OTTAWA - Les 200 soldats supplémentaires que pourrait envoyer le Canada au cours des prochains mois afin de contribuer aux opérations des hélicoptères vont à l'encontre de la motion adoptée aux Communes le printemps dernier, jugent le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique (NPD).
Les deux partis, qui s'étaient opposés à toute prolongation de la mission canadienne en Afghanistan, estiment que cet ajout de soldats canadiens, aux 2500 déjà présents sur place, viendra encore plus déséquilibrer une mission trop axée sur l'aspect militaire plutôt que sur les efforts humanitaires.
En visite au cours de la fin de semaine à Kandahar, où sont basées les troupes canadiennes, le ministre des Affaires internationales, David Emerson, a indiqué que le Canada enverrait 200 soldats de plus puisque les hélicoptères et les drones qui doivent arriver sous peu nécessitent des pilotes, des mécaniciens et des contrôleurs aériens.
"Pour plaire aux Américains, ils n'en sont pas à une incongruité près. C'est décevant, c'est contre l'esprit de tout ce qui avait été discuté aux Communes", a fait valoir le député bloquiste, Mario Laframboise.
C'est aussi l'avis du chef du NPD, Jack Layton. "C'est dommage (...) parce que ce n'est pas ce qui a été adopté par la Chambre des communes", a-t-il noté.
Du côté libéral, on ne voit pas de problème avec cette décision du gouvernement. Il fallait plutôt s'y attendre à cause des exigences liées aux hélicoptères, a expliqué le porte-parole libéral en matière d'affaires étrangères, Bryon Wilfert.
Les libéraux, qui ont donné leur appui à la motion étirant la mission jusqu'en 2011, ne seraient pas près cependant à accepter toute augmentation de troupes pour autant. "J'aurais un problème si M. Emerson nous disait que des troupes supplémentaires étaient nécessaires" au-delà des soldats requis pour faire fonctionner les hélicoptères, a indiqué M. Wilfert.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne