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Le PQ accuse les libéraux de vouloir cacher un déficit budgétaire

Presse Canadienne Article mis en ligne le 5 novembre 2008 à 1:00
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Le PQ accuse les libéraux de vouloir cacher un déficit budgétaire
La chef péquiste Pauline Marois lors d'un point de presse mercredi. LA PRESSE CANADIENNE /Jacques Boissinot
NICOLET - Après avoir accusé les libéraux de déclencher des élections pour cacher l'état déficitaire des finances publiques, mercredi, la chef péquiste Pauline Marois a amorcé sa campagne dans la région de Trois-Rivières, un fief adéquiste.
Mme Marois, qui vise l'élection d'un gouvernement péquiste majoritaire, a évoqué le fait que le premier ministre sortant Jean Charest n'a pas déposé à l'Assemblée nationale les plus récents états financiers vérifiés du gouvernement, alors que cela se fait habituellement à cette période de l'année.
En lançant sa campagne dans le grand hall de l'Assemblée nationale, à Québec, elle s'est aussi interrogée sur les intentions de M. Charest relativement à sa décision de ne pas avoir soumis au débat des parlementaires le contenu de son énoncé économique, qui a été présenté mardi par la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget.
"Elle n'a pas eu le courage de déposer le tout à l'Assemblée nationale pour au moins avoir une petite réplique de cinq minutes, a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse qui a suivi le déclenchement des élections. Alors il me semble que dans ce temps-là, c'est parce qu'on veut nous camoufler quelque chose."
Selon Mme Marois, qui amorce sa première campagne à titre de chef du PQ, les libéraux ne veulent pas admettre qu'il y a un déficit.
Mardi, Mme Jérôme-Forget a plutôt assuré qu'il n'y aurait pas de déficit d'ici 2010, notamment grâce à des réserves budgétaires. Le vérificateur général Renaud Lachance a par la suite remis en question la façon dont le gouvernement a présenté sa plus récente mise à jour économique, estimant qu'il a accumulé un déficit de 5,8 milliards $.
M. Lachance a ajouté que malgré le fait que les états financiers de l'année 2007-2008 sont prêts, le gouvernement ne les a pas déposés en Chambre.
Avant de quitter pour la région de Trois-Rivières, Mme Marois a aussi ridiculisé le bilan des libéraux.
Elle a notamment raillé leurs difficultés dans les projets de construction de l'Université du Québec à Montréal et du Centre hospitalier universitaire de Montréal.
Mme Marois a aussi déploré l'inaction du gouvernement quant au recul du français à Montréal et sa mauvaise gestion de la crise du fromage.
"M. Charest n'a rien fait, depuis un an et demi, à part de faire de la publicité, du marketing et de belles images, a-t-elle dit. Il ne prend pas de décisions. Pendant ce temps-là l'économie recule, le français recule."
En soirée, à Nicolet, Mme Marois a affirmé qu'elle dévoilera, jeudi, des mesures d'urgences pour faire face à la crise financière, comme les péquistes l'avaient fait au lendemain des attentats de septembre 2001, qui avaient perturbé l'économie.
"Nous, au Parti québécois, nous sommes prêts à faire face à la musique", a-t-elle dit, après avoir présenté le candidat péquiste Jean-Martin Aussant, un économiste qui tentera de reconquérir la circonscription de Nicolet-Yamaska, que l'ADQ a arrachée au PQ au scrutin de 2007.
Jeudi, Mme Marois fera campagne dans le comté de Saint-Maurice, qui est passé lui aussi dans le giron adéquiste il y a 18 mois.
A Shawinigan, la chef péquiste sera ainsi en plein coeur d'un fief adéquiste, où le chef de l'ADQ, Mario Dumont, fera lui aussi campagne jeudi.
Plus tôt, Mme Marois a soutenu qu'un Québec souverain serait mieux placé pour répondre à la crise financière, mais elle a prévenu que le débat sur l'indépendance ne sera pas l'objet de la campagne électorale.
Les troupes péquistes ne cacheront pas leur projet de souveraineté, mais Mme Marois a répété que ses troupes avaient un travail de "remobilisation" à faire auprès de la population et que la campagne sera un bon moment pour rappeler que le PQ est le parti le mieux placé pour défendre les intérêts des Québécois.
"Nous dirons comment le Québec est gagnant à chaque fois qu'on va chercher des pouvoirs, à chaque fois qu'on progresse", a-t-elle dit.
Mme Marois estime que si le Québec contrôlait ses leviers économiques, tels que les impôts, il pourrait prendre ses décisions sans quémander à Ottawa.
"Cependant, ce n'est pas l'objet actuel de la campagne électorale que de faire porter le débat sur la souveraineté, mais nous ne cacherons pas notre projet", a-t-elle dit.
Mme Marois a dit espérer que le vent de changement qui a soufflé aux Etats-Unis, avec l'élection présidentielle, soufflera au Québec durant la présente campagne.
"On va aider à ce que ce petit vent de changement traverse la frontière, a-t-elle dit. Le 8 décembre prochain, nous connaîtrons aussi un changement."
Mme Marois a admis qu'elle aura peut-être à combattre une "certaine image" que la population a d'elle.
"J'ai décidé que je resterais profondément moi-même, que je ne m'inventerais pas un personnage", a-t-elle dit.
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