Qu’il s’agisse du chancre bactérien, de la tache bactérienne chez le poivron ou de la moucheture bactérienne chez la tomate, les maladies bactériennes peuvent, à la faveur des facteurs climatiques (température, humidité, vent, etc.) et des blessures sur les plants, se propager rapidement dans les cultures de poivron et de tomate de champ. Taches brunes sur les fruits, brûlures foliaires, défoliation, affaiblissement des plants, diminution des volumes récoltés… les conséquences peuvent être désastreuses pour les producteurs. Les traitements disponibles sont par ailleurs d’une efficacité limitée pour lutter contre les bactéries. La prévention est donc incontournable pour éviter les pertes de rendement et de qualité.
La prévention débute dès le choix des semences. On choisira, lorsque cela est possible, des cultivars tolérants aux maladies bactériennes; actuellement, seul le poivron possède une gamme de cultivars résistants à certaines de ces maladies. Dans le cas de la tomate, on tiendra compte de la sensibilité des variétés à ces maladies. De plus, on pourra vérifier auprès du fournisseur si la semence a reçu un traitement à l’eau chaude visant à diminuer l’incidence des bactéries.
Dans la serre, il est important de désinfecter le matériel et les structures qui sont en contact direct avec les transplants, d’éliminer les mauvaises herbes et d’ajuster la ventilation, la température et le taux d’humidité pour diminuer la période de mouillure du feuillage. L’inspection quotidienne des plants et la destruction des cabarets infectés sont primordiales.
Au champ, une rotation minimum de deux ans sans poivron, tomate ou aubergine et une gestion adéquate des légumes déclassés (ne pas les laisser près des champs cultivés) contribuent à diminuer les risques de contamination. Offrir de bonnes conditions de culture (irrigation, fertilisation, etc.), limiter les activités au champ à la suite d’averses ou de rosée, nettoyer la machinerie qui a circulé dans un champ infecté constituent d’autres mesures préventives à ne pas négliger.
Si un problème survient
Malgré toute l’attention portée à la prévention, incluant les traitements à base de cuivre appliqués avant et après la plantation au champ, les maladies bactériennes du poivron et de la tomate sont présentes dans les champs chaque été. Or, elles peuvent facilement être confondues avec des maladies fongiques ou d’autres problèmes (vent, dérive d’herbicide, punaises) présentant des symptômes similaires.
Pour faire face à cette difficulté et aider au diagnostic, Christine Villeneuve, agronome au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (Centre de services agricoles de Saint-Rémi) a rédigé un feuillet rassemblant 40 photos en couleurs permettant d’identifier plus facilement les maladies bactériennes. Ce feuillet décrit les conditions favorables à l’apparition de chaque maladie, tant pour le poivron que pour la tomate, et détaille les mesures préventives esquissées dans le présent article. Pour en savoir plus, procurez-vous dès aujourd’hui « Les maladies bactériennes du poivron et de la tomate de champ » en consultant le catalogue du site
www.craaq.qc.ca ou adressez-vous à votre conseiller agricole.