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L'homme à la tête de l'empire de la chaussure Bata s'éteint à l'âge de 93 ans

Presse Canadienne Article mis en ligne le 31 août 2008 à 23:00
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L'homme à la tête de l'empire de la chaussure Bata s'éteint à l'âge de 93 ans
Tomas Bata, le 22 juin, 2008, en Prague.THE ASSOCIATED PRESS/Petr David Josek
TORONTO - Thomas Bata, l'homme à la tête de l'empire canadien de la chaussure Bata, s'est éteint lundi à l'âge de 93 ans dans un hôpital de Toronto.
Né en République tchèque le 17 septembre 1914, Thomas Bata s'était exilé au Canada en 1938 en raison de la montée du nazisme. Sept ans plus tard, après avoir servi dans l'armée canadienne durant la Deuxième Guerre mondiale, il est retourné dans sa ville natale. Il n'y est toutefois pas resté longtemps, les communistes arrivés au pouvoir après la guerre ayant saisi son usine et rebaptisé sa société.
C'est le directeur de la Fondation Thomas-Bata en République tchèque qui a annoncé lundi la mort de l'homme d'affaires. Pavel Velev n'a pas précisé la cause du décès.
Il avait fallu 40 ans à Thomas Bata pour être de nouveau accueilli dans son pays natal. A l'époque de l'effondrement du bloc communiste en 1989, c'est le dissident Vaclav Havel, qui deviendra par la suite président de la République tchèque, qui lui a demandé de revenir au pays.
Vaclav Havel lui a décerné en 1991 l'Ordre Tomas-Garrigue-Masaryk, la plus haute distinction tchèque. L'industriel s'était rendu pour la dernière fois en République tchèque en juin dernier.
Thomas Bata a dirigé les destinées de la compagnie Bata des années 1940 jusque dans les années 1980. Il a aussi agi à titre de président de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Le président de la République tchèque, Vaclav Klaus, a salué lundi la mémoire de l'une des plus grandes personnalités de son époque. "En dépit d'une mauvaise fortune dans son pays natal, il a obtenu un succès mondial et est devenu pour nous un symbole de la réussite en affaires. Il va tous nous manquer", a déclaré M. Klaus.
Etabli à Toronto, Thomas Bata soutenait le mouvement dissident dans son pays natal et présentait son empire de la chaussure comme un exemple de réussite du système démocratique.
Thomas Bata laisse dans le deuil son épouse, ses trois filles et son fils, George Bata, qui a pris les rênes de la compagnie en 2001.
Le père de Thomas, Tomas Bata, avait fondé l'entreprise en 1894 dans sa ville natale de Zlin. Il était le neuvième d'une génération de cordonniers.
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