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«Une entreprise qui ne bouge pas, recule forcément»

La Ferme Claumond n’a pas l’intention de couver sa prestigieuse médaille d’or

Hélène Ruel par Hélène Ruel
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Article mis en ligne le 12 octobre 2006 à 13:19
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«Une entreprise qui ne bouge pas, recule forcément»
Le ministre Yvon Vallières a présenté le certificat attestant la médaille d’or de l’Ordre national du mérite agricole aux représentants de la Ferme Claumond. Dans l’ordre, Jean-François Allie et sa conjointe, Hélène Paradis, les propriétaires, Gisèle Fillion et Jean-Claude Paradis et les deux autres enfants du couple, Louise et François Paradis. (Photo Ghyslain Bergeron)
«Une entreprise qui ne bouge pas, recule forcément»
La Ferme Claumond n’a pas l’intention de couver sa prestigieuse médaille d’or
Si la Ferme Claumond est enfin parvenue à décrocher la plus haute récompense de l’Ordre du mérite agricole, c’est beaucoup parce qu’elle peut désormais miser sur la relève, croit son propriétaire, Jean-Claude Paradis. «Je pense que la solidité d’une entreprise se mesure à son potentiel de continuité.»
Lui et son épouse, Gisèle Fillion ainsi que leur fille Hélène et son conjoint Jean-François Allie ont décroché avec fierté la première place de la catégorie or du prestigieux concours national du Mérite agricole.

Plongeant ses racines à même le berceau de la ferme maraîchère du père de Jean-Claude (Gérard), à Saint-Edmond-de-Grantham, la Ferme Claumond est devenue une imposante entreprise avicole abritant, avec la ferme de sa fille et de son conjoint, quelque 99 000 poules pondeuses réparties dans quatre poulaillers.

Mais la Ferme Claumond est bien davantage qu’une entreprise avicole, cultivant sur plus de 2 000 arpents tout ce qu’il faut pour nourrir les poules. Elle vend d’ailleurs le tiers de sa production de maïs et exporte sa production de haricots.

Dès sa première participation au concours de l’Ordre du mérite agricole, en 1991, Jean-Claude Paradis visait l’or. «On s’était lancé un défi, un ami maraîcher et moi. J’étais arrivé au 37e rang sur 82, lui, au 36e», se rappelle-t-il.

Cinq ans plus tard, la Ferme Claumond améliorait ses performances décrochant la première place dans la catégorie argent.

En 2001, Jean-Claude Paradis échappe la première place dans la catégorie or, se classant au 4e rang. «On n’avait pas fait autant de progrès qu’il aurait fallu. J’avais des faiblesses. Surtout, je n’avais pas de relève.»

Depuis ce temps, les choses ont changé.

Jean-Claude Paradis se montre particulièrement élogieux à l’égard du sens des affaires de sa fille Hélène (comptable de profession) et de son gendre, Jean-François Allie, dont la Ferme Parallie, située tout juste derrière la Ferme Claumond, donne un formidable élan à l’entreprise familiale, conforte son avenir. «On s’entend bien, on pense pareil, on pense business, parce que c’en est une! Et ils n’ont pas peur de s’endetter!»

Celui que l’Ordre du mérite agricole vient d’honorer du titre de «commandeur» estime que la présence de cette relève a constitué un atout.

«C’est un concours prestigieux, sérieux, où les juges sont des gens qui en mangent de l’agriculture! Qui examinent l’entreprise sous tous ses aspects.»

Au cours des dix dernières années, la Ferme Claumond a de mieux en mieux maîtrisé les pratiques agroenvironnementales, note encore Jean-Claude Paradis, recourant aux engrais verts, à la culture sur billons. «Mes cultures étaient belles cette année, malgré la pluie, qui, curieusement cet été, s’est concentrée à peu près dans ce qui était le triangle du verglas de 1998.»

Selon lui, cette médaille d’or ne change pas grand-chose à l’entreprise elle-même. «Peut-être sera-t-on un peu plus remarqué.»

Mais, ajoute-t-il, elle lui instille le goût de continuer à s’améliorer. «Parce qu’une entreprise qui ne bouge pas, recule forcément», affirme-t-il.

Il nourrit encore bien des projets pour faire «avancer» l’entreprise. Celui de construire une deuxième éleveuse, en 2008.

Il estime que potentiellement, la Ferme Claumond pourrait augmenter sa production d’oeufs de consommation en installant 150 000 poules. «Il ne nous manquerait qu’un petit peu de terre pour y parvenir.» L’entreprise possède à peu près tout ce qu’il faut pour atteindre cet objectif, misant par ailleurs sur sept employés, dont trois évoluent avec lui depuis une vingtaine d’années (Denis Picotin, Jean-Yves Turcotte et Réal Blanchard).

L’hiver dernier, Jean-Claude Paradis a acquis une autre terre de 185 arpents qu’il a drainée, nivelée au laser et où il veut s’essayer à la culture biologique. «Je ne sais pas où ça nous mènera. Mais ça me fait un beau projet de retraite», souligne-t-il.

La Ferme Claumond ayant décroché la plus récompense, Jean-Claude Paradis ne paraît pas avoir l’intention de s’asseoir et de couver sa précieuse médaille!

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