Protéger les cours d’eau
Nathalie Isabelle
Syndicat des producteurs de bois
En tant que propriétaire forestier, il se peut que l’accès à votre propriété pour son utilisation quotidienne ou pour la réalisation de travaux sylvicoles nécessite la traverse de cours d’eau. Ceux-ci constituent les voies d’écoulement naturelles des eaux de surface et ils sont une composante majeure des systèmes forestiers. De plus, ils jouent un rôle primordial pour la faune et pour la consommation humaine. Afin de protéger les habitats aquatiques, d’assurer la limpidité de cette ressource et de minimiser les risques de les affecter, le propriétaire doit prendre des mesures adéquates pour construire des traverses solides, durables et stables.
La circulation de la machinerie ainsi que la récolte d’arbres dans les milieux riverains peuvent entraîner une augmentation de l’érosion du sol, ce qui modifie du même coup la qualité de l’eau et le lit du ruisseau. Certaines précautions doivent donc être prise pour éviter la détérioration de ces milieux. Voici quatre règles que vous devez respecter si vous êtes confronté à la traverse d’un cours d’eau:
Déterminer l’emplacement idéal de la traverse de cours d’eau. Choisir une section où la voie est plus étroite.
Le diamètre du ponceau
Quel que soit le cours d’eau, le diamètre du tuyau ne doit jamais être inférieur à 45 centimètres
Placer le tuyau selon l’axe du cours d’eau
Respecter les règles relatives aux cours d’eau de votre municipalité. Notamment, maintenir une lisière boisée d’une largeur de 10 ou 15m à partir du bord supérieur du cours d’eau.
Problème d’orniérage
La machinerie forestière qui circule dans un bloc de coupe peut endommager le sol en créant des ornières. Celles-ci correspondent à la déformation permanente du sol qui se crée sous le passage répété des roues. Les milieux forestiers sensibles (sol humide ou mal drainé) sont propices à l’orniérage. Voici quelques trucs qui vous aideront à planifier vos éventuelles opérations:
Comment reconnaître rapidement un sol propice à une déformation occasionnée par le passage de la machinerie? Réponse : À l’aide d’un test de consistance.
Lorsque le sol à une faible résistance, il faut s’abstenir de construire un chemin ou même faire passer la machinerie à ces endroits. Dans une telle situation, l’opérateur devra prélever peu d’arbres pour éviter l’augmentation du niveau de la nappe phréatique. Une surcharge pourrait occasionner des dommages important au sol. Donc, en réduisant le nombre de tiges par groupe lors des opérations de débardage, il y aura une diminution de la pression exercée sur le sol.
Lors des opérations de débardage, il faut éviter de canaliser les chemins de la machinerie. Cette situation pourrait endommager le sol et ainsi avoir une influence sur la croissance des arbres.
Mettre en place un tapis de branches lorsque les couloirs de circulation se situent sur un sol moins résistant.
Planifier vos opérations durant l’hiver dans les milieux plus humides. Le gel du sol et la couche de neige permettent d’effectuer les travaux de récolte dans les milieux forestiers sensibles.
Les ornières peuvent survenir sur tous les types de sites lorsque les opérations s’effectuent durant les périodes pluvieuses. Les conditions favorables pour l’utilisation de la machinerie sont des sols secs en été et des sols gelés en hiver. Il est donc important d’éviter d’endommager les sols au cours des opérations de récolte. Ceci permettra à chacun d’assurer la pérennité de ceux-ci et bénéficier des avantages économiques et environnementaux qui y sont associés.
* S.P.I.F.P. : Saines pratiques d’intervention en forêt privée.