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De l’eau : du champ au robinet

Gestion de l’eau

Article mis en ligne le 3 avril 2007 à 13:55
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 De l’eau : du champ au robinet
Tableau 1.
De l’eau : du champ au robinet
Gestion de l’eau
Les cas de maladies mortelles suite à l’ingestion d’eau contaminée, tels que ceux survenus à Walkerton en mai 2000 (7 décès, 2300 malades) sont heureusement rares au Canada. Toutefois, cet événement dramatique est venu nous rappeler de façon brutale le potentiel de transmission de maladies infectieuses par l’eau. La consommation d’eau contaminée par des matières fécales peut affecter autant la santé des humains que des animaux. Combinée à de meilleures pratiques agricoles, urbaines et d’exploitation forestière, la présence de bandes riveraines contribuent à limiter la contamination microbiologique de l’eau constituant un risque pour la santé humaine.
Des microorganismes pathogènes (qui peuvent provoquer la maladie), tels que le E. coli O157H7, la salmonelle, le Campylobacter et le Cryptosporidium peuvent être présents dans les selles de certains humains et animaux. Certains de ces pathogènes ont une bonne capacité de survie dans l’environnement. Par exemple, le E. coli O157H7 et le Campylobacter (responsables de la tragédie de Walkerton) peuvent survivre jusqu’à plusieurs semaines dans le sol et l’eau. Par conséquent, les eaux de ruissellement contiennent parfois des microorganismes dangereux pour la santé humaine et animale. La présence de bandes riveraines contribue à retrancher une partie de ces microorganismes des eaux de ruissellement avant qu’ils n’atteignent le cours d’eau, améliorant la qualité microbiologique de l’eau pour tous les utilisateurs d’eau situés en aval.

Les microorganismes pathogènes étant généralement d’origine fécale, la qualité microbiologique de l’eau est évaluée par la concentration de coliformes fécaux, des bactéries qui proviennent des matières fécales produites par les humains et les animaux à sang chaud. La concentration en coliformes fécaux définit les usages récréatifs permis (voir tableau 1). Les données disponibles pour les principaux plans d’eau de la région nous indiquent que plusieurs secteurs sont, particulièrement après de fortes pluies, impropres à la baignade et autres activités impliquant un contact direct avec l’eau (baignade, kayak, moto marine et planche à voile) (entre 200 et 1000 coliformes fécaux par 100 millilitres). Certains secteurs sont même parfois impropres à toute activité (canotage, pêche sportive, voile, etc.) (plus de 1000 coliformes fécaux par 100 ml).

De nombreuses études ont permis d’observer l’apparition de problèmes de santé lors de la baignade ou de la pratique de sports aquatiques en eau contaminée par des microorganismes. Les plus fréquents sont les affections gastro-intestinales comme la diarrhée, les infections des voies respiratoires supérieures, des yeux, des oreilles, du nez ou de la gorge, de même que les affections de la peau.

En ce qui concerne l’eau potable, un traitement adéquat permet une élimination efficace de la contamination. Autrement, un avis d’ébullition est émis. Une minute d’ébullition à gros bouillons permet l’inactivation de tous les microorganismes pathogènes transmissibles par l’eau. Une trentaine d’avis d’ébullition sur des réseaux réglementés (alimentés en eau souterraine ou de surface) sont ainsi émis à chaque année au Centre-du-Québec. La gastro-entérite demeure le problème de santé humaine le plus courant associé à la consommation d’une eau contaminée.

Abreuver des animaux avec une eau contaminée n’est également pas sans risque pour leur santé et leur prise de poids, ce qui peut conduire à une réduction de l’indice de conversion et de la productivité des élevages.

En protégeant les bandes riveraines, les producteurs agricoles deviennent un des acteurs importants de l’amélioration de la qualité microbiologique de l’eau d’un bassin versant. Un simple geste, qui a un impact important sur la santé humaine et animale!

La contamination microbiologique de l’eau est une des motivations de l’Agence de santé à s’impliquer dans des démarches en milieu agricole. L’Agence de santé est notamment impliquée dans le projet MÉANDRES pour l’amélioration de la qualité de l’eau et des écosystèmes.

Agence de la santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec

Direction de santé publique. Santé et environnement. www.agencesss04.qc.ca

Pour plus d’information :

MAPAQ. Bonne pratiques agroenvironnementales. Risques à la santé :

www.mapaq.gouv.qc.ca

MAPAQ. Projet MÉANDRES :

www.mapaq.gouv.qc.ca

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