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Cent ans d'agriculture à travers les portraits de fermes d'ici

Hélène Ruel par Hélène Ruel
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Article mis en ligne le 8 novembre 2007 à 12:07
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Cent ans d'agriculture à travers les portraits de fermes d'ici
Martial Pépin présente la sixième publication de la Société d'histoire de Warwick.
Cent ans d'agriculture à travers les portraits de fermes d'ici
Ceux qui s'intéressent à l'histoire en général et à l'agriculture en particulier, devraient avoir du plaisir à lire ou simplement feuilleter les quelque 500 pages de l'ouvrage Ordre du Mérite Agricole 1892-2006 - Comté Arthabaska que s'apprête à publier la Société d'histoire de Warwick.
Le lancement de cette sixième publication de la Société d'histoire a lieu le vendredi 23 novembre, à 20 heures, à la Salle du Canton de Warwick.

Martial Pépin, de la Ferme Pépinoise, a eu, en 1999, l'idée de «rapatrier» une copie de tous les dossiers de candidature des participants de chez nous au concours de l'Ordre du mérite agricole depuis 1892.

«C'est en voyant une photo de mon père (Albert) dans un livre que j'avais reçu en cadeau que j'ai eu cette idée. La photo était tirée des archives du concours», raconte M. Pépin, faisant allusion à La vie rurale 1866-1953 (Publications du Québec). Il allait constater, par la suite, que d'autres ouvrages tiraient leurs illustrations de ce même précieux fonds émaillé de textes, de portraits de gens, de fermes et de paysages d'ici.

Avec son vieil ami, Jean-Louis Hains (qui fut technicien agricole), Martial Pépin s'est rendu au 200, rue Sainte-Foy, à Québec, où loge le ministère de l'Agriculture… et s'abritent toutes les archives liées au concours de l'Ordre. Ils ont fouillé, trié, d'abord photocopié puis numérisé, se sont débattus pour obtenir les droits de reproduction des 372 photos… Six ans de labour et de labeur dans le sillon de ces archives.

L'ouvrage est en fait un recueil qui reproduit (les documents ont été numérisés) mot pour mot tous les dossiers des participants, écrits par les juges du concours. «On ne voulait pas réécrire les textes, mais vraiment les reproduire comme ils ont été rédigés.» Sic, sic, sic. Les fautes y sont, les mots de l'époque, les expressions et les pratiques du temps.

«Ce que je m'aperçois, c'est qu'on a, dans ce livre, une photographie de l'agriculture prise à tous les cinq ans. Et on peut constater à quel point les pratiques ont changé en cent ans!», s'exclame M. Pépin. En feuilletant le seul exemplaire encore disponible, il pointe une photo montrant comment, jadis, il fallait travailler non seulement avec les juments attelées, mais aussi avec leurs poulains. Ailleurs, ce sont ces gerbes de foin, liées comme on ne les voit plus maintenant, qui attirent son attention.

Il faut savoir que ce prestigieux concours est organisé par le ministère de l'Agriculture depuis 1889. Il se tient annuellement, mais en alternance, dans chacune des cinq régions agricoles du Québec. Comme les Bois-Francs font partie de la région 3, la compétition s'est organisée à 24 reprises depuis 1892. Les agriculteurs présentent leur dossier de candidature, des juges visitent, évaluent leur entreprise sous toutes ses coutures et cultures et leur attribuent des notes.

La même ferme peut soumettre sa candidature à plusieurs reprises au fil de son existence, visant d'abord la médaille de bronze, ensuite la médaille d'argent, puis la médaille d'or.

Ce sont tous les participants de la MRC d'Arthabaska (et ceux de Princeville) au concours (277 dossiers), et pas seulement les lauréats, dont on retrouve la trace dans le recueil de la Société d'histoire de Warwick, précise Martial Pépin, dont la Ferme Pépinoise a décroché deux fois la deuxième place à la médaille d'or.

En un peu plus de cent ans, seuls huit producteurs d'ici ont obtenu la première place à la médaille d'or, en commençant par Charles Boutet de l'ex-Sainte-Victoire (Victoriaville aujourd'hui), en 1897. L'homme d'affaires Paul Tourigny, un des bâtisseurs de Victoriaville (qui fut maire et député) a également décroché l'or, en 1907, dans une catégorie spéciale. Vingt ans plus tard, Philippe Coulombe d'Arthabaska et Roméo Leblanc pour sa ferme de démonstration de Victoriaville récoltaient les plus grands honneurs. Sévère Tardif de Saint-Valère, Philippe Pépin de Warwick, Raymond Fréchette de Saint-Paul-de-Chester et la Ferme Légil de Princeville ont respectivement touché l'or, en 1937, 1957, 1971 et 2001.

La Société d'histoire a fait parvenir quelque 250 invitations pour le lancement de l'ouvrage. On y espère le ministre de l'Agriculture, Laurent Lessard, le député Yvon Vallières (qui signe d'ailleurs la préface). Jean-Louis Hains agira comme maître de cérémonie lors de cette soirée au cours de laquelle le président de la Société, André Moreau, présentera les faits saillants de l'ouvrage, tandis que Martial Pépin racontera la genèse du projet.

L'ouvrage sera offert au prix de 35 $ le soir du lancement, à 40 $ par la suite. On pourra se le procurer dans l'un ou l'autre des établissements du réseau coopératif ou encore à la Société d'histoire de Warwick, dont le local est ouvert le jeudi après-midi, au 154 B, rue Saint-Louis.

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