Martine Mercier, deuxième vice-présidente provinciale de l’UPA, et Jacques Corriveau, président de la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec, ont fait la synthèse des revendications adressées au gouvernement de Stephen Harper en lien avec le PCSRA. (Photo : Ghyslain Bergeron)
La Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec dénonce l’indifférence et l’inaction du gouvernement fédéral
Le PCSRA est pointé du doigt
Réunis en assemblée générale annuelle à Notre-Dame-du-Bon-Conseil, le vendredi 6 octobre, les quelque 200 producteurs et productrices délégués de l’UPA du Centre-du-Québec ont fait montre de leur grande insatisfaction à l’endroit du gouvernement de Stephen Harper.
Ils ont, entre autres, adopté une résolution demandant une révision en profondeur du Programme canadien de stabilisation du revenu agricole (PCSRA), le tout accompagné d’un ajout de 2,25 milliards $ par année pour permettre aux agriculteurs du pays de survivre à l’une des pires crises du revenu de leur histoire.
Et pour s’assurer que leur message soit bien compris, chacun des 200 délégués a signé trois cartes postales à être acheminées au premier ministre Stephen Harper, à son ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Chuck Strahl, et au député fédéral de son comté pour les inviter à mettre en place des politiques compétitives par rapport aux autres pays, ce qui n’est actuellement pas le cas avec le PCSRA.
Promesse non remplie
«Depuis 2003, les revenus nets de nos agriculteurs ont considérablement diminué, surtout dans le secteur céréalier à cause des subventions américaines et européennes à leurs producteurs. De plus, les maladies dans le secteur porcin et la crise de la vache folle viennent ajouter aux facteurs naturels des effets de diminution de revenus. Il faut savoir que nos programmes de stabilisation sont conçus pour supporter nos agriculteurs dans des conditions normales de marché et non concurrencer les subventions gouvernementales», a d’abord exposé le président de la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec, Jacques Corriveau.
En compagnie de Martine Mercier, deuxième vice-présidente provinciale de l’UPA, celui qui a pris la relève de Denis Bilodeau en cours d’année n’a pas été tendre à l’endroit du gouvernement Harper lorsqu’il a rencontré les représentants des médias durant un point de presse tenu lors de la pause du midi.
«L’indifférence du gouvernement fédéral et son inaction pour mettre en place des programmes efficaces de support à l’agriculture ou le contrôle réel aux frontières pour les productions sous gestion de l’offre rendent les producteurs vulnérables et risquent d’anéantir notre agriculture», a fait valoir le président Corriveau avant de s’attaquer plus directement au PCSRA.
Selon lui, ce programme ne fournit pas les résultats escomptés, comme en conviennent les représentants de tous les partis politiques, car il comporte plusieurs lacunes.
M. Corriveau et Mme Mercier ont notamment dit qu’on est en présence d’un régime de recouvrement qui reprend d’une main ce qu’il donne de l’autre, que son accès est limité à la couverture de la marge négative, qu’il est impossible de comprendre les demandes le PCSRA, qu’à part quelques exceptions, les agriculteurs doivent attendre une année avant de recevoir un paiement et que ni les agriculteurs, ni les comptables, ni les banquiers, ni même les bureaucrates ne peuvent comprendre ou prédire quel est le paiement pour les agriculteurs admissibles.
Au dire le la vice-présidente provinciale de l’UPA, l’une des principales failles du programme vient du fait qu’il ne réussit pas à «déclencher» lorsque se produit une situation particulière.
Martine Mercier et Jacques Corriveau, comme il est noté dans les considérants de la résolution, n’ont pas été sans rappeler que le gouvernement du Canada s’est d’ailleurs engagé à remplacer le PCSRA par deux programmes distincts, un de stabilisation du revenu et un autre d’aide en cas de catastrophe.
Jacques Corriveau en a d’ailleurs profité pour dénoncer un programme ad hoc appelé Option qui non seulement, selon lui, ne fait pas la job, mais attaque même la dignité des producteurs et les incite finalement à quitter l’agriculture.
C’est pourquoi, les membres de l’UPA du Centre-du-Québec somment le gouvernement conservateur de réformer le PCSRA afin qu’il offre un filet de sécurité efficace et compétitif et qu’il donne la flexibilité nécessaire pour permettre l’arrimage entre les programmes fédéraux et ceux des provinces.
D’ailleurs, ceux-ci recommandent au gouvernement fédéral de considérer la nouvelle proposition formulée par les producteurs l’encourageant notamment à explorer la création d’une nouvelle composante améliorée pour les marges supérieures du PCSRA ressemblant à l’ancien programme des comptes de stabilisation du revenu net (CSRN).
Pour les deux porte-parole de l’UPA, il est impérieux que le gouvernement de Stephen Harper adopte des politiques pour rendre les agriculteurs compétitifs en dépit des importants subsides versés par certains pays étrangers à leurs producteurs car l’avenir de l’agriculture canadienne en dépend.
Ceux-ci ont espoir que le gouvernement réagira à ces demandes, d’autant plus que la crise actuelle touche autant et peut-être même davantage les producteurs de l’Ontario et de l’Ouest que ceux du Québec.