Prendre le virage de la recherche et du développement
Denis Remon, Ph.D., D.E.S.S.
Directeur des opérations scientifiques
Le Groupe Conseil R&D Agricole & Agroalimentaire du Québec
www.groupeconseil.orgInnover, vous dites?
Je rencontre partout des gens qui parlent d’innovation. C’est la mode dans tous les secteurs d’activités humaines dont, évidemment, l’agriculture et l’agroalimentaire. L’innovation semble être une sorte de nouvelle religion, prête à recevoir toute personne en quête d’une passion quelconque. Avons-nous raison et où mène l’innovation?
L’innovation, c’est…
L’innovation, c’est un processus et un résultat. C’est un processus qui marque son début par l’organisation de nouvelles idées et qui s’observe par les différentes démarches planifiées et structurées qui les guident. Le résultat net de l’innovation, c’est la concrétisation d’un projet ou d’une idée. C’est le nouveau produit, le nouveau procédé, la nouvelle machinerie, etc.
En ces temps de mondialisation, l’innovation n’est pas un caprice, mais une nécessité, voire une obligation. L’innovation ne consiste pas, la plupart du temps, à réinventer la roue, mais à mieux faire rouler celle qui existe déjà. La diversification de produits et le développement de produits de niche sont souvent le fruit d’un nouveau regard porté sur le travail plutôt que l’invention de nouveaux ingrédients.
Il en est de même pour la différentiation de produits. L’amélioration du positionnement de l’entreprise s’appuie, certes, sur ces nouveaux produits à valeur ajoutée mis en marché de manière savante, mais c’est surtout sur le plan structurel que ledit positionnement y gagne. Et ce positionnement peut compter sur un formidable levier financier encore trop peu exploité : les crédits d’impôt pour la recherche et développement (RS & DE).
Le moteur de l’innovation, c’est la R&D
On l’a dit, l’innovation va au-delà de la pratique courante de l’entreprise et de l’industrie. Elle s’appuie principalement sur la recherche et développement (R&D) pour trouver ingéniosité et créativité. C’est cette R&D qui en est le moteur. Et quel moteur! Tout salaire et frais afférents déboursés dans un projet de R&D peut recevoir jusqu’à 0,82 cents de remboursement pour chaque dollar investi! Pensons-y un instant. Disons que je mène un projet de R&D, c’est-à-dire que je modifie mon semoir ou ma billonneuse, je modifie mon procédé de transformation, je crée un nouveau dispositif sur ma machinerie ou je change ma régie d’élevage. Que se passe-t-il sous l’angle de la R&D?
Pour profiter des crédits d’impôt à la R&D, je dois encore ajouter un ingrédient : l’expérimentation. Modifier pour modifier n’est pas en soi un projet de R&D. L’amélioration continue d’une entreprise agricole non plus. Cependant, il est facile d’en changer le visage en ajoutant l’ingrédient de l’expérimentation. Pour l’Agence de revenu du Canada, l’expérimentation est fondamentale dans toute modification envisagée. C’est presque toujours l’expérimentation qui vient confirmer s’il s’agit d’un projet de R&D ou non.
Un exemple
Si mon entreprise est incorporée et qu’à titre d’actionnaire je me verse un salaire, alors j’ai les deux conditions administratives de base pour maximiser ces crédits d’impôt (les autres entreprises sont évidemment admissibles, mais dans des proportions moindres). Ensuite, plutôt que de travailler à l’amélioration de mes procédés ou de ma machinerie comme d’habitude, je le ferai en m’assurant de faire de l’expérimentation pour atteindre certains objectifs techniques que je me serai fixés d’avance. Si je gagne 40 000 $ par année et que 50 % de mon temps est associé à mon projet de R&D, j’ai donc 20 000 $ de salaires admissibles dans mes dépenses de R&D. Comme le taux combiné des crédits d’impôt provincial, fédéral et des frais afférents équivaut à 82% (82,125% pour être exact), je sais que des 20 000 $ que je me serai versés en salaire, je recevrai par la poste un remboursement sous forme de chèque du fédéral et du provincial qui totalisera 16 425 $, en supposant, évidemment, que tous mes impôts sont payés. À ce crédit, s’ajoutent les autres dépenses admissibles qui sont presque toutes de l’ordre de 35 %. Cool, n’est-ce pas!
Des aides disponibles
L’agriculture a besoin de se renouveller. Toutes sortes d’aides sont possibles. Le Groupe Conseil R&D Agricole & Agroalimentaire du Québec apporte une contribution significative par son programme d’éducation populaire à la R&D qu’il mène avec ses partenaires que sont la Coop Fédérée, Desjardins et le MAPAQ. Plusieurs producteurs et transformateurs ont déjà pu recevoir des crédits d’impôt. Rien de tel qu’un chèque inattendu de 10 000 $, de 15 000 $ ou de 25 000 $ !
Pour plus de détails, contactez Nicolas Simon du centre de service R&D de la Mauricie/Centre-du-Québec au 1 877 840-1590.
Le Groupe Conseil R&D Agricole & Agroalimentaire du Québec est un organisme sans but lucratif dont la mission est de promouvoir l’innovation à même les exploitations agricoles.1 877 252.7383