OTTAWA - Les partisans d'un Canadien menacé de décapitation en Arabie saoudite affirment qu'il a épuisé tous ses recours juridiques et que sa survie dépend maintenant d'une intervention politique au plus haut niveau.
L'appel logé par Mohamed Kohail, un Montréalais de 23 ans, a été rejeté il y a quelques jours.
Alors qu'une décision écrite est attendue dès samedi, les seuls espoirs du garçon pour éviter la décapitation reposent sur la Cour suprême d'Arabie saoudite ou sur la grâce du roi saoudien.
Sultan Kohail, 18 ans, et son frère Mohamed ont été accusés après une bagarre qui a impliqué une vingtaine d'adolescents dans une cour d'école, en janvier 2007. La victime, Munzer Haraki, a succombé à des blessures internes.
Sultan Kohail fait face à des accusations similaires, mais sa cause a été portée en appel et il a été libéré moyennant une caution. Les deux frères soutiennent que le système judiciaire saoudien ne leur a pas permis d'avoir un procès équitable.
"En fait, d'un point de vue légal, Mohamed Kohail a épuisé toutes ses possibilités, a déclaré le porte-parole de la famille, Mahmoud Al-Ken. Les choses ne vont pas bien du tout pour la famille et elle demande au gouvernement canadien de faire tout ce qu'il peut pour venir en aide à ses fils."
Le député libéral ontarien Dan McTeague, qui a toujours appuyé la famille montréalaise dans ses démarches, a lui aussi demandé l'intervention du gouvernement canadien. Il exige qu'Ottawa établisse sans délai un contact direct avec le pouvoir monarchique saoudien pour sauver la vie de Mohamed Kohail.
"J'ai bon espoir, si le gouvernement canadien s'implique, que M. Kohail aura une chance de voir sa vie épargnée" ,a-t-il déclaré.
Un porte-parole du ministre fédéral des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a dit être au courant de la situation fâcheuse dans laquelle se trouve le jeune montréalais. Il a assuré que des représentants avaient été dépêchés auprès des chargés d'affaires saoudiens présents à Ottawa.
"Le ministre entend communiquer avec son homologue saoudien sous peu pour réitérer les préoccupations du gouvernement canadien", a dit Lisa Monette.
Tout récemment, l'oncle de M.Kohail, Raouf Shantaf, a tenté de rencontrer la famille de la victime afin de dialoguer avec elle dans l'espoir de régler cette affaire à l'amiable. En Arabie Saoudite, la famille d'une victime peut accepter une compensation financière au lieu que la personne reconnue coupable soit exécutée.
Les frères Kohail, d'origine palestinienne, sont citoyens canadiens depuis 2005.
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