Le chargé de projet, Éric Perreault, et le président du CRECQ, Yvon Camirand, entourent des signataires de «l'engagement moral» pour la préservation des forêts, Marjolaine Rancourt, Simon Lapointe et le maire de Warwick, Claude Desrochers.
Des propriétaires forestiers s'engagent dans la préservation
La réalisation d'un projet de préservation d'habitats forestiers exceptionnels au Centre-du-Québec, piloté par le Conseil régional de l'environnement du Centre-du-Québec (CRECQ), a mené 22 propriétaires de forêts privées à signer une déclaration d'intention, «un engagement moral» pour préserver leurs ressources.
Le projet, tirant à sa fin, a pris son envol en juin 2006. «Nous avons procédé à une étude de caractérisation de certaines forêts pour recenser leur potentiel exceptionnel. Une trentaine de sites ont été visités et nous avons finalement retenu les 14 meilleurs sites dans les MRC d'Arthabaska et de Drummond. Il nous fallait prioriser ainsi en raison du temps et du budget limités», a expliqué Éric Perreault, chargé de projet au CRECQ.
À l'été 2006, deux techniciennes du CRECQ, parfois accompagnées de deux botanistes du ministère des Ressources naturelles et de la Faune, ont visité les forêts retenues. «Les données recueillies ont permis de rédiger un cahier personnel pour les propriétaires qu'on a rencontrés sur une base individuelle dans le but de les sensibiliser à la gestion durable et de leur faire découvrir certains aspects méconnus de leur forêt», a souligné le chargé de projet.
Ces propriétaires ont ensuite été invités à signer la déclaration d'intention. Cinq l'ont fait dans les MRC d'Arthabaska et de Drummond. Il s'agit de la Ville de Warwick, de Bernard Blais et Lise Guillemette de Warwick, de Simon Lapointe et Marjolaine Rancourt de Victoriaville de même que Terence Coddington et Donna Johnston et André Robert Mathews de Drummondville.
Un certificat de reconnaissance est remis à ces propriétaires qui recevront aussi des panneaux de signalisation pour afficher clairement leur volonté de préserver la qualité et l'intégrité de leur forêt.
Au CRECQ, on reconnaît l'importance de la forêt. «La forêt rend service à l'être humain en contribuant, entre autres, à la biodiversité et à la purification de l'air, a indiqué le président Yvon Camirand. Mais il existe des espèces en danger. Heureusement, aussi, il reste des échantillons exceptionnels.»
La forêt, a-t-il poursuivi, couvre 50% du territoire centricois et c'est dans la MRC de l'Érable où le pourcentage est le plus élevé. Et en presque totalité, 96%, la forêt au Centre-du-Québec appartient à des intérêts privés.
En recevant le certificat de reconnaissance pour sa municipalité, le maire de Warwick, Claude Desrochers, a dit croire aux vertus de la forêt. «L'arbre et moi, nous sommes de grands amis, a-t-il confié. Moi, personnellement, j'ai toujours eu le culte de l'arbre. Je n'ai jamais pu abattre un arbre sain sans aucune raison valable».
Agriculteur de métier, il signale aussi l'importance de la forêt vis-à-vis l'agriculture. «La forêt et l'agriculture cohabitent très bien. La forêt protège même l'agriculture, la protège des vents notamment.»
Le maire Desrochers, au nom de la Ville, s'est dit heureux de pouvoir participer à cet effort de protection. «On ne savait pas l'intérêt porté à notre forêt située en bordure de la rivière des Pins dans notre aire de protection d'un puits. D'ailleurs, la forêt, a-t-il ajouté, constitue la meilleure façon de le protéger.»
Un projet de piste cyclable longeant cette forêt, permettra éventuellement aux citoyens de la découvrir.
La forêt visitée à Warwick dans le cadre du projet représente un site exceptionnel. «Un site qui revêt une importance nationale, a commenté Denis Villeneuve du ministère des Ressources naturelles. On y a recensé une population de noyers cendrés, une espèce en péril au pays en raison d'une maladie qui entraîne sa disparition complète. On juge la population d'arbres assez importante à Warwick pour constituer un site d'importance pour sa conservation.»
Mais le ministère n'impose pas la conservation sur des terres privées. «Mais on va tout faire pour accompagner les villes et les propriétaires concernés en matière de conservation», a complété M. Villeneuve.
Quant au Victoriavillois Simon Lapointe, copropriétaire d'une terre à Princeville avec Marjolaine Rancourt, le projet lui a aussi été profitable. «J'ai découvert certains coins méconnus de ma forêt. On y retrouve notamment de l'ail des bois», a-t-il mentionné.
On ne peut dire si le projet réalisé aura une suite. «Mais il serait intéressant d'assurer un suivi auprès des propriétaires, de les mettre en réseau et de continuer à leur fournir de l'information. On pourrait, sait-on jamais, les accompagner dans la constitution d'une réserve naturelle en milieu privé», a conclu Éric Perreault.