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Et la santé de la terre, docteurs? Inquiétante!

Hélène Ruel par Hélène Ruel
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Article mis en ligne le 29 novembre 2006 à 16:49
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Et la santé de la terre, docteurs? Inquiétante!
Le prof et chercheur américain Walter Goldstein, l’enseignant Denis La France et le chercheur allemand Guido Haas.
Et la santé de la terre, docteurs? Inquiétante!
Habitués de prendre le pouls de la terre, les chercheurs et profs Guido Haas d’Allemagne et Walter Goldstein des États-Unis s’inquiètent de la détérioration de la santé des sols.
Si les sols se dégradent à ce point, c’est souvent par manque ou par mauvaise rotation des cultures, parce qu’on a séparé les animaux de la terre que ces derniers engraissaient naturellement de leur fumier, précise Dr Goldstein, attaché au Michael Fields Agricultural Institute d’East Troy au Wisconsin.

Il pointe aussi d’autres facteurs contribuant directement ou indirectement à affecter les sols, comme les changements climatiques. Les grands stress que vivent les agriculteurs font également partie de la problématique. Aux prises avec de plus en plus de soucis financiers, ils sont plus réfractaires à prendre le risque de modifier leurs pratiques culturales ou leurs méthodes d’élevage. Dans certains pays, toutefois, on a recommencé à faire paître les animaux dans les champs.

Les deux spécialistes étaient les invités d’un séminaire de trois jours sur les sols et la nutrition végétale adaptée à l’agriculture biologique, organisé par le cégep de Victoriaville, notamment par le prof Denis La France.

Une centaine de personnes, des producteurs agricoles, des étudiants du Cégep et aussi des étudiants en agronomie de l’Université Laval ont participé à ces trois jours de présentations très spécialisées sur la culture biologique.

En l’absence d’un centre de recherche sur l’agriculture biologique, «on fait venir ici, pour quelques milliers de dollars, des chercheurs d’ailleurs qui nous donnent des idées pour nous démerder, nous enrichir, nous faire partager des techniques que nous pouvons adapter chez nous», résume Denis La France, non sans sarcasme.

Il ajoute que dans un petit pays comme le Danemark, il se fait dix fois plus de recherche en agriculture biologique qu’au Canada. «On a des fromages danois sur nos tablettes québécoises, mais il n’y a pas de fromages québécois dans les rayons danois!»

Dr Haas et Dr Goldstein sont les 26e et 27e spécialistes étrangers à venir partager un petit bout de leurs connaissances et de leurs recherches au cégep de Victoriaville au cours des dix-huit dernières années.

Ici, comme aux Etats-Unis et en Allemagne, Dr Guido Haas identifie une tendance mondiale à négliger, à minimiser l’importance de l’agriculture. Partout, l’État rogne dans le support qu’il lui accorde, observe encore le professeur allemand associé à l’Institut d’agriculture biologique de l’Université de Bonn.

«Rien de grave puisqu’il ne s’agit que de nourrir le monde!», renchérit Denis La France.

Ayant tous deux l’habitude de courir le monde pour prononcer des conférences, les spécialistes étrangers ont profité de leur passage au Québec pour visiter quelques fermes.

Selon Guido Haas, les fermes d’ici ressemblent, par leur taille, à celles de l’Allemagne. Il a toutefois été surpris de voir que tant de veaux et de vaches étaient attachés dans les étables, une pratique qu’abandonnent graduellement les Allemands et qui sera même interdite à partir de 2010.

Il a cependant été impressionné par la rigoureuse tenue des registres d’alimentation des troupeaux et par le fait que, souvent, les fumiers sont protégés de la pluie sous des toitures, des bâches ou dans des entrepôts.

Si les pratiques culturales sont différentes d’un pays à l’autre, que les climats le sont aussi, reste que les principes élaborés par les chercheurs peuvent s’appliquer chez nous, a indiqué Denis La France. Après tout, il y a autant de différences dans les sols d’une région à l’autre au Québec que d’un pays à l’autre.

«La réussite en agriculture biologique repose de toute façon sur une bonne gestion de la matière organique.»

Par leur participation à ce genre de séminaire, les chercheurs démontrent que s’ils sont inquiets de l’état de dégradation des sols, ils cultivent encore de l’espoir!, a conclu le prof La France.

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