Les clubs-conseils en agroenvironnement
Un grand nombre de clubs-conseils ont fêté cette année leur dixième année d’existence : 10 ans de collaboration avec les producteurs agricoles afin de mieux gérer leurs fumiers et leurs engrais chimiques, réduire les pesticides, conserver les sols et protéger les cours d’eau. Au Centre-du-Québec, 7 clubs accompagnent plus de 600 entreprises agricoles couvrant plus de 74 000 hectares en cultures de toutes sortes. Pour ces entreprises, la protection de l’environnement est une priorité et comme tout citoyen, ils sont aussi choqués par le phénomène des algues bleu-vert.
Les algues bleu-vert
Les algues bleu-vert, ou cyanobactéries, sont des organismes photosynthétiques se situant entre les algues et les bactéries, d’où leurs noms, et sont présentes dans tous les plans d’eau du Québec. Certaines souches produisent des toxines à l’intérieur de leurs cellules. À faible abondance, les toxines sont en trop faible concentration pour nuire à la santé. C’est à forte concentration (lorsqu’on les voit à l’œil nu, ce que l’on appelle la floraison des algues bleu-vert) que leur présence devient problématique. La présence d’éléments nutritifs dans le milieu est un facteur essentiel à leur croissance. Le phosphore est l’élément le plus important. Une augmentation des apports de phosphore peut favoriser le développement d’une floraison excessive.
Le phosphore
Le phosphore est essentiel à la vie. Il est très convoité par les organismes vivants car il s’agit d’un élément limitatif à leur croissance. Un faible ajout de phosphore aux systèmes aquatiques peut stimuler énormément le développement des organismes. Le phosphore est très peu soluble et se lie facilement aux particules de sol ayant des oxydes de fer et d’aluminium. Dans l’eau, on le retrouve donc principalement dans les sédiments de fond. Comme le phosphore est très peu soluble, l’érosion des sols est la principale source de phosphore dans les cours d’eau. Les sols mis à nu sont donc des surfaces sensibles à l’érosion par les précipitations. Les eaux de ruissellement s’enrichissent facilement en phosphore mais aussi en azote et d’autres éléments nutritifs du sol et les transfèrent vers les lacs et rivières. Certaines pratiques agricoles favorisent l’érosion des sols et le ruissellement des éléments nutritifs. L’épandage de lisiers, les labours d’automne, les cultures annuelles à grands interlignes, tel le maïs, sont les pratiques agricoles les plus dommageables pour les eaux de surface.
Les efforts des clubs-conseils et des producteurs pour contrer les algues bleu-vert
De nombreuses pratiques agricoles peuvent contribuer à enrichir les systèmes aquatiques en phosphore et, par le fait même, à amplifier les épisodes d’algues bleu-vert. Depuis de nombreuses années, les clubs-conseils tendent à implanter de nouvelles pratiques culturales afin de limiter les pertes de sol et protéger la bande riveraine.
Travail minimum du sol
Le labour est de plus en plus abandonné au profit de techniques nouvelles de conservation des sols, telles le semis direct, le « zone till » et le billon. Ces méthodes culturales, non seulement sont moins coûteuses, mais laissent beaucoup de résidus de culture en surface. Ces derniers servent d’éponge à l’eau de ruissellement qui ne se rend pas au cours d’eau. L’apport de phosphore aux lacs et rivières est donc grandement réduit.
Engrais vert et culture de couverture
Aussi, depuis de nombreuses années, les producteurs implantent des engrais verts et des cultures de couverture à la fin de l’été et au début de l’automne afin d’éponger les surplus de fertilisants (azote principalement mais aussi le phosphore et le potassium) provenant des engrais organiques. Ces cultures jouent aussi un rôle important dans la gestion de l’eau de surface. Par leur feuillage, elles empêchent l’érosion des sols par le vent et l’eau et freinent les apports de phosphore vers les plans d’eau.
Bandes riveraines
Les entreprises agricoles membres d’un club-conseil sont sensibilisées à la conservation d’une bande de végétation entre leurs champs et les fossés et cours d’eau. De plus en plus, les producteurs agricoles tendent à conserver ces bandes et à les ensemencer de plantes efficaces et diversifiées (graminées, arbustes et arbres). Cette bande sert de tampon contre les pertes de sols et les fertilisants qui peuvent ruisseler avec les précipitations.
Gestion des fertilisants et des engrais organiques
Les entreprises agricoles suivies par un agronome d’un club-conseil en agroenvironnement ont une gestion optimale des fertilisants minéraux et des engrais organiques. Les engrais minéraux sont appliqués en fonction des recommandations agronomiques tout en tenant compte de la capacité de production des champs. Quant aux engrais organiques, ils sont habituellement valorisés au moment de la croissance active des plantes et à des doses optimales (printemps et été principalement), ce qui fait en sorte qu’il y a très peu de fertilisants qui sont libres de ruisseler vers les cours d’eau.
Si vous avez des questions concernant les méthodes de conservation des sols et de la bande riveraine, n’hésitez pas à contacter votre agronome ou le club-conseil en agroenvironnement de votre région par courriel durasol@9bit.qc.ca ou bien par téléphone au 819 475-6996.
www.clubsconseils.org