Production laitière
L’Avenir de la ferme laitière
Normand Trodechaud, dir.
Syndicat des producteurs laitiers
du Centre-du-Québec
Plus de 100 producteurs laitiers du Centre-du-Québec se sont réunis le 28 février 2007 pour réfléchir sur l’avenir de la ferme laitière et de la mise en marché des produits laitiers. Qualité de vie, relève, stabilité des revenus, formation, taille et rentabilité des fermes, gestion de l’offre et marchés de niche… Les producteurs en avaient long à dire!
État de la ferme laitière aujourd’hui
En général, les producteurs considèrent que leur qualité de vie s’est améliorée globalement, en bonne partie grâce à une mécanisation plus poussée et à un bon réseau d’intervenants, du moins pour le Centre du Québec. La relève est présente pour la majorité des fermes, mais l’intégration de celle-ci ne va pas sans difficulté. La stabilité des revenus est un facteur important dans le maintien et la poursuite de la ferme dite familiale. La hausse du niveau d’endettement et l’incertitude quant au maintien de notre structure de mise en marché (OMC) font peur à la relève en production laitière.
La formation de base ainsi que la formation permanente sont jugées primordiales pour le bon fonctionnement et la rentabilité d’une ferme.
Un des principaux problèmes vécus par les producteurs est le manque de main-d’œuvre. La main-d’œuvre de qualité est rare et par le fait même dispendieuse.
Les producteurs désirent continuer à avoir le choix de la taille des fermes.
À cause de la faible rentabilité des fermes, les investissements sont plus difficiles à rentabiliser. Il y a de plus en plus de contraintes extérieures, entraînant par le fait même plus de gestion et de paperasse. L’appui des gouvernements se fait en plus en plus discret, donc l’appui financier devient insuffisant. Le prix des intrants augmente plus rapidement que les revenus.
Nous percevons un manque de solidarité entre producteurs alors qu’il faudrait qu’il y en ait plus car notre poids politique est de plus en plus faible. Manque aussi de coopération entre les transformateurs et les producteurs (ingrédients laitiers). Le nombre de fermes diminuant constamment, les producteurs se sentent de plus en plus isolés.
L’avenir de la ferme laitière
Les producteurs sont d’avis qu’il faut continuer de permettre le libre choix quant à la taille des fermes, mais en conservant le caractère familial, même s’il semble inévitable que la ferme moyenne sera plus grosse dans l’avenir.
Nous devrions développer la coopération entre producteurs. Nous devrions faire preuve d’imagination afin d’améliorer nos relations avec les citoyens et consommateurs. Sensibiliser le consommateur à l’importance de conserver une agriculture viable et équitable pour tous. Nous devrions aussi développer de nouveaux modes de transfert de ferme afin de conserver son caractère familial, tout en demeurant viable.
Il faut aussi continuer le virage environnemental avec une aide plus soutenue de l’État. Mettre l’accent sur la formation continue (incitatif), afin de demeurer concurrentiels. Devenir de plus en plus spécialisés et trouver de nouvelles solutions afin d’abaisser les coûts par l’augmentation de la productivité.
La mise en marché aujourd’hui
Les producteurs se sont assez bien positionnés de par les structures qu’ils se sont données : UPA, Fédération des producteurs de lait du Québec, Valacta, CIAQ, l’abattoir Lévinoff Colbex.
De plus, nous avons fait une place pour les petits créneaux, tels fromages artisanaux, lait biologique, lait cascher, lait oméga 3, pour des consommateurs de plus en plus informés et exigeants.
La gestion de l’offre doit être conservée en mettant tout en œuvre pour s’assurer de l’appui des consommateurs et des gouvernements. Il faut continuer les ententes entre producteurs (P5 – P10).
L’avenir de la mise en marché
Nous devons continuer de développer les petits marchés de niche et axer l’avenir de la production sur la qualité de nos produits, autant que sur la diversité de ceux-ci. Nous devrions accentuer la recherche de nouveaux produits. Planifier à moyen et à long terme la gestion de la mise en marché. Prévoir un plan B dans le cas de la perte de la gestion de l’offre, et donc, du contrôle des importations.
Mettre toutes nos énergies pour le maintien de cette gestion de l’offre. On doit conserver nos marchés de masse, « le lait écologique ». De plus en plus, nous devrons mettre en place les forces de nos organisations (FPLQ, Coopérative). Continuer notre adaptabilité face aux goûts et aux attentes des consommateurs. Maintenir et développer les liens avec les autres groupes de producteurs. La Fédération des producteurs de lait du Québec devra faciliter l’accès aux produits à nos petits transformateurs. Elle devra aussi s’assurer que la valeur des quotas s’enligne sur les revenus de la ferme.
Il faut singulariser nos produits, entre autres par l’étiquetage et s’assurer que nous finançons la promotion de produits canadiens.