La macération ou conditionnement intensif, accélère le processus de séchage au champ des fourrages
Un jour de moins au champ avec la macération!
Alain Fournier, agronome
Louis Bergeron, agronome
L’utilisation de la macération a permis de diminuer le temps de séchage au champ d’environ une journée pour un fourrage de graminées comparativement au même fourrage non macéré, chez Ferme Berni Inc. de Sainte-Élizabeth-de-Warwick.
Il est difficile d’obtenir un nombre de jours suffisant pour faire du foin lors de la première coupe du mois de juin. La macération, ou conditionnement intensif, accélère le processus de séchage au champ en écrasant et brisant les feuilles et tiges de la plante. De plus, le frottement enlève la couche de cire en surface des tiges, ce qui aide à l’évaporation de l’eau contenue dans la plante. Ce procédé suscite un intérêt grandissant chez bon nombre d’éleveurs en raison de l’apparition depuis quelques années d’équipements réalisant cette opération.
Les agronomes Louis Bergeron et Alain Fournier du MAPAQ avec la collaboration de Jacques et Germain Bernier de Ferme Berni Inc., ont entrepris de vérifier si ce procédé de macération était avantageux pour leur entreprise. L’équipement utilisé pour effectuer la macération du fourrage est celui vendu par la compagnie canadienne Agland Industries Inc.
L’essai a été réalisé dans un champ de graminées contenant de la fléole des prés comme espèce dominante. Le fourrage a été coupé lundi le 11 juin 2007 en début d’après-midi (14h), au stade début épiaison. Le lendemain matin, vers 6 heures, la majorité des andains ont été macérés à l’exception de trois andains qui ont servi comme témoin pour cet essai. Les andains macérés et non macérés ont été échantillonnés toutes les 24 heures au cours de la période de séchage pour évaluer la baisse de la teneur en eau du fourrage. Les trois échantillons, prélevés aléatoirement à chacune des périodes et séchés séparément pour chacun des traitements (macéré et non macéré) ont permis d’obtenir des résultats représentatifs. Les fourrages ont été récoltés sous forme de grosses balles carrées, le jeudi de la même semaine en après-midi.
La semaine du 11 juin 2007 a été une période idéale pour faire du foin. Le niveau d’ensoleillement était à son maximum, avec une faible humidité de l’air ambiant, une température et un indice d’assèchement relativement élevés.
Le graphique ci-dessous permet de constater que sous des conditions idéales de séchage, le foin macéré a séché plus rapidement que le foin non macéré. La macération d’un fourrage de graminées a permis d’économiser tout près d’une journée de séchage pour l’atteinte de 15 % d’humidité, comparativement au fourrage témoin.