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«Nous avons tout un casse-tête entre les mains»

- Stéphane Dubé, directeur de l'assurance qualité chez Colbex Levinoff

Lise Tremblay par Lise Tremblay
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Article mis en ligne le 27 juin 2007 à 16:46
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«Nous avons tout un casse-tête entre les mains»
L'abattoir Colbex-Levinoff de Saint-Cyrille-de-Wendover subira des pertes financières d'environ 3,6 millions $ par année avec l'entrée en vigueur du nouveau règlement de l'Agence canadienne d'inspection des aliments.(Photo d'archives)
«Nous avons tout un casse-tête entre les mains»
- Stéphane Dubé, directeur de l'assurance qualité chez Colbex Levinoff
Si le nouveau règlement mis de l'avant par l'Agence canadienne d'inspection des aliments suscite de l'inquiétude chez les producteurs de bovins de la région, il oblige l'Abattoir Colbex Levinoff de revoir de A à Z ses procédures d'abattage.
«Nous avons tout un casse-tête entre les mains. En plus, nos coûts de production vont augmenter considérablement», a mis en contexte l'un des responsables de l'entreprise cyrilloise, Stéphane Dubé.

Puisque l'Abattoir Colbex produit des tonnes de matières à risque spécifiées (MRS) annuellement, et que l'Agence l'obligera dès le 12 juillet à les retirer complètement de la chaîne de production, l'entreprise se retrouve dans une situation non-enviable… où plusieurs questions demeurent sans réponse.

«Le gros problème que nous avons, ce sont les délais, a indiqué M. Dubé. L'Agence instaure de nouvelles mesures et nous attendons encore qu'elle accepte certaines procédures. Par exemple, lorsque nous assommons une vache et que nous faisons la percussion (une tige qui transperce le cerveau), nous avons remarqué durant les tests qu'il y a un risque d'écoulement de matières cérébrales dans les aires de saignées (contamination croisée). Nous avons proposé, il y a trois mois, une méthode alternative, mais nous attendons toujours l'approbation de l'Agence».

Pour une question de stockage, l'abattoir a mis en marche sa ligne de ségrégation des MRS mardi, mais une fois de plus, une grande question reste en suspend.

«Nous avons débuté ce matin (mardi) la nouvelle ligne de production sans savoir si le gouvernement fédéral nous viendra en aide. Les impacts financiers sont importants. Nous avons dû investir 2 millions $ pour l'achat d'équipements spéciaux et, en plus, les recycleurs de résidus d'abattage nous ont prévenus qu'ils allaient augmenter leur prix», a poursuivi le directeur de l'assurance qualité de l'entreprise.
Perte de 3,6 millions $
Selon les estimations de Colbex Levinoff, les recycleurs exigeront entre 15 et 20 $ de plus par carcasse. Puisqu'elle abat généralement 800 bêtes par jour, cela représentera une importante majoration des coûts de production de

3,6 millions $ par année pour l'usine.
«Ce sont des pertes directes pour l'entreprise. Ce n'est pas pour rien que la Fédération des producteurs de bovins du Québec (les propriétaires de l'abattoir) négocie actuellement une compensation financière avec le fédéral. La nouvelle réglementation va peut-être permettre l'ouverture de la frontière américaine, mais avec les coûts que nous devons absorber, je crains que les producteurs aient le goût d'aller faire abattre leurs animaux aux États-Unis», a exprimé Stéphane Dubé, visiblement inquiet.

Ceci dit, en considérant les efforts – tant humains que financiers - qui sont mis en place pour prévenir d'autres cas de vache folle au Canada, il s'avère tout à fait compréhensible que l'abattoir Colbex évalue la possibilité de construire une usine de biodiésel. Ainsi, les matières à risque spécifiées, de même que les animaux morts sur les fermes, pourront être convertis en carburant, donc… en une source de revenu convoité.

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