L’industrie bioalimentaire centricoise, un levier majeur de vitalité des territoires municipaux
Au Centre-du-Québec, l’industrie bioalimentaire représente une base entrepreneuriale déterminante pour stimuler la vitalité économique des municipalités rurales et des villes. Des revenus atteignant un milliard de dollars en agriculture et 1,4 milliard en transformation alimentaire, plus de 19 000 emplois créés et des dépenses annuelles de plus d’un milliard de dollars… Voilà autant de bonnes raisons d’inscrire le bioalimentaire dans son assiette!
Un outil pour la planification du développement régional
Afin de démontrer le rôle de l’agriculture et de l’agroalimentaire au Centre-du-Québec, le MAPAQ a réalisé récemment un profil agricole et agroalimentaire régional. Ce document vise à permettre aux différents acteurs du développement régional de partager une vision commune de l’agriculture et de l’agroalimentaire de la région. Le profil permettra d’outiller les élus et les décideurs locaux et régionaux afin de faciliter l’élaboration de plans d’action qui tiennent compte des multiples opportunités et du potentiel de développement du secteur agroalimentaire.
Des données éloquentes
Le profil agricole et agroalimentaire révèle l’importance de ces secteurs au Centre-du-Québec. En effet, l’industrie bioalimentaire génère 19 100 emplois dans la région, soit 1 emploi sur 6. À lui seul, le secteur agricole crée quelque 6 500 emplois alors que la transformation, en progression constante, emploie 4 400 personnes. Le bioalimentaire, est également source d’importants revenus. En 2005, l’agriculture a généré des revenus d’un milliard de dollars, alors que, en transformation alimentaire, la valeur des livraisons manufacturières a atteint les 1,4 milliard de dollars. Dynamique, le bioalimentaire centricois engendre des investissements qui se sont élevés à près de 180 millions de dollars en 2005. À lui seul, le projet d’huile de canola et de soya de Bécancour génèrera en 2008 des investissements de plus de 150 millions et amènera la création de 80 emplois. Quel départ!
L’agriculture, un secteur en mutation
Moins nombreuses qu’il y a 25 ans, les 3 448 entreprises agricoles du Centre-du-Québec sont toutefois plus performantes. De façon générale, l’agriculture centricoise est assez bien répartie sur le territoire. Lait, canneberges, céréales, produits de l’érable, viandes, produits biologiques et petits fruits ne sont que quelques exemples des productions qui se sont taillé une position enviable dans la région. Bien que diversifiée, l’agriculture tire 70 % de ses recettes des productions animales, principalement de la production laitière, porcine et avicole qui représente un premier niveau de valeur ajoutée aux productions végétales.
L’industrie bioalimentaire centricoise repose également sur la culture de céréales et de fourrages pour nourrir un cheptel des plus variés. La taille des entreprises est assez importante. En 2006, la superficie moyenne des terres en culture dans la région était de 89 hectares par entreprise, alors que la moyenne québécoise était de 81 hectares. Ces superficies moyennes ont doublé depuis 1981. De façon générale, ce sont les cultures annuelles telles que le maïs grain et le soya qui ont pris le plus d’expansion ce qui permettra l’implantation en 2008 pour une mise en opération en 2009 d’une usine unique au Québec de transformation de l’huile de canola et de soya à Bécancour. La canneberge est une culture qui a permis au Centre-du-Québec de se démarquer, avec 39 des 44 producteurs du Québec et 92 % des superficies allouées à cette culture atteindra en 2008 près de 100 millions de chiffres d’affaires et plus de 500 emplois. Quel succès!
La transformation alimentaire : un secteur d’importance pour l’économie régionale
La transformation bioalimentaire est un secteur qui connaît une forte activité dans le Centre-du-Québec. Avec des revenus de 1,4 milliard de dollars de livraisons, un PIB qui atteignait 210 millions en 2005 et quelque 4 400 emplois, la transformation joue un rôle économique majeur. Produits laitiers, fromages de spécialité qui font la réputation de la région, abattage et conditionnement de la viande, aliments pour animaux…, les quelque 165 entreprises de transformation de la région œuvrent dans des secteurs variés. Les secteurs de l’abattage, de la transformation des viandes et des produits laitiers sont ceux qui créent le plus d’emplois.
Le secteur tertiaire : restauration, commerce de gros et de détail
Comparativement à la plupart des régions, l’activité économique dans le Centre-du-Québec se concentre davantage dans les secteurs primaire et secondaire. Le secteur tertiaire constitue ainsi un maillon moins développé par rapport à la moyenne régionale. En 2005, il représentait 26 % du PIB et 43 % des emplois de l’industrie bioalimentaire de la région.
Mieux organiser l’aménagement du territoire, développer une vision de l’agriculture et l’agroalimentaire partagée par l’ensemble de la société, positionner le Centre-du-Québec comme région d’appel reconnue pour la richesse de ses terroirs, diversifier l’économie en misant sur la valeur ajoutée… Voilà autant de défis autour desquels les intervenants de la région doivent se mobiliser. Le profil régional soulève des pistes d’action pour orienter les décideurs dans leur stratégie de développement.
Des profils pour chacune des MRC
Le profil agricole et agroalimentaire du Centre-du-Québec est le premier d’une série de 6 documents. En mars, le Ministère publiera les profils agricoles et agroalimentaires de chacune des 5 MRC de la région. Ces documents seront disponibles sur le site Internet du Ministère :
www.mapaq.gouv.qc.ca