Pratiquement tous les producteurs de céréales ont déjà cultivé du blé. Pour certains, cette culture se veut « un mal nécessaire dans ma rotation » : les bénéfices de cette culture sont majeurs au niveau du sol, mais au niveau du rendement, les avis divergent. Mère nature est presque toujours montrée du doigt lorsque la récolte n’est pas là! Mais est-ce vraiment ça faute? Voici quelques points à suivre afin de ne plus être déçu de cette culture!
Choisir de bons champs
Lorsqu’on veut obtenir de bons rendements de grains et de paille, il faut que la banque de mauvaises herbes, vivaces et graminées surtout, soit faible ou contrôlée. Les champs choisis doivent aussi être bien égouttés et bien nivelés. Le blé n’aime pas les cuvettes et le respect de ces caractéristiques vous faciliteront le contrôle des mauvaises herbes (on contrôle principalement les feuilles larges annuelles) et vous permettra de récolter facilement votre culture. Évitez de semer sur des retours de maïs ou de céréales afin de vous prémunir des maladies telles la fusariose qui peut faire déclasser votre blé à cause des vomitoximes. Prendre son pire champ, c’est se tirer dans le pied et c’est surtout hypothéquer le rendement et la qualité de sa récolte.
Semer le plus tôt possible
Tous s’entendent pour dire que plus tôt le blé est semé, meilleurs seront les rendements. À cette fin, il est possible de semer le blé sur sol gelé ou encore de faire un semis direct de blé dans un retour de soya. Le blé adore les conditions froides contrairement aux mauvaises herbes. Cette caractéristique lui permettra de se démarquer des mauvaises herbes et même de les étouffer. Voilà comment rendre le blé vainqueur face aux mauvaises herbes!
Semer une population adéquate
Ce point est très important. Une population forte peut entraîner une hausse du risque de maladies telle la fonte des semis mais combattra efficacement les mauvaises herbes tandis qu’une population faible aura les effets inverses. Il est aussi très important de comprendre que les « trous » dans les rangs causés par des plants morts seront essentiellement comblés par des mauvaises herbes et non par le tallage des plants, surtout si le désherbage mécanique et/ou chimique tarde. Lors de la planification de votre population visée, il faut prévoir le stress du désherbage, surtout mécanique, qui entraînera une certaine perte de plants. Visez 460 plants établis /m2 : Tenir compte des pertes de sarclage (environ 10%), du taux de germination (environ 85%) et du poids 1000 grains pour établir votre dose de semis (kg/ha).
Semer à une bonne profondeur
La profondeur de semis idéale est à environ 1 pouce. On peut parfois semer plus profondément dans certains sols. Par contre il n’est pas recommandé de semer moins profondément car le plateau de racines qui se forme au-dessus de la graine sera trop superficiel et le plan sera plus vulnérable aux périodes de sécheresse. Les semis les plus performants sont ceux situés dans la zone de ½ à 1½ pouce. Assurez-vous d’avoir un bon semoir bien calibré de même qu’un lit de semence bien préparé. N’oubliez pas non plus que tous vos grains ne germeront pas et que même si un grain germe, ça ne veut pas dire qu’il va bien s’établir. Des semis trop profonds augmenteront ces risques. Les grains semés trop profondément sont plus sensibles à la fonte des semis. Ils auront épuisé toute leur énergie avant d’être sortis du sol et s’ils y parviennent, ils auront plusieurs jours de retard et seront étouffés par les plants sains. Ces plantules mourront et laisseront des « trous » dans les rangs. Ces plantules auront surtout consommé des minéraux, de l’eau et de la lumière qui auraient pu être plus bénéfiques aux plants sains! Sortez donc de votre tracteur de temps en temps et creusez pour vérifier la profondeur de vos grains : vous serez étonné de ce que vous verrez!
Éviter le tallage
Tel que dit précédemment, il ne faut pas compter sur le tallage pour compenser une faible population. Deux plants ayant chacun un épi contrôle mieux les mauvaises herbes qu’un seul plant comportant deux épis. De plus, les grains obtenus d’un seul épi par plant sont plus gros et plus lourds que si le plant répartit son énergie entre plusieurs épis. Visez donc une récolte faites sur les épis principaux et votre rendement sera meilleur!
Limiter la fertilisation azotée
Ne pas surfertiliser le blé car ces excès d’azote profiteront aux mauvaises herbes et les risques de verse et de fusariose augmenteront. La règle de l’art pour atteindre de bons niveaux de protéines dans les grains est de fractionner la dose : visez une partie de votre azote au semis et la balance après le tallage afin d’assurer un bon remplissage des grains!
En vous remémorant ces six notions essentielles, la culture du blé sera maintenant un jeu d’enfant! Si vous avez des doutes ou si vous désirez plus d’informations n’hésitez pas à consulter vos conseillers en agroenvironnement de votre club-conseil ou visitez notre site web au
www.durasol.qc.ca.