La détresse psychologique en agriculture
Renée Quévillon,
coordonnatrice des services communautaires
Centre prévention suicide les Deux Rives
De plus en plus, on entend parler de la détresse psychologique en agriculture. Mais qu’est-ce au juste que la détresse psychologique pour l’agriculteur lui-même? Est-ce que cela se peut? Est-ce que l’agriculteur en est conscient? C’est souvent l’entourage qui en verra les premiers signes, car la personne qui la vit tentera de la cacher, et ce, souvent d’une façon inconsciente. Pourquoi? Pour différentes raisons, toutes aussi variées que le nombre de personnes ainsi que leur personnalité.
Comment intervenir auprès d’une personne en détresse ?
Certaines personnes peuvent manifester leurs intentions suicidaires par un ou plusieurs signes directs ou indirects exprimés par des expressions comme : « Un jour, je vais me tuer. », « Je vais vendre, partir et je vais être heureux. ». Certains gestes peuvent aussi être révélateurs, comme éviter toute situation pour rencontrer d’autres agriculteurs et laisser tout l’équipement agricole à l’abandon ou bien se débarrasser d’objets qui, avant, lui tenaient à cœur. Parfois, cela peut se manifester aussi par des pleurs, la dépréciation, etc.
Mais comment aider? Voici quelques pistes…
Prenez toujours la personne au sérieux et permettez-lui d’exprimer sa souffrance. Demandez-lui directement si elle a envisagé le suicide pour mettre fin à ses souffrances. Ne restez pas seul avec ce secret. Appelez au 1-866-APPELLE (277-3553) afin de lui venir en aide et afin que VOUS puissiez recevoir du soutien.
Il est aussi possible de recevoir une formation pour apprendre à reconnaître les signes de détresse et savoir comment on peut accompagner une personne. N’hésitez pas à vous informer.
Saviez-vous que le taux de suicide est deux fois plus élevé chez les agriculteurs que dans la population en général. C’est ce que mentionnait M. Albert De Martin, porte-parole officiel de l’opposition en matière d’agriculture, de pêche et d’alimentation. Doit-on s’alarmer par de tels propos? En fait, il faut surtout faire de la détresse psychologique une priorité au même titre que tous les programmes de prévention. De plus, selon les données provisoires de l’Institut national de santé publique 2008, il y a une augmentation du nombre de suicides dans le groupe d’âge des 50-64 ans. Dans cette tranche d’âge, on retrouve beaucoup de nos agriculteurs. En Mauricie et au Centre-du-Québec, on compte dans la population en général près de deux suicides par semaine et environ une centaine de tentatives de suicide.