OTTAWA - Un surplus budgétaire de 1,7 milliard $ engrangé en juin est venu compenser pour les déficits rapportés en avril et en mai, ce qui permet au gouvernement fédéral de terminer le premier trimestre de l'exercice dans le noir.
Grâce à la solide performance de juin, Ottawa complète ce premier trimestre riche d'un surplus budgétaire de 1,2 milliard $, contre 5,6 milliards $ pendant la même période l'an dernier.
Le gouvernement avait précédemment révélé avoir perdu 500 millions $ pendant les deux premiers mois de l'exercice. Il a toutefois renversé la vapeur en juin, avec un surplus de 1,7 milliard $.
Les revenus tirés des impôts ont progressé de 500 millions $ en juin, comparativement au même mois un an plus tôt.
Dans le budget déposé en février, le ministre des Finances, Jim Flaherty, avait prévenu que l'époque des surplus énormes étaient révolue en raison des réductions des impôts des entreprises et des particuliers.
Il avait alors anticipé un surplus de 2,3 milliards $ pour l'exercice et de 1,3 milliard $ en 2009-2010.
Le ministère des Finances affirme que, règle générale, les développement survenus pendant les trois premiers mois de l'exercice 2008-2009 correspondent aux attentes budgétaires.
M. Flaherty a toutefois prévenu, par voie de communiqué vendredi, qu'il est encore trop tôt pour tirer des conclusions pour la totalité de l'exercice, et que sa mise à jour économique de l'automne fournira un aperçu plus juste.
Il a affirmé que le Canada ne plongera pas dans le rouge cette année, tout en rappelant que "l'économie mondiale commence à ralentir et le Canada n'est pas une île".
Le porte-parole libéral en matière de finances, John McCallum, a déclaré que le ministre admet enfin ce que d'autres savent depuis des mois - que la croissance ralentit de manière importante.
"Mais rien ne nous démontre encore que Flaherty comprend que l'économie canadienne est dans le pétrin, a-t-il dit. Où est son sens du désespoir?"
Le surplus de juin a été engrangé même si les dépenses fédérales ont bondi de 1,7 milliard $, ou 11,1 pour cent en un an. Cette augmentation est toutefois surtout attribuable aux paiements de péréquation versés aux autres gouvernements.
Le ministère des Finances ajoute que les dépenses seront probablement plus élevées jusqu'au milieu de l'exercice, avant de ralentir un peu.
Mais John Williamson, de la Fédération canadienne des contribuables, accuse plutôt le gouvernement conservateur de dépenser de manière irresponsable.
"Les conservateurs continuent de prétendre que leurs dépenses vont augmenter de 3,4 pour cent pendant l'exercice, mais ils ont prouvé depuis qu'ils ont pris le pouvoir qu'ils sont incapables de s'empêcher de dépenser", a-t-il dit.
Il a ensuite reproché au gouvernement d'avoir engagé tellement de dépenses qu'il lui sera maintenant impossible de réduire les impôts.
Les problèmes de l'économie américaine suscitent aussi certaines inquiétudes au nord de la frontière.
Le taux d'inflation a atteint 3,4 pour cent au Canada en juillet, son niveau le plus élevé en cinq ans. Le taux de chômage a reculé à 6,1 pour cent en juillet, mais cela est essentiellement dû aux chômeurs qui ont abandonné leurs recherches.
M. Flaherty a ajouté que les prévisions de croissance ont été revues à la baisse pour cette année.
"On ressent les contrecoups de facteurs économiques mondiaux qui échappent au contrôle de tout gouvernement et de tout individu, a-t-il dit. Si nous prévoyons une croissance économique positive pendant l'exercice, les prévisions de croissance réelle du PIB au Canada, en fonction des prévisions du secteur privé, sont maintenant de 1,1 pour cent en 2008, contre 1,7 pour cent lors des projections budgétaires."
Il affirme toutefois que le Canada est bien placé pour résister à la tourmente économique mondiale.
"Nos assises économiques sont solides", a-t-il dit.
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