Boeufs au pâturage
Du bœuf produit au pâturage, une viande unique en son genre
Production bovine
Michel Dumas, technicien agricole
MAPAQ, Centre de services agricoles de Nicolet
Michel.dumas@mapaq.gouv.qc.ca
Alain Fournier, agronome
MAPAQ, Direction régionale du Centre-du-Québec
Alain.fournier@mapaq.gouv.qc.ca
L’intérêt des consommateurs québécois sur la manière dont sont produits les aliments est grandissant. Ceux-ci recherchent de plus en plus des aliments produits suivant un mode de production qui respecte l’environnement, le bien-être animal et qui ne fait pas usage d’additifs de croissance hormonaux et antibiotiques. Le bœuf alimenté à l’herbe de pâturage rencontre ces exigences. En collaboration avec des producteurs de la région, le MAPAQ y a vu une opportunité à saisir et à développer!
Au Centre-du-Québec, des éleveurs ont réalisé qu’il était possible et intéressant de transiger directement avec le consommateur dans le but de lui offrir un bœuf aux particularités régionales. C’est dans cette foulée que la commercialisation d’un bœuf produit à l’herbe des pâturages a été initiée.
Le projet a débuté l’an dernier avec Line Therrien, productrice vache-veau de Saint-Christophe-d’Arthabaska. Les résultats ont été des plus encourageants. Déjà, des expériences réalisées de par le monde depuis quelques années avaient permis de constater que le bœuf produit au pâturage était moins gras, contenait plus d’oméga-3 et d’acides linoléiques conjugués (ALC) que le bœuf produit de manière conventionnelle. Pourquoi? L’herbe des pâturages est en soit riche en acides gras polyinsaturés et tout particulièrement en oméga-3. Les ALC, moins connus, sont aussi des acides gras polyinsaturés et ont des propriétés anti cancérigènes.
La viande produite chez Mme Therrien a donné des niveaux d’oméga-3 et d’ALC comparables à ceux observés dans des projets réalisés ailleurs en Amérique. De plus, la viande de bœuf produite était plus rouge que le bœuf traditionnel, probablement en raison des caroténoïdes (vitamine A) présents en grande quantité dans l’herbe fraîche et qui sont transférés en partie dans la viande des animaux nourris au pâturage. Mentionnons, que la jeune herbe est aussi très riche en vitamine E, qui est un antioxydant puissant.
Ces résultats ainsi que le potentiel de marché de ce type de boeuf ont convaincu François Liberge, de Princeville, à participer au projet. Lorsqu’on questionne les deux éleveurs, tous deux témoignent de la grande valeur économique du pâturage. De plus, ils croient fermement au bien-être des animaux élevés dans un tel environnement et se font un devoir de pratiquer une excellente gestion de leur pâturage.
Des avantages jusqu’à la commercialisation
Depuis quelques années, Mme Therrien effectue à la ferme une partie de la commercialisation de sa viande bovine et fait remarquer que certains clients sont intéressés par les oméga-3. Cependant, pour l’ensemble des clients, c’est surtout le contact direct avec l’éleveur, la certitude de la provenance de la viande, les méthodes d’élevage et la visite de l’entreprise qui les incitent à transiger directement avec elle plutôt que de s’approvisionner à l’épicerie.
De son côté, M. Liberge affirme que le développement de son entreprise passe par une valorisation du produit de son élevage. À ses premières armes dans le domaine de la mise en marché de viande bovine, il est confiant et intéressé par les possibilités qu’offre ce genre de projet.
Un projet qui dépasse les frontières de la région
Les prochaines étapes du projet consistent à évaluer la performance des bovins alimentés au pâturage et la qualité de la viande produite. Déjà, l’approche « fait des petits ». Deux producteurs provenant de l’Outaouais se sont joints au projet. Au total, 51 bovins issus de deux régions participantes seront suivis de la mise au pâturage jusqu’à la découpe. La vitesse de croissance, le classement des carcasses ainsi que des analyses de la viande font partie des informations qui seront recueillies. Le principal objectif est de vérifier le potentiel économique et de commercialisation de ce type de viande. Des conseillers du MAPAQ de trois régions contribuent au projet ainsi que l’entreprise de transformation de viandes La Jambonnière de Saint-Rémi-de-Tingwick. Le projet se poursuivra l’an prochain avec un plus grand nombre de bêtes.
Les personnes intéressées à en savoir davantage peuvent contacter directement les deux producteurs du Centre-du-Québec impliquée :
Line Therrien
Téléphone : 819 364-7889
Courriel : linether@tlb.sympatico.ca
François Liberge
Téléphone : 819 357-4922
Courriel : fliberge@ivic.qc.ca