Il manque près de 4 millions de kilos beurre dans les réserves canadiennes, soit l'équivalent d'environ 4 000 tonnes. Photo, Le Courrier Sud
43,4 millions$ de plus pour les producteurs laitiers québécois?
Il manque 4 000 tonnes de beurre dans les réserves canadiennes
Les producteurs laitiers de la région ont un véritable magot sous la main. La baisse des stocks canadiens de beurre vient effectivement de pousser le fédéral à demander à tous les producteurs du pays de produire plus que leur quota de lait d'ici le mois de juillet. Une demande réelle de 62 millions de litres supplémentaires au Québec, dont 8,8 millions pour le Centre-du-Québec, ce qui équivaut à plus de 6 millions$ de revenus.
«Normalement au printemps, les stocks de beurre canadiens sont élevés. C'est la période où les vaches produisent le plus de lait et on en profite pour faire des réserves de beurre puisqu'à l'automne, la production va seulement suffire à répondre à la demande du frais: le lait, le fromage, la crème glacée par exemple. Mais cette année, c'est du jamais vu: les stocks de beurre sont bas, à cause d'une légère hausse de la consommation canadienne combinée à une baisse de la production normale», explique Normand Trodéchaud, directeur de la mise en marché du lait à l'Union des producteurs agricoles du Centre-du-Québec.
C'est pourquoi les producteurs du pays ont été autorisés, pour la première fois de l'histoire, à produire plus que leur quota de lait. En fait, ces derniers doivent en temps normal se procurer un droit de production journalière pour toute production de lait: c'est le quota. D'ici au mois de juillet, tous les producteurs auront le droit de produire l'équivalent de deux jours supplémentaires par mois, sans avoir à acheter de quota supplémentaire. Une véritable manne pour plusieurs, selon M. Trodéchaud.
«C'est très intéressant pour les producteurs qui pourront répondre à la demande: ils encaisseront 70$ de l'hectolitre supplémentaire pratiquement en totalité, puisqu'ils n'auront pas à payer de quota pour le produire», détaille M. Trodéchaud. Pour le Centre-du-Québec, où l’on produit 14% de tout le lait québécois, la mesure pourrait représenter plus de 6,1 millions$ de revenus supplémentaires pour les producteurs laitiers. Pour le Québec, cela représente 43 millions$ de revenus supplémentaires pour les producteurs. Des revenus substantiels inespérés pour une situation jusque là jamais vécue.
Des centaines de milliers de livres de beurre
Si Normand Trodéchaud insiste pour dire que le Canada n'est pas en pénurie de beurre, il reste que cette baisse printanière des stocks est préoccupante pour l'industrie. Au pays, deux réserves de beurre sont permises. Les transformateurs entreposent une certaine quantité de beurre, qui équivaut normalement à cette période à environ 3000 tonnes.
La Commission canadienne du lait entrepose pour sa part la majeure partie du beurre, soit environ 10 000 tonnes au printemps. Sauf que cette année, il manque près de 4000 tonnes au total dans ces deux réserves. Et 4000 tonnes, c'est beaucoup de beurre! Comme une tonne équivaut à 1000 kilos, 4000 tonnes c'est donc 4 millions de kilos de beurre qui manquent aux réserves canadiennes pour passer l'année. (Annabelle Laberge)