OTTAWA - Si le premier ministre Stephen Harper déclenche un scrutin général, une hypothèse qui pourrait se concrétiser plus tard cette semaine, quatre élections partielles seront annulées, ce qui non seulement laissera aux contribuables une facture de 3,5 millions $, mais affectera aussi bon nombre de bénévoles.
Dans les quatre circonscriptions où des élections partielles sont déjà en marche, certains bénévoles puisent dans leurs économies pour poursuivre leur travail auprès des candidats. Plusieurs d'entre eux pensent qu'ils ne pourront poursuivre leur travail si M. Harper va de l'avant.
"Je n'en ai pas les moyens", affirme Amanda Judd, une bénévole du Parti vert.
Mme Judd, une étudiante à l'Université Queen, a laissé un emploi d'été à plein temps il y a quelques semaines afin d'occuper le poste de coordonnatrice du vote des jeunes dans la campagne de Mike Nagy, candidat dans la circonscription de Guelph, en Ontario.
"Agir à titre de bénévole pour cette campagne m'apparaissait beaucoup plus utile que d'amasser de l'argent en travaillant chez Subway, a imagé Mme Judd. Je me suis assurée d'avoir assez d'argent dans mon compte bancaire pour payer le loyer de septembre et j'ai payé mes livres pour la session d'automne avec ma carte de crédit."
Mme Judd a confié qu'elle retournera aux études cette semaine, et que si jamais des élections générales étaient déclenchées, elle puisera dans son prêt étudiant afin de prolonger son implication.
Selon elle, l'élection de son candidat est plus importante qu'un chèque de paie, mais elle a admis être frustrée par le coût d'une élection partielle.
"Beaucoup d'argent a été investi dans cette élection partielle, non seulement par les gens du coin, mais aussi par Elections Canada", a fait remarquer Mme Judd.
Selon Elections Canada, un scrutin partiel coûte en moyenne 892 000$ par circonscription.
"Si un scrutin général est déclenché, même deux jours avant la tenue d'une élection partielle et que celle-ci est annulée, on interrompt les démarches relatives à l'élection partielle et on amorce le processus relatif au scrutin général", a confirmé John Enright, porte-parole à Elections Canada.
Cela signifie, selon M. Enright, "qu'un montant d'argent minimal" serait récupéré des sommes déjà déboursées depuis le début de ces quatre campagnes électorales partielles.
Le coût total d'une élection partielle englobe également le remboursement de 60 pour cent des dépenses des candidats, à condition qu'ils obtiennent 10 pour cent du vote. Mais si les élections partielles sont annulées, Elections Canada remboursera les dépenses des candidats non couvertes par les dons.
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