Justin Chabot, technicien du Club, dans un champ de panic érigé en octobre 2009. (Photo : Club Agroenvironnemental Bois-Francs)
Premières récoltes de panic érigé dans les Bois-Francs
Jacinthe Drouin et Sonia Letendre, agronomes
Club Agroenvironnemental Bois-Francs, Victoriaville
Au printemps 2008, trois producteurs membres du Club Agroenvironnemental Bois-Francs ont fait l’implantation de 25 hectares de panic érigé dans la région de Victoriaville. L’objectif étant de valoriser des parcelles à faible potentiel agricole et de diversifier leurs activités. Dès le printemps 2009, la Ferme Daisy inc. de Saint-Albert en était à sa première récolte.
En effet, au début mai, Sylvain Bussière de la Ferme Daisy inc. de Saint-Albert a récolté 0,6 t/ha de panic érigé destiné au marché de la litière et en septembre, l’entreprise a réalisé une seconde récolte de 4,5 t/ha, destinée à la consommation en foin pour les chevaux. Le producteur est satisfait des rendements obtenus, étant donné que l’établissement du panic érigé peut être long et difficile.
En général, la première année n’est pas productive, une première récolte n’est réalisée qu’à la deuxième ou même à la troisième année. La récolte obtenue cette année est loin du plein potentiel de rendement de la culture qui se situe entre 7 à 10 t/ha, mais est tout de même acceptable et encourageante pour l’entreprise. De plus, en raison de la saison de culture difficile en 2009 et de la forte demande en foin, l’entreprise a profité de cette opportunité pour explorer de nouveaux marchés. Selon les résultats d’analyse du foin de panic, le niveau de fibre ADF est élevé et le niveau de protéine est faible. Ainsi, en plus du marché de la litière, le commerce de foin pour les chevaux et l’incorporation de ce fourrage à la RTM des troupeaux de bovins laitiers pourraient être des avenues intéressantes qui n’étaient pas envisagées lors de l’implantation de la culture.
Pour les deux autres entreprises, soient Ferme Ghislain Desrochers de Warwick et Entreprise M. et L. Boucher inc. de Victoriaville, la première récolte est prévue au printemps 2010 pour le marché de la litière. Dans les deux cas, l’établissement est un succès, la culture a bien survécu à l’hiver et la pression des mauvaises herbes est moins présente. Chez Ghislain Desrochers, le gel dans la nuit du 25 mai a entraîné la mort de la partie aérienne affectant la croissance de la plante. Cet événement aura un impact sur le rendement de la première récolte, car bien que la reprise de tous les plants a été bonne, la hauteur est moindre comparativement aux autres sites.
Finalement, le plein potentiel de rendements des champs n’est pas encore atteint, les résultats sont prometteurs et les opportunités de marchés se développent.