédération. Même le prix de vente de Colbex n'avait jamais été dévoilé aux producteurs, eux qui en sont pourtant les propriétaires.

Ainsi, pour éviter maintenant une fermeture ou une faillite, la Fédération leur demande de verser une contribution de 53,86 $ par bovin de réforme mis en marché, sur un horizon de cinq ans, et ce, à compter du 1er juillet 2008.

«Il faut libérer l'abattoir du poids de sa dette et lui permettre d'être autonome financièrement. Il faut la doter de liquidités suffisantes pour qu'il puisse bénéficier des opportunités d'affaires», a expliqué Michel Dessureault, président de la Fédération.

C'est que l'abattoir est truffé de dettes, d'un montant de 40,5 millions $. Il reste aussi 30 millions $ à payer sur l'achat de 62 millions $ et la marge de crédit est utilisée au maximum pour une somme de 7,5 millions $. Enfin, les comptes sont à découvert pour 3 millions $... à 17 % d'intérêt.

«Notre principal bailleur de fonds, la Banque nationale du Canada, nous demande une mise de fonds importante pour redresser la situation financière. L'enjeu de ce soir (jeudi) est important : nous voulons savoir si vous êtes motivés à conserver vos acquis», a ajouté Paul Dupont, un expert de la finance agricole embauché spécialement par la Fédération.

Bien sûr, après la présentation du bilan financier, qui ressemblait à une «chronique d'une mort annoncée», nombreux ont été les producteurs à poser des questions et à émettre des commentaires.

«Chez moi, quand je suis dans le trou, j'essaie de limiter mes dépenses et de trouver des façons pour faire rentrer plus d'argent. Ce soir, la seule proposition que vous avez à nous soumettre, c'est de piger dans nos poches. J'ai peur que les 30 millions $ ne servent qu'à "patcher" le trou et que vous nous en demandiez encore et encore dans deux ans», a déclaré un producteur de Tingwick, l'air découragé.

Jean Rousseau, un producteur laitier de Nicolet, estime, quant à lui, que cet établissement doit demeurer ouvert peu importe les propriétaires.

«Une chose est claire pour moi, je n'ai pas les moyens de me priver d'un abattoir au Québec. Il faut qu'il reste ouvert même s'il retourne dans le privé», a-t-il exprimé.

Certains agriculteurs, comme Denis Bilodeau de Warwick, ont cependant invité leurs confrères à revisiter le passé.

«Nous devons nous remettre dans le contexte que nous étions en 2004 avant qu'on ne décide d'acheter l'abattoir, a-t-il lancé. C'était rendu qu'on était obligé de creuser des trous pour enterrer nos vaches. Si on a décidé d'acheter l'abattoir, c'était pour casser ça et, surtout, avoir un meilleur prix pour nos vaches. Même si l'abattoir ne génère pas de bénéfice, au moins, il nous permet d'avoir un meilleur prix. Aujourd'hui, l'argent qu'on nous demande d'investir… on va le perdre de toute façon si nous perdons le contrôle de l'abattoir».
Ils ont dit «oui» à l'abattoir
De toute évidence, ce commentaire a joint la majeure partie de l'assemblée puisqu'au terme de la soirée, dans le cadre d'un vote à main levée, 95 producteurs ont accepté la proposition de la Fédération d'investir à nouveau dans l'abattoir. Exactement 71 personnes ont refusé une «baisse de salaire», comme certains ont indiqué.
Malgré cet appui, la partie n'est pas gagnée pour autant, car la Fédération (secondée par l'Union des producteurs agricoles et la Fédération des producteurs laitiers du Québec) doit présenter la situation à tous les producteurs de bovins de réforme du Québec. D'ailleurs, jeudi après-midi, une présentation a été faite à Sherbrooke et, dans cette région, les producteurs ont dit «non» à la recapitalisation de Colbex.

Au moins, la Fédération sera bientôt fixée, car le vote final aura lieu lors de l'assemblée générale de la Fédération des producteurs de bovins du Québec, qui aura lieu les 2 et 3 avril prochain, à Québec.

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