Provenant d'Asie, les pucerons dévorent les feuilles de soya, au grand dam des producteurs locaux.
Des pucerons dévorent les champs de soya
Malgré leur réticence à utiliser des insecticides chimiques, plusieurs producteurs de soya de la région ont dû se résigner à l'idée cet été puisqu'une armée de pucerons dévore les précieuses cultures.
Selon Sylvain Joyal, président du Syndicat des producteurs de grande culture du Centre-du-Québec, c'est la première année que les producteurs sont aussi affectés par cet insecte indésirable et cela est en partie attribuable au printemps hâtif qui a fait éclore les œufs plus tôt.
D'ailleurs, les autorités québécoises qualifient la situation d'épidémique et fait actuellement l'objet d'une alerte partout au Québec.
«Je cultive du soya depuis 1986 et c'est la première fois que je dois utiliser un insecticide, comme la plupart des producteurs du Centre-du-Québec. Nous n'aimons pas vraiment cela, car ces produits sont nocifs pour l'environnement», a expliqué M. Joyal, en précisant que la mesure était nécessaire puisque le dernier décompte faisait état d'un total de 1000 pucerons par feuille de soya.
Dans des conditions idéales, la population de pucerons double à chaque jour et, à part la coccinelle, ils n'ont aucun prédateur naturel.
«Les coccinelles ne sont pas assez nombreuses cette année. Il est clair que si mes champs n'avaient pas été traités, les pertes auraient été considérables. La saison n'est pas encore terminée, mais j'estime que j'aurais 20 % de perte, car deux de mes champs ont bruni parce que l'application d'insecticide n'a pas été faite à temps», a ajouté le président du syndicat.
Jean-François Houle, un producteur de soya de Saint-Germain-de-Grantham, a également dû arroser ses champs la semaine dernière.
«J'ai déjà vécu le problème des pucerons il y a trois ans, mais la situation était beaucoup moins problématique à cet époque, car elle est apparue à la fin août et les plans étaient presque rendus à maturité. Cette année, même si je ne suis pas un fervent des insecticides, je n'ai pas eu le choix, car j'étais rendu entre 800 et 1000 pucerons par feuille. À ce rythme, il ne m'aurait rien resté à la fin du mois!», a exprimé M. Houle, qui cultive 250 arpents du soya.
Selon Brigitte Duval, agronome responsable de la région pour le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, au moins la moitié des producteurs de soya sont aux prises avec les pucerons.
«Pas mal toute la région centricoise est affectée par le problème des pucerons. Au départ, quand le problème a débuté, nous avons remarqué que les concentrations étaient plus élevées dans les secteurs de Pierreville, Baie-du-Febvre, Saint-Zéphirin et Drummondville, mais aujourd'hui, nous pouvons dire que pas mal tous les producteurs ont des problèmes avec cet insecte, mais à des degrés différents. Je présume qu'il y aura une certaine baisse de production cette année», a-t-il fait savoir.
Précisons que ce puceron, originaire d'Asie, a été détecté pour la première fois au Québec en 2002. Depuis son arrivée en Amérique, c'est la première fois qu'il cause autant de dommages. D'ailleurs, l'agronome Brigitte Duval recommande fortement aux cultivateurs de vérifier leur champ ou, encore, de demander à un agronome de faire un test de dépistage pour éviter une trop grande perte de rendement.