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25 ans à promouvoir, en continu, la formation agricole

Hélène Ruel par Hélène Ruel
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Article mis en ligne le 1 décembre 2006 à 11:29
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 25 ans à promouvoir, en continu, la formation agricole
De gauche à droite : Guylaine Martin, Lucie Desautels, Miguel Rheault, Marc Coulombe, Liette Benoit, Serge Préfontaine, Michel Beaulac, Maryse Bergeron, François Girard, Hélène Lafontaine, Jocelyne Falardeau, Isabelle Bourque.
25 ans à promouvoir, en continu, la formation agricole
Hélène Ruel

ruelh@transcontinental.ca

Il a 25 ans cette année le Collectif régional en formation agricole du Centre-du-Québec! Et sa présidente, Lucie Desautels, une agricultrice de Saint-Guillaume, formule le vœu qu’il perdure. «Parce que notre travail est axé sur les besoins des producteurs, qu’il n’est pas associé au secteur privé et qu’on fait tellement avec peu.»
Le Collectif se compose de onze personnes, de producteurs représentant L’UPA, des représentants du cégep de Victoriaville et de l’École d’Agriculture de Nicolet, des gens d’Emploi Québec, de la Financière agricole et, biensûr, du MAPAQ.

Les producteurs membres du Collectif sont, en quelque sorte, des «antennes» dans leurs milieux respectifs, capables de dépister les besoins et de les traduire en offres de formation de courte durée.

Bon an mal an, dans une région qui abrite 3 500 entreprises agricoles faisant travailler 6 500 personnes, entre 600 et 800 producteurs participent à des sessions de 6, 12, 15 ou de 18 heures.

La programmation de l’année témoigne de la diversité des sujets : la santé et la sécurité générale sur les chantiers de construction, l’entretien des petits moteurs à la ferme, la mise en marché, même des conseils pour réaliser un efficace dépliant de promotion de produits, l’aménagement d’un kiosque de vente, la gestion d’un gros troupeau laitier, le transport et l’euthanasie des porcs fragilisés, la production de plantes aromatiques et la toujours très populaire formation en co-exploitation parents-enfants (transfert de fermes).

:L’école qui s’éclate

Ce qui caractérise ces sessions, c’est qu’elles sont offertes aux lieux et aux heures qui conviennent aux producteurs, indiquent l’agronome Guylaine Martin, répondante régionale et Jocelyne Falardeau, conseillère pédagogique de l’École d’agriculture de Nicolet.

C’est un peu l’école qui s’éclate, qui va vers ses élèves… jusque dans la cabane à sucre de l’acériculteur, observe Mme Falardeau.

«Ce qui est aussi intéressant, c’est que le coût des formations est abordable», souligne la présidente, Lucie Desautels.

L’an dernier, par exemple, Emploi-Québec investissait près de 70 000 $ en formations de toutes sortes, les participants y allant d’une contribution similaire.

«Mon rêve, ce serait que les fermes investissent au moins 1% de leur chiffre d’affaires à la formation ou tout au moins participent à la formation d’un employé par année. En formant un ouvrier, par exemple, on le fidélise à l’entreprise», croit la présidente, Lucie Desautels.

Les couleurs du Centre-du-Québec

S’il existe, au Québec, 13 autres collectifs du genre, celui du Centre-du-Québec se colore de ces fameuses formations en agriculture biologique et en transfert de ferme, précise Guylaine Martin, toujours aussi enthousiaste malgré ses dix années au titre de répondante régionale.

Dans le premier cas, la formation en agriculture biologique, offerte en exclusivité au cégep de Victoriaville et le travail acharné d’un prof comme Denis La France qui ont teinté l’offre de ces multiples sessions de courte durée.

Et c’est au regretté agronome Claude Marchand, qui a «couru les rangs» durant vingt ans, à qui l’on doit la popularité des sessions de 36 heures sur la co-exploitation des fermes.

«Cette formation est importante parce que c’est la viabilité de l’entreprise qui est en jeu», souligne la présidente.

Liette Benoît, également membre du Collectif et présidente du Syndicat des agricultrices du Centre-du-Québec, va plus loin. Elle le dit et le répète. «Cette formation devrait être obligatoire!», lance-t-elle.

Parce que, explique-t-elle encore, le transfert de ferme ne va pas de soi. Il faut apprendre à communiquer, à gérer d’inévitables conflits entre générations, entre parents qui hésitent à faire de la place à des jeunes souvent très pressés de participer aux décisions.

Copropriétaire d’une entreprise de production laitière de Baie-du-Febvre, avec son mari, son fils et bientôt sa fille, Mme Benoît est convaincue que ce cours sur le transfert pourrait sauver bien des entreprises.

Ces années-ci, le Collectif offre d’autres formations sur mesure notamment sur la fiscalité des entreprises et sur les assurances.

Ces programmes ont aussi leur «ambassadrice» en la personne de Maryse Bergeron, copropriétaire d’une entreprise laitière et bovine d’Inverness, deuxième vice-présidente de l’UPA de Lotbinière-Mégantic et membre du Collectif. «On a un ménage à faire dans nos assurances agricoles… et de l’argent à économiser», dit-elle. Quant à la fiscalité foncière, il y a lieu de la comprendre avant d’envisager de la contester, ajoute-t-elle.

Le tout jeune Miguel Rheault de Saint-Albert, associé avec ses parents et son frère dans la ferme laitière, représente le Syndicat de la relève au Collectif.

Il observe que des formations de courte durée, comme un diplôme d’études professionnelles (DÉP) ou une attestation d’étude collégiale, constituent parfois un moyen de maintenir l’intérêt des jeunes pour l’agriculture. «Moi, j’aurais décroché s’il m’avait fallu aller au Cégep durant trois ans», raconte le jeune homme de 26 ans.

Il observe encore que le Collectif reste à l’affût des demandes des producteurs et que, ces années-ci, les programmes se spécialisent de plus en plus. «Les gens dans les productions caprines et ovines sont des gros preneurs de cours.»

Un capteur... et un phare

«Le rôle du Collectif, c’est d’être capable de lire les besoins du terrain, mais aussi de s’adapter à de nouvelles réalités et de voir venir les tendances», précise l’agronome Guylaine Martin.

Par exemple, c’est par le biais du Collectif qu’est offerte, depuis trois ans, la formation sur l’utilisation des pesticides en milieu agricole.

Cette formation et surtout les résultats à l’examen sur la manipulation des herbicides, insecticides, fongicides permettent aux entreprises agricoles d’obtenir le certificat du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, obligatoire à partir du 3 avril 2007.

La répondante mentionne aussi que parce le Collectif fait partie d’un réseau québécois, les bons coups d’une région peuvent facilement s’exporter vers une autre. Ce fut le cas par exemple pour cette formation sur les soins d’urgence à donner aux bovins laitiers. Créée dans Charlevoix, cette formation a permis de pallier la pénurie de vétérinaires.

Outil de développement

Les membres du Collectif croient que c’est en partie par la formation que les producteurs pourront développer l’agriculture centricoise et affronter les crises qui secouent le monde agricole.

Ils se montrent particulièrement sensibles à la détresse psychologique des producteurs. «On va parler de plus en plus de détresse et de suicide surtout dans l’industrie porcine et les grandes cultures», déplore Lucie Desautels.

Ce ne sont pas nécessairement les producteurs les plus en détresse qui, surchargés, débordés, sortiront de chez eux pour apprendre, par exemple, à mieux communiquer, note Liette Benoît.

Mais dans la MRC de l’Érable, on est en train d’envisager de former des «sentinelles», des «travailleurs de rang» à l’image des travailleurs de rue.

Quant à la mondialisation, aux accords de libre-échange ayant tant d’incidences sur l’agriculture québécoise, «si l’offre d’une formation pourrait facilement se faire, la demande n’est toujours pas là», précise Guylaine Martin.

Il y a 25 ans, rappelle-t-elle seulement 15% des producteurs de la région possédaient une formation en agriculture. «Les écoles d’agriculture se dépeuplaient, la formation étant bien peu valorisée. Pourtant, il y avait des pressions sur les fermes du Québec. On entrait dans l’ère de la modernité, de la productivité et de l’informatisation», explique Mme Martin.

Il y avait un virage à prendre… et de la formation à promouvoir. C’est dans ce contexte que naissait un comité provincial, aujourd’hui nommé comité de coordination. Maintenant, les ministères de l’Agriculture, de l’Éducation, d’Emploi et Solidarité sociale, l’Union des producteurs agricoles et Agri-Carrières délèguent toujours leurs porte-parole pour fixer les grandes orientations des formations à offrir dans toutes les régions du Québec.

En 25 ans, par vagues successives, la formation s’est frayée un chemin dans les us et coutumes de plus jeunes comme de plus vieux producteurs.

Aujourd’hui, 85% des producteurs possèdent tout au moins un diplôme d’études secondaires et 61% de tous les producteurs centricois possèdent une formation en agriculture.

On peut pianoter l’adresse électronique www.formationagricole.com pour en savoir davantage sur le collectif. Les coordonnées de la répondante régionale Guylaine Martin y figurent.

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