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Bandes riveraines, qualité de l’eau et santé humaine : des liens indéniables
Josée Chartrand, conseillère en santé et environnement
Direction de santé publique
Agence de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec
Le phénomène des algues bleues, ou cyanobactéries, serait de plus en plus répandu au Québec. Bien que l’été 2006 au Centre-du-Québec semble avoir été relativement calme à ce chapitre, il n’en demeure pas moins que, depuis 2001, la direction régionale du Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs a répertorié au moins 11 plans d’eau ayant déjà été aux prises avec ce problème sur au moins une partie de leur surface. Certains de ces plans d’eau drainent un bassin versant où l’activité agricole est très présente. Combinée à de meilleures pratiques agricoles, urbaines et d’exploitation forestière, la présence de bandes riveraines contribuent à prévenir la prolifération excessive de ces algues constituant un risque pour la santé humaine.
Réduction de la prolifération d’algues bleues
Les bandes riveraines contribuent à prévenir la prolifération excessive d’algues bleues. D’abord, en constituant un filtre qui capte une partie des éléments nutritifs avant qu’ils ne contaminent le cours d’eau, puis, qu’en elles sont constituées d’arbres et d’arbustes, en créant un écran solaire qui ralentit le réchauffement de l’eau. En effet, les proliférations excessives d’algues bleues (appelées également « fleur d’eau » ou « bloom ») sont favorisées par une eau chaude et stagnante ainsi qu’une forte concentration d’éléments nutritifs, particulièrement de phosphore.
Dans certains cas, et de façon imprévisible, une fleur d’eau d’algues bleues peut produire très rapidement des toxines. La baignade dans une eau fortement infectée par ces toxines peut entraîner des problèmes d’irritation de la peau, des yeux, du nez et de la gorge, ainsi que des réactions allergiques. Boire une telle eau sans traitement adéquat (ex. chalet puisant directement dans le plan d’eau affecté) augmente le risque de gastro-entérite (crampes, diarrhée, etc.) et, à long terme, d’atteintes hépatiques. Ailleurs au Canada, des décès d’animaux ayant consommé de l’eau affectée ont été rapportés.
C’est pourquoi la présence de cyanobactéries dans un plan d’eau entraîne, lorsque la Direction de santé publique en est avisée, l’émission d’un avis de santé publique, ou selon les circonstances, la diffusion d’information sur les risques à la santé directement auprès des riverains. Ces avis comportent notamment des recommandations de ne pas boire l’eau pompée directement du milieu aquatique affecté et d’éviter de s’y baigner ou d’y pratiquer des activités de contacts directs avec l’eau (ex. planche à voile, motomarine). La présence de cyanobactéries dans l’eau brute ne constitue pas actuellement un problème pour nos usines de traitement d’eau potable. Elle implique toutefois des coûts de traitement plus élevés pour éliminer le risque.
En protégeant les bandes riveraines, les producteurs agricoles contribuent donc à prévenir les proliférations excessives d’algues bleues dans nos plans d’eau. Un simple geste, qui a un impact important sur la santé humaine!
Tableau 2. Plans d’eau au Centre-du-Québec ayant déjà fait l’objet depuis 2001 d’un signalement au Ministère du développement durable de l’Environnement et des Parcs pour une prolifération de cyanobactéries sur au moins une partie de leur surface.
La problématique des algues bleues est une autre des motivations de l’Agence de santé à s’impliquer dans des démarches en milieu agricole, notamment la campagne de sensibilisation du Comité multipartite agriculture et environnement sur l’importance de protéger les bandes riveraines, la journée INPACQ Bassin versant le 7 mars prochain à Drummondville et le projet MÉANDRES pour l’amélioration de la qualité de l’eau et des écosystèmes. La qualité de l’eau potable, les plans d’eau salubres pour la baignade et autres activités de contact, et l’amélioration de la qualité de vie des riverains figurent parmi les autres préoccupations de l’Agence. Dans le prochain article, la contamination microbiologique des plans d’eau.