Les profs Denis La France et Ghislain Jutras entourent les producteurs Pierre Labonté et Simon Halde.
Retour du Brésil, avec plus de questions que de réponses
De ce voyage d’études au Brésil que viennent d’effectuer une quarantaine de participants de tous les coins du Québec, «on ne revient pas tant avec des réponses, qu’avec des questions!», a résumé Denis La France, enseignant en agriculture biologique au cégep de Victoriaville.
Il pilotait ce voyage de formation et de transfert technologique, à la demande du Syndicat des producteurs de grains biologiques du Québec.
Durant deux semaines, le groupe composé de producteurs biologiques, de profs, de chercheurs, d’agronomes et de techniciens, a pris la mesure de l’agriculture brésilienne. «C’est un géant en émergence, en train de dépasser les États-Unis», a dit M. La France.
Du million de fermes brésiliennes, 30 000 sont certifiées biologiques, ce qui représente la même proportion que les entreprises biologiques dans le paysage québécois (900 fermes sur 30 000).
Le voyage visait surtout à voir comment, on s’y prend pour cultiver des grains biologiques sur de très grandes surfaces. Le Brésil posséderait, dans ce domaine, une longueur d’avance d’au moins dix ans sur les producteurs québécois.
Deux des participants au voyage, le producteur laitier et de grandes cultures Simon Halde de Saint-Mathias-de-Richelieu, et Pierre Labonté, producteur de bovins et de céréales de St-Germain-de-Grantham, sont revenus du Brésil, admiratifs des techniques de travail minimum du sol et avec le projet de tester le semis direct.
Certes, ont-ils ajouté, le climat brésilien ne ressemble pas à celui du Québec et les techniques culturales diffèrent. Mais à force de visites, de conférences, d’échanges, par exemple, sur le travail minimum du sol, un producteur comme Simon Halde croit qu’il pourrait vaincre ses «peurs». «On a toujours peur de perdre le contrôle sur les mauvaises herbes!»
Denis La France dit de ce genre de voyage d’études qu’il donne aux participants le goût, au retour, de faire des expériences. «On revient avec des nouvelles façons de voir.»
Son collègue, l’enseignant Ghislain Jutras, mentionne que, mieux qu’un colloque, le voyage d’études favorise davantage les échanges entre les participants, puisqu’ils sont toujours ensemble, deux semaines durant. «Toutes les discussions qu’on a dans l’autobus!»
Comme plusieurs partenaires participent au projet, le voyage d’études devrait aussi «semer ses graines», donner aux intervenants d’ici des idées pour soutenir telle initiative, de développer tel équipement, etc.
Ce voyage d’études au Brésil était le deuxième du genre organisé par le cégep de Victoriaville, le premier ayant eu lieu en Suisse, en Allemagne et au Danemark. Prochaine destination? La Nouvelle-Zélande!, promet Denis La France, prêt à s’y rendre en éclaireur pour élaborer le programme de visites.
Les voyages ne forment pas que la jeunesse, «ils déniaisent le monde», se plaît-il à dire.